Cette vie rêvée de Walter Mitty m'a pas fait rever :

Par Filou49 @blog_bazart
30 janvier 2014

 

Potzina, qui connait mon peu de gout pour les films peu rationnels et qui demandent de s'abandonner à une certaine rêverie et un imaginaire dont je fais parfois (souvent?) défaut, l'avait juré avant même que je pense à le voir : La vie révée de Walter Mitty, le nouveau film de Ben Stiller, n'était pas fait pour moi, et contrairement à elle, qui l'a adoré, j'allais bouder mon plaisir et ne pas me laisser prendre à cet univers entre poésie et imaginaire.

Eh bien, dieu sait que j'aurais aimé lui donner tort, mais malheureusement, je suis bien obligé de reconnaitre qu'elle avait raison:  je n'ai pas détesté cette vie révée de Walter Mitty, loin de là, je lui reconnais un certain nombre de qualités, mais il va de soi que je n'ai pas été emporté comme elle a pu l'être et que je n'ai pu faire l'impasse sur ce qui ne fonctionnait pas à mes yeux dans ce film.

Je peux tout à fait comprendre que le grand public,  et particulièrement en ces temps de crise(s), ait envie de s'évader en allant au cinéma et ne pas toujours avoir envie de  voir, comme j'ai tendance à trop le faire de mon coté, des histoires trop ancrées dans notre grisaille et notre quotidien.

Du coup, le thème de ce dernier film de Walter Mitty qui prone le pouvoir de vivre ses reves et d'oublier le quotidien ne peut que séduire le public, et l'aspect "feel good movie" et euphorisant qui baigne pendant tout le film est parfaitement louable et, surtout ,j'avais vraiment envie de m'y laisser  prendre par ce genre de fable philosophique.

Hélas, est ce peut être car j'avais vu la bande annonce une bonne dizaine de fois ( ah ces satanés bande annonce que j'essaie d'éviter le plus possible mais que je n'ai pas réussi à faire dernièrement devant ma frénésie de séances de cinoche), mais le film ne m'a jamais vraiment surpris , me donnant l'impression que j'arrivais à anticiper tout ce qui se passait à l'écran.

En effet,  la plupart des reves du début -présents dans la bande annonce ne m'ont pas étonné du tout, et pas mal de passages (comme le coup de téléphone avec le type d'eHarmony) m'ont vraiment géné par leur coté téléphoné (c'est le cas de le dire) et trop évident: on comprend que ce pauvre type n'a rien fait dans sa vie, et évidemment qu' à la fin du film, cela va changer!!Autrement dit, c'est cette incapacité tout au long de son film, qu' a  Ben Stiller à s'extraire des conventions et des grosses ficelles hollywoodiennes qui m'a le plus dérangé le plus dans cette vie rêvée de Walter Mitty.7

Car les  différentes pistes scénaristiques que le film pourrait lancer sont malheureusement  exploitées  de façon beaucoup trop paresseuse, et encore, lorsqu'elles le sont

Et cela ne s'arrange pas vraiment une fois que l'intrigue est lancée et que Ben Stiller (au jeu d'acteur toujours aussi falot, désolé pour les fans) vit vraiment ses reves, car en plus du scénario téléphone, la  mise en scène n'élève pas le niveau. J'ai eu l'impression de voir une très longue publicité pour Axa assurances ou pour une tablette numérique (j'ai pas de nom qui me vient à l'esprit, pas assez geek pour ca :o) avec des slogans écrits en très gros sur les paysages avec par dessus,  la musique  un peu trop appuyée de Theodore Shapiro.

Et d'ailleurs en parlant de publicité, les marques sont tellement importantes dans le film (Life,  Papa John's, Air Greenland...) que ce placement de produit a un côté quand même un peu géné...

Et!!On pense ainsi pendant le film  à ce qu'un Michael Gondry (et pourtant je ne suis pas fan de tous ces films) ou même le Paul Thomas Anderson de Punch Drunk Love aurait pu faire d'un tel sujet!!

Alors, certes, pour ne pas jouer complètement les ronchons, je reconnais que certaines scènes fonctionnent pas mal du tout (celle du karaoké avant que Walter-Ben s'envole dans l'hélicoptère, avec en point d'orgue le sublime "ground control" de David Bowie;.. ou bien encore la rencontre avec un Sean Penn miraculeusement sobre),  que Kirsten Wiig est plutôt pétillante, et que le volcan islandais au nom impronocable a quand même plus de tenue que dans le triste film avec Dany Boon (vue en DVD la même journée, et mieux vaut pas que j'en parle de celui là, j'ai déjà assez cassé les comédies françaises comme cela, je crois :o)).

Bref, cette "Vie révée de Walter Mitty" est certes une comédie agréable, un voyage esthétique (et parfois esthétisant) et sympathique,  mais quiconque qui à mon instar n'arrivera pas à le voir avec son âme d'enfant risquerait de ne voir que les mauvais coté de ce film qui ne fera pas, je peux déjà le garantir, partie de mes coups de coeur de  cette année 2014 qui commence tout juste!! 

La bande-annonce en VOST pour La Vie rêvée de Walter Mitty