Lettre au passé décomposé, au présent fugace et au futur inférieur.

Publié le 13 mai 2008 par Kaodenuit

Un beau soir l'avenir s'appelle le passé. C'est alors qu'on se tourne et qu'on voit sa jeunesse. 

  

Louis Aragon


Ne nous retournons pas car comme dit la chanson de Arno, 40 ans, chanteur Belge

le passé ce n'est pas un endroit à visiter...

Non le passé n'est pas fréquentable et la circulation des idées ne s'y fait pas facilement par suite d'embouteillage émotionnel. Le passé se fige  et son mouvement vivant et coloré se transforme dans le temps en carte postale grise et figée. Le passé faudrait s'en passer mais il s'accroche à notre présent comme une moule à son rocher.

Le présent lui est insaisissable. Fugace, à peine apparu, déjà disparu. Il alimente le passé aussitôt né.Le présent est un accord de guitare dont la note suspendue décroche immédiatement et entre dans la cacophonie des souvenirs.
Le futur, c'est une vision émerveillée qui au fur et à mesure qu'elle s'approche de nous pour devenir présent, se tranforme en une infinie déception, mélancolique et craintive. Le futur n'existe pas, c'est juste le présent qui anticipe aidé par l'aiguillon insistant des souvenirs et du passé.

Alors on dit des trucs comme

"avant c'était mieux"

ou bien

"vivont le présent à fond"

et encore

"vivement demain".

Pourquoi nous acharner à comptabiliser le temps puisqu'au final, c'est lui qui nous compte et qu'au lieu de fixer notre vie dans les strates du temps nous ne les situons pas plutôt  dans les ondulations de l'espace ?


kao