Hollywood a la michodière

Publié le 04 février 2014 par Popov

L’ARGUMENT

 Dans les années  trente Ben Hecht  scénariste des plus grands chef d’œuvre  du cinéma  américain  (auteur du célèbre « Je hais les acteurs »)  et Robert Flemming un metteur en scène médiocre de l’époque sont convoqués par le magnat David O. Selznick pour tenter de réécrire « Autant en emporte le vent » dont le tournage a été interrompu brutalement. Ben Hecht n’a pas lu une ligne du bottin de Margaret Mitchell. Ils ont cinq jours ouvrables pour réécrire le scénario.

 LE PLUS

-  C’est l’histoire d’un « making of » échevelé, un huis clos digne de la plus éprouvante émission de téléréalité pendant laquelle le trio va singer, mimer, ânonner, accoucher des répliques du plus grand succès romantique du cinéma.

Enfermés dans le bureau du directeur, nourris exclusivement de bananes et de cacahuètes, ils ne pourront sortir que lorsqu’ils auront terminé.

- Le casting : avec un Thierry Frémont  dans le rôle du scénariste intelligent et cynique qui joue  un Ben Hecht comme il jouerait  Woyzeck . Un Pierre Cassignard qui donne beaucoup d’humanité au personnage du producteur tyran et un  Emmanuel Patron à la vacuité transcendentale de certaines grandes stars stupides d’Hollywood. Très bien dirigés par Daniel Colas (un immense acteur dont je garde un souvenir ému dans le Locataire de Joe Orton)

les acteurs « surjouent » avec modération. C’est un bonheur de  pitreries , pantalonnades , cabotinages mais toujours avec le dosage nécessaire et sans sacrifier le texte.

- Enfin la pièce de Ron Hutchinson rend hommage au travail des producteurs d’Hollywood .Pour la plupart des juifs autodidactes chassés d’Europe par les nazis et qui ont contribué à faire venir tous les grands metteurs en scène d’Europe (de Cukor à Lubtitsch) à créer la plus grande usine à rêve de la planète. Aucune étude sérieuse sur la question déploraient Les Cahiers du Cinéma dans les années soixante dix. Mais le cinéma lui-même s’est chargé d’écrire cette histoire avec par exemple « Le dernier nabab » de Kazan ou Barton Fink des frères Cohen(la représentation du « producteur » analphabète y est certes moins reluisante).

 LE MOINS

-  A partir du moment où on s’attend à voir une comédie sans prétention mais pas dénué de propos, il y en assez peu. 

RECOMMANDATION

A voir pour passer un bon moment et pour les cinéphiles, découvrir l’autre visage de David O’Zelnick, le producteur de Gone with the wind.

COORDONNEES

HOLLYWOOD

De Ron Huchtinson

Mise en scène de Daniel Colas

Auteur : Ron Hutchinson

Artistes : Thierry Fremont, Pierre Cassignard, Emmanuel Patron, Françoise Pinkwasser

Metteur en scène : Daniel Colas

THEATRE DE LA MICHODIÈRE

4 bis Rue de la Michodière

75002 Paris

RESERVATION

01.47.42.95.22

http://www.michodiere.com/