On déménage

Publié le 28 octobre 2013 par Paniervolant





Cette nouvelle vie à Wattrelos dans le quartier du Sapin Vert à peine sorti de terre, une maison neuve qui apportait un certain confort, une école neuve également mais qui ne m'avait hélas pas laissé de souvenir, ni l'occasion ni le temps de me faire des amis puisque finalement mes parents avaient envisagé un nouveau départ pour une vie tout à fait différente de ce que nous avions vécu jusqu'à présent.


Je ne savais pas encore que cette décision allait m'emporter vers les meilleurs souvenirs de mon enfance, puisque mes parents avaient pris la décision de reprendre un commerce, et quel commerce : un bistrot de quartier, qui de plus comportait une bourloire où se déroulait de nombreux tournois de jeux de bourle (la pétanque du Nord) *ce qui n'était pas de tout repos pour mes parents.
Mon père travaillait la nuit, et allait prendre le relais du bistrot l'après-midi, pour laisser un peu de temps à ma mère et se consacrer aux trois enfants, ce qui n'était pas une mince affaire pour elle avec un garnement de 13 ans, moi âgée de 7 ans et ma jeune soeur à peine deux ans.
En fait cette nouvelle vie allait nous apporter une certaine autonomie et surtout pour notre plus grand plaisir le gout de l'indépendance, en ce qui concernait mon frère et moi-même.
Il n'en fut pas de même pour ma petite soeur qui avait encore besoin d'attention et d'affection et qui en a énormément souffert.


Nous allions emménager toujours à Wattrelos, dans le quartier de la Vieille Place, non loin du centre ville, et proche de la frontière belge, c'était une petite ville dans les années 1950, juste un peu avant la guerre d'Algérie, où il faisait bon vivre puisqu'il y avait encore la campagne et de nombreux champs.


La ruelle Wanin, jouxtait le mur du bistrot et le longeait pour aboutir sur des prairies situées derrière chez nous, où paissaient paisiblement quelques vaches. C'était le chemin que j'allais emprunter pour me rendre a l'école primaire, chaque matin.


A l'époque notre rue s'appelait "rue des Fleurs" devenue par la suite "Rue Louis Dornier".
Au bout de la rue et sur chaque trottoir et chaque coin on trouvait une ferme, où j'allais quotidiennement acheter le lait frais, avant qu'il ne soit pasteurisé, que j'emportais dans un pot-au-lait. On y achetait également le beurre au détail, les oeufs et le fromage blanc dont je me pourléchais l'index , après l'avoir trempé dans le broc le contenant, tout le long du chemin.
Au fond de la rue il y avait un bois appelé bois d'Halluin, l'endroit préféré des gamins du quartier pour s'amuser après l'école ou pendant les vacances. Ce bois est depuis devenu un parc et jardin public appelé Parc du Lion.


Au fond du bois on arrivait en Belgique, et comme j'étais plutôt lente à la réflexion à cette époque, je ne comprenais pas pourquoi certains clients du bistrot me disait "courre tu arriveras au bout de la France" !!!
Ce qui finalement était assez logique.
Nous allions connaitre dans ce quartier des moments mémorables !!!!


