JEAN AZÉMARD – GALERIE AL/MA : Vernissage vendredi 7 mars à partir de 18h.

Publié le 24 février 2014 par Witzmontpellier @WitzMontpellier

JEAN AZÉMARD – GALERIE AL/MA : Vernissage vendredi 7 mars à partir de 18h.

On 24 février 2014 by AL MA

GALERIE AL/MA

14 rue Aristide Ollivier

34000 Montpellier (FR)

www.galeriealma.com

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La galerie AL/MA est une structure dédiée à l’art contemporain depuis 2002.

La galerie AL/MA reçoit le soutien de la Ville de Montpellier, de la Région Languedoc-Roussillon et de la DRAC.


Jean AZÉMARD devant son atelier, photographie de François LAGARDE, 1996.


VERNISSAGE le vendredi 7 mars 2014 à partir de 18h.
Exposition du 7 mars au 3 mai 2014.

Jean AZÉMARD

Exposition Jean AZÉMARD sera présente à la galerie AL/MA celle-ci est réalisée en coordination avec le F.R.A.C. Languedoc-Roussillon.

Depuis l’exposition au Musée d’art moderne de Collioure, en 1999, un an après sa mort, c’est la première fois que les oeuvres de Jean Azémard seront montrées dans toute leur richesse, à la fois à la Galerie AL/MA et au F.R.A.C. Languedoc-Roussillon. Avec le soutien d’Achouak Azémard et d’amis très proches qui l’ont accompagné comme artiste et enseignant – Jean-Marc Andrieu, François Lagarde et Patrick Saytour – et de collectionneurs qui ont aimé et suivi son travail, la Galerie AL/MA présentera dessins et volumes des années 1985 à 1998. Si « le travail de J. Azémard est fondamentalement lié au paysage »**, ce dernier est ici ramené à quelques éléments essentiels – la douceur des couleurs (l’artiste a gardé une prédilection pour l’aquarelle) et la conjonction surprenante d’éléments divers comme dans les architectures utopiques des cabanes. Nul besoin de passer par des « images » convenues – le monde est couleurs et matériaux, assemblés et réassemblés selon un devenir constant.

Si son retrait volontaire l’a partiellement éloigné de la vie artistique – quelques expositions, catalogues, critiques ou acquisitions institutionnelles en ont maintenu la présence –, son oeuvre a gardé toute sa force vive et son étrangeté sensible, nourrie de la poésie du monde qu’il avait fait sien.

Peintre, sculpteur, mais aussi photographe, architecte et musicien, Jean Azémard a su traverser tous les domaines de la création avec une « grâce » qui lui était propre. S’il a accompagné artistes et mouvements artistiques qui ont émergé dans le Languedoc à la fin des années 1960, il a donné, par ses engagements forts et sa personnalité, une dimension originale à ses oeuvres et à sa vie.

** Muriel Lepage, catalogue du Musée d’art moderne de Collioure, 1999

I+I Galerie AL/MA – www.galeriealma.com.

I+I FRAC LR – www.fraclr.org.


Jean AZÉMARD, Sans titre, 1996, béton et encre, 53×30 cm, photo François LAGARDE.


Né à Lunel (Hérault) en 1938, fils et petit-fils de pêcheur, décédé le 17 octobre 1998, Jean Azémard a fait ses études à l’École des Beaux-Arts de Montpellier de 1957 à 1960 et à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1961 et 1962. Après des années d’enseignement à l’École d’architecture de Montpellier, il exerça comme professeur à l’École des Beaux-Arts de Nîmes de 1972 à 1996.

Avec les artistes de Montpellier, Nîmes (et Nice) qui formeront le groupe Supports/Surfaces, il participe à l’effervescence critique de la fin des années 1960 : invité par Jacques Lepage, André-Pierre Arnal et Claude Viallat, il participe au Festival des arts plastiques de la côte d’Azur, fin 1967 ; à l’exposition de la galerie La Gerbe, au début 1968, à Montpellier ; et crée, avec Tjeerd Alkema, Vincent Bioulès et Alain Clément le Groupe ABC Production qui sera présent dans les rues de Montpellier (100 artistes dans la ville, en 1969) puis de Coaraze (au Nord de Nice en 1970).

