"Le système nous veut tristes." Gilles Deleuze.
© Emmanuelle (Histoires de voir)
Des tics de langue journalistiques à leurs effets dévastateurs sur une « démocratie creuse », l’auteure rappelle que l’antidote « aux divers poisons qui enveniment notre univers sémantique » existe bel et bien. Si la dite crise est un diagnostic et non la maladie que l’on décrit, pourquoi ne pas « criser » vraiment et commencer à « penser » en produisant des idées neuves ? Alléger le poids des termes négatifs et redonner du sens, ne serait-ce que pour des réveils moins démoralisants. Dans cette hystérie collective envenimée par la complaisance médiatique, « la parole forte, utile et éclairante » devient aussi rare que les « faiseurs d’opinion ». Décrypter les faits mais aussi le sens profond des mots et leurs effets, voilà la sauce textuelle que la sémiologue recommande d’inclure à tout assaisonnement journalistique. Aux fonctions démocratiques et éthiques, « le quatrième pouvoir » devra s’imposer la métalinguistique pour renouer avec son rôle essentiel. Rendre tout grand concept « intelligible pour tous et inépuisable à commenter ».