Mon collègue du jour – Le casse couilles

Publié le 05 février 2014 par Tewoz @tewoz

Vous qui travaillez, vous le savez déjà, en entreprise on n’est pas seul.
On doit travailler en équipe et interagir avec d’autres équipes. Et qui dit équipe dit collègues.
Je vous en ai déjà parlé plusieurs fois.

Mais parmi ces collègues, il y a le collègue casse couilles.
Pas besoin de beaucoup d’explications, le casse couilles est casse couilles.

C’est par définition le collègue dont on aimerait se passer mais avec lequel on est obligé de composer.
Ce collègue, qui n’a bien souvent aucune autorité a par contre généralement un pouvoir.

Je reviendrai un jour en détail sur cette distinction entre autorité et pouvoir qui est centrale en entreprise.

Dans l’idée, un chef a une autorité légitime, c’est le chef, il a le droit de donner des directives, des objectifs, etc…
Le casse couilles n’est en général chef de rien, c’est un pion de base. Mais il a souvent un pouvoir. Par exemple c’est le point de contact pour accéder à une application, c’est lui qui délivre les badges d’accès à la cantine, …

Le casse couilles a donc un pouvoir, le pouvoir de faire chier.

En gros, il va chipoter sur tout.
Quel que soit ce qu’on lui demande, ce sera soit problématique soit tout simplement pas possible.

J’en veux pour exemple le dialogue ci dessous :

moi : « Tu peux appuyer sur le bouton pour relancer la machine de test. »
mon collègue : « Quel bouton? »
moi : « Et bien le bleu, comme à chaque fois qu’il faut relancer la machine »
mon collègue : « Mais pourquoi il est bleu le bouton, on avait dit qu’il devait être vert, il faut vérifier auprès des responsables qualité si un bouton bleu est toléré… »
moi : « On s’en fout de la couleur. C’est un bouton, tu appuies dessus et hop ca marche »
mon collègue : « Non on ne s’en fout pas, il y a des normes à respecter, et des procédures aussi. D’ailleurs il faut que tu fasses une demande dans le workflow pour qu’on relance la machine, ensuite les équipes de prise en compte transmettrons aux équipes de mise en oeuvre qui me feront suivre la demande. »
moi : « Mais depuis quand ? Depuis le début du projet je te téléphone et la machine est relancée en direct! »
mon collègue : « Peut être, mais ca c’était avant. Maintenant le projet est en production, donc il faut respecter les normes »
moi : « Ah oui, mais je te parle de la machine de test, celle sur laquelle je suis tout seul à pouvoir me connecter pour faire des tests »
mon collègue : « Peut être, mais le projet est en production, donc il faut suivre les procédures de production »
moi : « même pour la machine de test… »
mon collègue : « Le projet est en production, donc il faut suivre les procédures de production »
moi : « Bon laisse tomber, je suis bloqué tant que la machine n’est pas relancée donc je fais la demande. Je peux planifier ça pour quand sachant que c’est assez urgent? »
mon collègue : « je ne sais pas, il faut que tu fasses une demande, quand j’aurai reçu la demande je pourrai te répondre »
moi : « Mais ce n’est pas possible! Tu étais en réunion de ce matin avec moi, tu sais bien que c’est urgent, on t’a dit qu’il y aurait de nombreuses relance de la machine et tu as donné ton accord en séance! »
mon collègue : « Bon, faut pas le prendre comme ça, pour aujourd’hui je veux bien faire une exception. Qu’est ce que tu veux alors ? »
moi : « je veux que tu appuies sur le bouton pour relancer la machine de test. Tu peux faire ça quand ? »
mon collègue : « Attend, je regarde dans mon agenda, hmmmm, …, dans 3 semaines »
moi : « 3 semaines !!! 3 semaines pour appuyer sur un bouton !!! »
mon collègue : BIP BIP BIP.

Vous l’aurez compris, le collègue casse couilles est un nuisible. Malheureusement on ne peut pas faire sans lui. Bonheur du travail en entreprise…