* LA BOURLE est un jeu traditionnel du nord de la France, très pratiqué jusqu'au début du xxe siècle, mais toujours d'actualité aujourd'hui, en particulier dans la région de Lille. Une variante, la " Boule flamande ", est également pratiquée, notamment à Hazebrouck et à Bailleul.
Il se joue sur une aire cintrée, la bourloire, de 20 à 28 mètres de long sur 3 à 3,5 mètres de large, constituée, pour les plus anciennes, d'un mélange d'argile, de bouse de vache, de farine de seigle, de sel, de bière, et terminée aux deux extrémités par une fosse, ou cul. À 50 cm de chaque extrémité, un piquet ou un disque de cuivre de 3 cm de diamètre est enchâssé. C'est l'étaque, qu'il s'agit d'atteindre avec la bourle. La bourle est un gros disque en bois de gaïac ou de quebracho de 25 à 30 cm de diamètre et de 10 à 15 cm de largeur, pour un poids de 4 à 8 kg. Dans une variante tourquennoise les bourles pèsent environ 1 kg 800 et sont fabriquées dans du bois de noyer. Des bourles fabriquées dans un matériau plus moderne, le canévasite, (résine de synthèse), font leur apparition sur certaines bourloires. Les bourles sont dissymétriques, elles ont un côté fort et un côté faible.
Le jeu consiste à placer les bourles le plus près possible de l'étaque. Il se joue à deux ou par équipe de 3 ou 6 joueurs, chaque équipe disposant de 6 bourles. Chacune est dirigée par un commandant qui cherchera à placer ses bourles tandis que ses équipiers lanceront leurs bourles pour qu'elles constituent des obstacles afin de gêner l'équipe adverse.
Il existe encore une trentaine de bourloires dans le département du Nord, en particulier dans la région de Lille à Tourcoing, Wattrelos, Leers, Lys-lez-Lannoy, Toufflers, Mouvaux, Roncq, Wasquehal, Neuville-en-Ferrain, Ascq et Halluin et en Flandres, à Hazebrouck, Steenvoorde, Méteren et Godewaersvelde.
En Belgique, ce jeu est pratiqué dans les villages des environs de Tournai - Mouscron. Le jeu peut s'appeler Boule ou Bourle ou Bourle carréaulé (par opposition au jeu de boule/bourle à la platine). Carréauler signifie faire rouler sa boule d'un côté à l'autre de la bourloire en alternance jusqu'à l'étaque.
La variante belge se joue avec des boules de 1 kg à 1 kg 800 et de +- 20 cm de diamètre, se joue par équipe de 4 ou 5 joueurs. Chaque joueur joue 2 boules.
Plusieurs bourloires sont encore en activité en Belgique dans le Hainaut occidental en 2011 : à Pottes (café Le Peuple), Pottes (café La Concorde), Hérinnes, Dottignies, Bailleul, Kain, Calonne, Antoing, Templeuve.(Wikipédia)


L’origine du jeu de bourle est ancienne. Un extrait des bans échevinaux de Lille atteste son existence dès le Moyen-Age. Pratiqué dans les cercles paroissiaux et dans des sociétés non confessionnelles hébergées dans les dépendances des estaminets, il était très populaire, en particulier dans le versant Nord-Est de la Métropole
( Si l’on pratique la bourle en Belgique, dans les Flandres françaises et dans la région d’Angers, il semblerait que ce soit dans la métropole que le jeu trouve ses origines. Le texte le plus ancien connu à ce jour est un arrêté pris à Lille le 4 août 1382 : « Que nul soit si hardi, ni grands ni petits, dorénavant à jouer à quelque jeu de bourles grandes ou petites en notre ville sous peine d'une amende de 60 sols de forfait même pour les enfants seraient castagnés de verges ou autre peine selon la gravité du méfait ou intention. »
La forme incurvée de la piste serait inspirée du profil des rues d’autrefois. Il existe encore une trentaine de bourloires dans le département du Nord, concentrées pour l’essentiel à Tourcoing et Wattrelos, et dans les communes environnantes : Leers, Lys-lez-Lannoy, Toufflers, Mouvaux, Roncq, Wasquehal, Neuville-en-Ferrain, Halluin et Villeneuve-d’Ascq. On en trouve également quelques unes dans les Flandres, à Hazebrouck, Bailleul, Steenvoorde et Godewaersvelde.
La taille des bourles diffère selon les régions. Dans la métropole, on joue soit à la petite bourle, dite la « tourquennoise », soit à la grosse, à Wattrelos et ses alentours. Cette dernière, fabriquée en gaïac, bois extrêmement dense provenant d’Amérique latine, pèse entre quatre kilos et demi et neuf kilos. La petite bourle, en noyer, n’excède pas quant à elle deux kilos. (Lille Métropole)










Une bourloire

Un joueur en train de lancer sa bourle