Les années qui suivent le reflux de la lutte révolutionnaire, après 1970, seront celles d’une distance avec les arts plastiques : il se consacre alors à la photographie, à la musique (« la Fanfare bolchevique ») et à l’architecture qui lui semblent mieux répondre à ses engagements politiques. Habitant la « cabane » familiale au bord de l’Étang de l’Or (Mauguio), il en fait un modèle d’utopie à la fois pour l’auto-construction et pour l’affirmation d’un espace commun, mettant en avant la démarche de leurs constructeurs : précarité des matériaux, économie des moyens, adaptation au milieu, esthétique sans ostentation, par détournement des fonctions des objets rendus à leurs qualités premières de formes ou de couleurs, dimension expérimentale d’un bâti sans cesse en devenir. Qualités qui seront pour une part aussi celles de son travail d’artiste.

En 1983, il reprend son activité d’artiste plasticien au travers de volumes qui ont le béton comme matériau premier. Moulé, il est travaillé pour prendre la souplesse d’une feuille de papier, s’enroulant sur lui-même : « il lui invente un univers de spirale, de branche, d’os, de coeur, de vague »*. Sur la pièce en béton, viennent s’ajouter des cartons, du plomb, des sangles qui en compliquent le dynamisme et les volutes, accentuant les contrastes entre plein et vide, rigidité et souplesse. Sa couleur, soit grise soit teinte dans la masse, s’accorde aux couleurs, adoucies, comme pastellisées des autres éléments de l’assemblage.

À partir de 1995, le carton peint et les peintures sur papiers déchirés vont prendre une place croissante dans l’oeuvre de Jean Azémard.

Les nombreux dessins, préparant ou non ces oeuvres en relief, conservent l’immédiateté du trait, à la fois décidé et aventureux. Paysages de Collioure ou des étangs et formes abstraites sont traités avec la même liberté du trait, la même transparence et précision du regard. Les couleurs y sont souvent décrites et posées, ainsi que la date voire le destinataire – rappelant que le dessin comme les autres oeuvres est un processus ouvert, en devenir dans ses phases successives.

* Muriel Lepage, catalogue du Musée d’art moderne de Collioure, 1999

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Jean AZÉMARD, ensemble de volumes, collection privée, de 1994 à 1995.


René PONS

Extrait du texte Le je-ne-sais-quoi

Comme l’oeuvre de Jean Azémard fut une errance inventive, mon propos fragmentaire prendra des chemins de traverse. L’attitude de Jean Azémard toute sa vie a été celle d’un homme qui ne cherche pas à faire carrière et qui se moque de la pompe. Je ne puis donc moi-même, ici, que me promener sans manières à travers une oeuvre qui fut multiple et se déploya non seulement dans la peinture et la sculpture, mais aussi dans l’architecture, une architecture marginale, à contre-courant de l’ostentation monumentale et de la dépense, une architecture précaire, astucieuse, économique, légère et parfaitement respectueuse de l’environnement. Ce n’est pas un hasard si, en 1976 ou 1977 — je ne m’en souviens plus exactement, mais peu importe —, il organisa, avec l’Ecole des Beaux-Arts de Nîmes, un séminaire autour de l’auto-construction et milita contre la destruction du Bourdigou, village de pêcheurs en roseaux, depuis laminé par un tourisme amateur de luxe, de clinquant et d’hygiène de façade. Je crois que lorsqu’on parle de l’artiste Jean Azémard, on ne se penche pas assez sur son travail discret de bâtisseur et pourtant c’est, à mes yeux, un jalon indispensable à la compréhension d’une oeuvre qui se caractérise par la cohérence parfaite entre peinture, sculpture et architecture.

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ZÉZÉ, photographie de François LAGARDE.