Kraa (T3) La Colère blanche de l’orage

Publié le 10 février 2014 par Un_amour_de_bd @un_mour_de_bd

Chronique d’une fresque sauvage et sombre, signée Benoît Sokal.

Scénario et dessin de Benoit Sokal

Public conseillé : Adultes, adolescents

Style : aventure, thriller Paru chez Casterman, le 24 janvier 2014


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L’histoire

Février 1963, clinique de Klontown. Pour la vielle doctoresse Emily, l’âge de la retraite est arrivée. Une dernière fois, elle se penche sur le journal intime de sa jeunesse et se souvient…
Emily s’est installée dans une vie autarcique et « fusionnelle » avec Yuma, sous le regard inquiétant de son double ailé, l’aigle géant Kraa. Le couple accède à la paix et une certaine sérénité, quand les travaux du futur barrage démarrent.
Véritable menace pour ce paradis jusqu’alors inaccessible, Yuma et son double « chamanique » Kraa repartent à l’attaque, avec cruauté et détermination…

Ce que j’en pense

Construit comme un long flash-back, ce troisième épisode de « Kraa » clôt définitivement la série naturaliste et « fantastique » de Benoît Sokal (voir l’interview de l’auteur).
Avec ce magnifique dernier round, il démontre une nouvelle fois sa maîtrise de la narration et du dessin.
Conteur et « inventeur de monde », Benoît nous immerge dans un monde sauvage, aussi beau que dangereux. Comme dans ses jeux vidéos (l’Amerzone, Sibéria), dans sa série « réaliste » « Kraa », il met en image ses envies de récit, en travaillant sur l’ambiance.
Amoureux de la nature, il nous régale de paysages superbes et de personnages expressifs, avec un regard aiguisé.
La cohérence totale du récit et du dessin (de superbes planches en couleurs directes) m’a littéralement transporté. « Kraa », série dramatique et « âpre » m’a fait vivre un beau panel d’émotions (négatives : cruauté, vengeance) et positives (amour, contemplation, empathie) à travers ses personnages et cet aigle géant sans pitié.
Se détachant du parti pris du premier opus, Benoît Sokal s’éloigne de l’aigle géant Kraa. Nous ne vivons pas ce dernier tome à travers les yeux du rapace, mais de façon plus classique. C’est un récit de pouvoir, de lutte, de menace et de vengeance jusqu’au-boutiste et sauvage… Une histoire simple qui continue de nous immerger dans le monde sauvage.
Deux petites regrets néanmoins sur ce dernier album. Dans cette trilogie, le drame est omniprésent. Un personnage de comédie aurait apporté un peu de légèreté et de respiration…
Enfin, si le dessin de la nature est tout simplement somptueux, je trouve les expressions des personnages humains un peu figés, dommage.

Pour résumer

Célèbre pour sa série “Canardo” et ses jeux vidéos, Benoît Sokal est un auteur complet, qui met en image des univers passionnants. “Kraa”, sa dernière série ne déroge pas à la règle. En trois volets d’un western moderne et naturaliste, il impose un genre peu exploité en BD, où mort et vengeance et dureté de la nature résonnent à l’unisson.
Si vous ne connaissez pas encore cette série, foncez sur la trilogie vendue dans un superbe fourreau cartonné (boutons d’achats ci-dessous).