Histoire de Paris : la maison la plus haute de Paris rue Radziwill.

Par Bernard Vassor
Par Bernard Vassor   Escalier à double révolution

C'était au moment de sa construction, la maison la plus haute de Paris

Autrefois cette rue s'appelait rue Neuve-des-Bons-Enfants. Ouverture. :
Ouverte en 1640. Dénomination : Arrêté du 26 février 1867. 
Le passage Radziwill, aujourd'hui supprimé, y aboutissait. La maison Radziwill portait le nom d'hôtel de Hollande en 1860 avait été construite au commencement du règne de Louis XV.

 Historique.
Précédemment rue Neuve des Bons Enfants. Cette voie a été déclassée par décret du 23 novembre 1912 en vue des agrandissements de la Banque de France. La rue Radziwill finissait rue Baillif (supprimée).

La maison possède la particularité  d'avoir un escalier double propice à recevoir des descentes de police, plus que deux portes du même étage desservent par un escalier différent ! Doté de plusieurs entrées dont une sur la rue de Valois (48). Elle était la propriété de la banque de France  à la fin du XIX° siècle. Les tiges se réunissent au premier au-dessus de l'entresol, les six autres étages reposent sur la tige en spirale qui de nouveau se sépare et les deux niveaux montant rattrapent le niveau de la rue des Bons-Enfants.

Les deux escaliers distincts et superposés dans la même cage, avec deux points de départ éloignés de quelques mètres, dans lesquels les visiteurs passant alternativement les uns au-dessus des autres, pouvaient se voire sans jamais se croiser. En 1784, monsieur de Brainville en était le propriétaire. 

Cet hôtel avait été élevé par un nommé François Guillaud de Talleyrac, maître maçon sur l'emplacement d'une autre maison datant du XIII° siècle.

Ce fut dès sa construction une maison mal famée ouverte aux filles publiques et aux mauvais garçons du quartier du Palais Royal. Pendant la Révolution on pouvait compter jusqu'à 40 tripots dans cette maison de jeux clandestins !

Un rapport de police mentionne une descente dans trois tripots du petit-hôtel Radziwill, et une saisie du matériel de jeu, sur la dénonciation d'un sieur Goblet, professeur d'écriture et de calcul qui avait vu sa classe désertée depuis l'installation de filles publiques dans la maison.

Malgré les différentes  décisions et annonces de démolition depuis 1910, pour assimilation à la Banque de France, "la plus haute maison de Paris" est toujours debout. Je n'ai pas obtenu l'autorisation de la visiter ni de la photographier. J'ai réussi à obtenir l'assurance que les escaliers étaient intacts !

Le musicien, organiste et claveciniste de Louis XIV? compositeur François Couperin (1668-1733) y vécu les neuf dernières années de sa vie.

http://www.youtube.com/watch?v=3faeOiu3vOw

Chargé de l'éducation musicale des princesses et ds courtisans ses cours étaient fort prisées
Des mauvaises langues racontent « qu'il allongeait volontiers ses leçons quand on avait soin de lui apporter près du clavecin une carafe de bon vin avec une croûte de pain... et que sa leçon durait ordinairement autant qu'on voulait renouveler la carafe... »

Mise à jour le 21/02/2014. 

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2007/02/...

Contrairement à ce qui  est affirmé dans certains articles, l'immeuble a survécu aux picohes des démolisseurs.

Vue actuelle de l'escalier de bas en haut :