A partir de quels principes légitimer l’action publique en faveur de la culture ?

Publié le 20 février 2014 par Ep2c @jeanclp

DU DROIT À LA CULTURE  AUX DROITS  CULTURELS

C’est le titre de la rencontre qui vient d’avoir lieu à Belfort et qui reprend certaines expériences fondées sur de « nouvelles » manières d’appréhender l’action culturelle, déjà ici largement évoquées.

Résultats et défis d’une année de démarche interdépartementale d’observation  et d’évaluation des politiques publiques au regard des droits culturels

Un large mouvement participatif autour des droits culturels s’est  développé en 2013 dans quatre départements. Dans le cadre d’une  démarche de recherche-action appelée Paideia 4D, des équipes  intersectorielles ont collecté plus de 110 cas d’école afin d’analyser  leurs actions, leurs dispositifs ou leurs métiers au regard des droits  culturels.

15 rencontres départementales ou interdépartementales  ont rassemblé plus de 900 personnes.

De l’avis général, les travaux engagés confirment l’intérêt de cette  approche. Elle permet d’apporter un éclairage plus précis et opérationnel  sur la transversalité des facteurs culturels dans les missions territoriales: principes de connexion, d’interactivité, et donc de richesse, tant pour les  personnes que pour les organisations dans les territoires.

« Participer  à la vie culturelle » n’est plus un besoin tertiaire à satisfaire, mais un  droit et une liberté qui sont une condition nécessaire pour s’intégrer à  la société et y prendre des responsabilités dans tous les domaines.

(…)

 Au programme,  dans un cadre ouvert et participatif : fondamentaux et enjeux politiques,  témoignages et retours d’expériences, méthode et outils d’observation,  cas d’école et ateliers thématiques sur les interventions sociales, le  patrimoine et la mémoire, la lecture publique, l’éducation artistique et  culturelle, la création ou le développement durable…

(…)

Innover dans  les politiques publiques  en réalisant  les droits culturels.

Qu’est-ce que peut signifier « innover »  dans les politiques publiques ?

Par définition, une politique publique est généreuse.

Non seulement elle redistribue une contribution venant  du public, mais sa mission est aussi et surtout de recueillir  les avis du public pour réaliser une stratégie participative de développement des droits fondamentaux. Innover,  en ce sens, c’est inventer de nouveaux chemins pour  valoriser les savoirs. Mais pour toucher au cœur cette  dynamique, il faut mettre la lumière sur les droits culturels, trop longtemps oubliés parmi les autres droits de  l’homme.

Le droit de participer à la vie culturelle (art. 27 de la  Déclaration universelle des droits de l’homme) est une  condition essentielle et négligée du droit de participer à  un ordre démocratique de sorte que les droits de l’homme  soient effectifs (art. 28).

Chacun est porteur et demandeur  de savoirs, aussi est-il essentiel de recueillir et de croiser  les savoirs d’où qu’ils viennent, y compris des personnes  qui sont en marge. Innover, c’est travailler autrement avec  les acteurs pour que les synergies se développent, pour  créer une nouvelle circulation du sens au travers des  activités.

En savoir plus sur ces expérimentations et la synthèse à venir sur le site Droits culturels.

Dans son travail d’analyse critique et de réflexion sur les politiques publiques de la culture, l’Institut de Coopération pour la Culture (dont il a déjà été question ici) s’est efforcé de situer les différents référentiels de l’action publique (parmi lesquels,  celui, plus récent, celui des droits culturels…)

Extraits du nouveau texte de présentation de l’Institut de Coopération pour la Culture.

L’action publique en faveur de la culture est aujourd’hui profondément interrogée par les lourdes mutations dans lesquelles nos sociétés sont engagées et les importantes tensions qu’elles génèrent.

(…)

Les défis

Pour l’Institut de Coopération pour la Culture, plusieurs défis contemporains sont alors à prendre en compte et à intégrer dans un horizon public et démocratique élargi de l’action publique en faveur de la culture :

- la simultanéité contradictoire d’une standardisation et d’une hétérogénéisation de nos systèmes de référence culturelle, entendus comme modes d’appréhension et de compréhension de notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde et les modes d’action qui en découlent ;

- l’individualisation et la différenciation croissantes des parcours de construction de nos identités personnelles, au travers d’une pluralité d’appartenances collectives ou communautaires plus ou moins pérennes, qui génèrent autant une diversification émancipatrice que des discriminations et des inégalités plus fortes en termes de compétences symboliques maîtrisées

par les individus ;

- le bouleversement actuel des modes de composition et d’échange de nos langages et de nos formes symboliques, entre autres au travers de la prégnance des industries culturelles et des nouvelles technologies, ces dernières amplifiant, au-delà de la simple question des fréquentations, le développement de pratiques culturelles et en remodelant les modes de production, les fonctionnements et les usages ;

- la difficulté à se dégager des rigidités d’un passé marqué par une approche sectorielle, verticale et hiérarchique, tant en termes d’élaboration que de décision et d’administration, de modes d’organisation de la production et de l’échange culturels, même si des essais localisés d’approches plus transversales et interactives sont déjà perceptibles sur de nombreux territoires.

Question de référentiels

Face à ces risques qui peuvent être mortels s’ils ne sont pas assumés dans une prise en compte publique et démocratique renouvelée des questions culturelles, trois référentiels sont actuellement en présence. Ils se confrontent aujourd’hui au sein des politiques culturelles publiques, sans pour autant qu’aucun d’entre eux ne puisse prétendre fournir à lui seul la clé de voûte stabilisante d’une nouvelle façon non seulement de plus singulièrement vivre, mais aussi de mieux vivre ensemble :

- le référentiel historique de l’aide à la création professionnelle, où le thème du soutien à l’excellence artistique, scientifique et culturelle ne cesse de chercher à se compléter d’une visée d’accès du plus grand nombre à cette offre, de fait de plus en plus fournie et diversifiée ;

- le référentiel récent et substitutif de la réelle importance économique des secteurs de la production et de la diffusion artistiques, culturelles et créatives, sous l’angle de l’apport en activité, en emploi, en valeur ajoutée monétarisée ou en attractivité des territoires à l’échelle nationale, européenne et internationale.

- le référentiel émergent qui met au centre de toute légitimité le droit de chaque personne à faire reconnaître sa propre identité culturelle (individuelle et communautaire) ou à construire son propre parcours d’identité culturelle, tout en restant en devoir de bienveillance et d’hospitalité vis-à-vis des autres manifestations de l’expression et de la diversité culturelles.

En ce début de 21ème siècle, ces trois référentiels revendiquent chacun de pleinement participer à une société autant de développement personnel plus qualitatif que de développement collectif plus soutenable.

Télécharger la présentation et le texte d’orientation de l’Institut de Coopération pour la Culture

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La Cité des sens, précédentes notes sur les même questions :

Quel(s) référentiel(s) pour les politiques culturelles ?

Politique et action culturelle : quelles alternatives ?

Un nouveau référentiel pour les politiques culturelles ?

Jean-Michel Lucas : droits culturels et dignité humaine.

Institut de coopération pour la culture.

Repenser les enjeux des politiques culturelles publiques.

Politiques culturelles : vers une nouvelle donne ?

Droits culturels et délibération démocratique.

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Jean-Claude Pompougnac

          

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