Athènes

Publié le 13 février 2014 par Montagnessavoie
Mais qu'est-ce qui lui prend de nous parler de la Grèce sur "Montagnes d'ici et d'ailleurs", et d'ailleurs, y a-t-il seulement des montagnes en Grèce ? Eh bien oui, il y a des montagnes en Grèce, cher lecteur, je viens de me le voir confirmer par l'un des superbes reportages Arte de la série "Cuisine au sommet", dans lequel on voit un grand-père, ancien guide et gardien de refuge, et sa petite fille grimper sur les pentes du Mont Olympe, 2900 mètres tout de même. Une randonnée qu'il me plairait bien de faire. Mais c'est une autre histoire. Si je me prends à vous parler de la Grèce, et que, vous l'avez vu si vous êtes assidu, j'ai ouvert une section "Grèce" à mon blog, c'est que j'ai acheté un billet d'avion pour Athènes. Je ne pars pas tout de suite, mais au mois d'avril, aux beaux jours. Cependant, comme j'ai un peu de temps devant moi, que la tempête fait rage à l'extérieur et que je suis interdite de sortie, je vais te parler un peu de mon histoire avec la Grèce, comme ça, au coin du feu. Tu veux ?
Revenons quelques années en arrière. J'ai 12 ans à peine et je suis assise au troisième rang pour écouter avec attention le cours d'histoire de Madame B., celle qui se limait les ongles pendant les contrôles et devant l'élégance de laquelle j'étais béate d'admiration. Elle pensait que je buvais ses paroles ; je louchais sur ses bagues en lapis lazuli et enviait sa crinière blonde parfaitement ordonnée. Quoique, elle n'avait sans doute pas tort : j'absorbais vraiment tout ce qu'elle nous racontait. Il faut dire que les cours sur l'Antiquité égyptienne et grecque me passionnaient. L'archéologie, les vestiges de civilisations millénaires, les rêves de voyages, déjà. Et puis, un jour, elle est arrivée en classe avec sa toute aussi antique machine à lire les diapositives et a passé une heure à nous montrer les photos de ses voyages : l'Acropole, les caryatides, le Parthénon, Delphes... Je crois que c'est là que tout a commencé.  Quelques années plus tard, j'étais toujours assoiffée d'exotisme. Entre temps, j'avais découvert Tintin et le Temple du Soleil et le sous-commandant Marcos, j'en ai parlé ici, mais ça n'a pas terni mon envie de découvrir la Grèce. Poussée par l'idée de rencontrer des "étrangers", je me suis penchée sur la rubrique "correspondants" d'un magazine de foot que maman m'avait acheté pour me distraire (oui, cher lecteur, j'étais aussi fan de foot). Un mercredi après-midi, je découvre donc dans cette rubrique un petit mot d'une certaine A., de 2 ans mon aînée, qui aimait les mêmes clubs et les mêmes stars du ballon rond que moi et souhaitait correspondre avec des adolescents du monde entier. Je me suis lancée, j'ai répondu à son message. Et puis, rapidement, une première lettre est arrivée. Du Pirée. J'étais euphorique : c'était tout un monde qui venait d'entrer dans ma boîte à lettres et dans ma vie ! La Grèce est alors devenue mon Eldorado, mon obsession, mon paradis, mon refuge, mon rêve le plus cher. Tout ça à la fois. Au fur et à mesure de ma correspondance avec A., je découvrais des images de ce magnifique pays, je tentais d'en décrypter les noms. Des livres sont venus peupler ma bibliothèque ; les cartes postales de Santorin, de Kos et d'ailleurs sont venues coloniser les murs de ma chambre.  Un jour, les lettres se sont espacées, puis tout s'est arrêté. Nous étions à la fac, la vie avait changé, beaucoup changé, de part et d'autre de la Méditerranée. Déjà adulte, j'ai décidé, un jour d'été, de me séparer de toutes les lettres d'A.. J'avais besoin de faire du vide, d'alléger mes valises, parce que le chemin commençait à se faire de plus en plus raide. Je n'en avais gardé qu'une seule. Et les photos, bien sûr. Plus tard, je me suis inscrite sur Facebook. J'avais une idée en tête (et, à l'époque, pour venir me mettre sur ce site dont je disais le plus grand mal, je n'en avais sincèrement qu'une) : retrouver A. Et c'est là que l'informatique, c'est magique : je l'ai retrouvée. On s'est raconté ces 10 ans de silence et on s'est aperçu que nos vies avaient pris des chemins parallèles, similaires. Alors, le contact s'est tout naturellement renoué, comme si on s'était tues la veille.  Il n'y a pas si longtemps, comme vous le savez peut-être, j'ai décidé de changer de vie, de planter ma tente ailleurs, à la campagne. Beaucoup de choses ont changé, notamment la valeur de mon compte en banque, qui, à Paris, maigrissait de jour en jour. J'ai eu un joli petit contrat de travail, ai mis tous ces sous de côté. Pour voyager, évidemment. Je venais d'acheter un gros billet d'avion (dont je te reparlerai plus loin, cher lecteur, ne sois pas si impatient !) et j'ai remarqué que mes économies n'étaient pas encore à bout de forces. Alors, vendredi dernier, coup de tête, à 11h, j'ai acheté un aller-retour pour Athènes ! Je ne sais pas encore où je vais dormir ni ce que je vais organiser là-bas. Ce qui est sûr, c'est que la seule perspective de rencontrer A. en chair et en os et de fouler pour la première fois le sol de l'Eldorado de mon adolescence provoque en moi l'excitation d'un enfant la veille de Noël ! Voilà, cher lecteur. Alors, dis-toi bien que, de la Grèce, tu risques d'en entendre parler un bon bout de temps !