D’abord l’histoire. Elle va tenir en haleine la France entière pendant des semaines, mobiliser les écrivains, les poètes surréalistes, les journalistes… Violette Nozière, belle jeune fille issue d’un milieu populaire, rêve d’une autre vie. Elle n’aime ni les études ni le travail, préférant à cela la vie facile, les fêtes, l’argent et les bijoux, le vol, les mensonges, la manipulation. La belle enjôleuse utilise ses charmes pour arriver à ses fins. Mais il lui en faut toujours plus. Pour arriver à ses fins, elle ira même jusqu’à empoisonner père et mère, à quatre reprises… Son père y laissera finalement la vie, sa mère en réchappera.
Condamnée puis réhabilitée
L’album démarre avec le procès de celle que l’on surnomma « l’empoisonneuse de la rue de Madagascar », en octobre 1934, au tribunal de Paris. Assise sur un banc, la jeune femme attend son procès. Elle sera déclarée coupable, sans circonstances atténuantes et condamnée à mort. Elle sera finalement grâciée avant de voir sa peine commuée en douze années de réclusion en août 1942. En août 1945, elle sera libérée, commençant, conclue Eddy Simon, »une nouvelle vie dans l’anonymat et la simplicité. » L’originalité du parcours de Violette ne s’arrête pas là.
« Violette, c’est l’histoire d’une jeune fille qui veut tout simplement de l’argent pour consommer! » explique Eddy Simon. Mais ce bel album, ce portrait hors normes magnifiquement dessiné par Camille Benyamina ( son trait léger et ses jeux de couleurs sont captivants) c’est aussi l’histoire d’une société des années trente encore insouciante qui ne voit rien des dangers qui la menacent. A lire absolument!
Le récit est prolongé par un dossier de huit pages illustré de photos d’archives.
- Violette Nozière, vilaine chérie.
- Scénario: Eddy Simon
- Dessins: Camille Benyamina
- Editeur: Casterman
- Prix: 20 €