Philadelphie - pennsylvanie (usa)

Publié le 04 mars 2014 par Aelezig

Philadelphie (du grec philèin = aimer, adelphos = frère), surnommée Philly, est située dans le nord-est des États-Unis, entre New York et Washington DC. Cinquième ville du pays selon le recensement de 2010, Philadelphie compte 1 526 000 habitants dans la municipalité et 5 965 343 habitants pour l'aire métropolitaine.

Centre historique, culturel et artistique majeur aux États-Unis, Philadelphie est également un grand port industriel sur le fleuve Delaware qui se jette dans l’océan Atlantique. C'est la principale métropole de l'État de Pennsylvanie, dont la capitale est Harrisburg. Sommaire

Son nom, qui veut dire « amitié fraternelle », est aussi celui d'une ville antique de Lydie où s'établit une des sept congrégations chrétiennes mentionnées dans l'Apocalypse.   Avant l'arrivée des Européens, des Amérindiens Lenapes, appartenant à la nation algonquine, habitaient dans la vallée du Delaware et le village de Shackamaxon était situé à l'emplacement actuel de la ville.

L’exploration de la vallée du Delaware commence au début du XVIIe siècle. Les premiers colons suédois, néerlandais et anglais revendiquent tour à tour les rives du fleuve : la Nouvelle-Suède, fondée en 1638, est annexée à la Nouvelle-Néerlande en 1655. Puis la région passe définitivement dans le giron britannique en 1674.

En 1681, le roi d’Angleterre Charles II octroie une charte à William Penn en échange de l’annulation d’une dette que le gouvernement devait à son père. Par ce document, la colonie de Pennsylvanie est officiellement fondée. William Penn (16441718) est un quaker anglais : il appartient à ce groupe religieux dissident, persécuté en Angleterre, qui rejette la hiérarchie ecclésiastique et prône l’égalité, la tolérance, la non-violence. William Penn part en Amérique en 1682 et fonde la ville de Philadelphie. Même si Charles II lui en a donné la "propriété", William Penn achète la terre aux Amérindiens afin d’établir avec eux des relations pacifiques.

 

William Penn souhaite que la ville soit un refuge pour tous ceux qui sont opprimés pour leur foi, quelle qu'elle soit. Il supprime la peine de mort et garantit la liberté de culte.

Philadelphie est aménagée selon un plan en damier, le plus ancien des États-Unis, avec des rues larges et cinq parcs. De nombreux immigrants européens, anglais, néerlandais, huguenots, affluent, attirés par la prospérité de la ville et sa tolérance religieuse. En 1701, la ville se dote d'institutions municipales : un maire, des conseillers et une assemblée.

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Philadelphie est devenue la cité la plus peuplée des treize colonies, dépassant Boston.

À la fin du XVIIIe siècle, Philadelphie est le « centre des Lumières révolutionnaires », notamment sous l’impulsion de Benjamin Franklin (1706-1790). Ce savant, né à Boston, vit à Philadelphie depuis 1723 et est l’un des fondateurs de la Library Company of Philadelphia, de l’Université de Pennsylvanie et de la Société Américaine de Philosophie. En 1728, John Bartram crée un jardin botanique, le premier de ce genre en Amérique du Nord. C’est également au XVIIIe siècle que Philadelphie devient le principal centre d’édition des treize colonies : le premier journal, The American Weekly Mercury, paraît en 1719. En 1739 est publié le premier traité contre l’esclavage et la ville devient, avec Boston, l’un des centres anti-esclavagistes du pays.

Le savoir et la culture connaissent un développement si important au XVIIIe siècle, que la ville est parfois appelée « l'Athènes de l'Amérique ». Dans les années 1760 s’ouvrent une école d’anatomie, une école de médecine et un théâtre permanent. C’est en 1790 qu'est inaugurée la Law School de l'University of Pennsylvania, la plus ancienne école de droit des États-Unis. Plusieurs artistes de la ville fondent en 1794 le Columbianum, qui constitue alors la première société pour la promotion des beaux-arts.

Enfin, Philadelphie se dote d’équipements, de bâtiments publics et d’infrastructures urbaines avant les autres cités américaines : un hôpital, une compagnie de pompiers et plusieurs banques. La Pennsylvania State House (actuel Independence Hall), où siège l’assemblée coloniale, est achevée en 1753. Les rues sont progressivement pavées et éclairées au gaz.

Dans les années 1770, Philadelphie devient l'un des principaux foyers de la Révolution américaine. Les Fils de la Liberté, une organisation de patriotes américains, sont très actifs dans la ville : ils résistent aux mesures fiscales et incitent les colons à boycotter les marchandises anglaises.

Philadelphie est choisie à cause de sa position centrale au sein des Treize colonies pour accueillir le Premier Congrès continental qui se réunit du 5 septembre au 26 octobre 1774. Le Second Congrès continental se tint entre 1775 et 1781, date de la ratification des Articles de la Confédération. Pendant la guerre d’indépendance, cette assemblée organise l'armée continentale, émet du papier monnaie et s'occupe des relations internationales du pays. Les délégués signent la Déclaration d'indépendance le 4 juillet 1776. Cependant, à la suite de la défaite américaine de Brandywine en 1777, le Congrès doit quitter la ville, ainsi que les 2/3 de la population, et l'on doit cacher la « cloche de la liberté ».

Plusieurs batailles opposèrent les Américains commandés par George Washington aux troupes britanniques en Pennsylvanie. Après avoir investi Philadelphie en septembre 1777, les Britanniques concentrèrent 9000 hommes à Germantown, que Washington ne réussit pas à vaincre. En juin 1778, les Anglais abandonnent Philadelphie pour protéger New York exposée à la menace française. Dès juillet, le Congrès revient à Philadelphie. Une Convention constitutionnelle se réunit en 1781 afin de rédiger une constitution. Ce texte organisant les institutions du nouveau pays, est signée à l’Independence Hall en septembre 1787. C’est dans le Congress Hall que sont élaborés la Déclaration des droits en 1790, et les dix premiers amendements à la Constitution américaine.

Le Congrès continental s'installe à New York en 1785, mais, sous la pression de Thomas Jefferson, il revient à Philadelphie en 1790, qui fera office pendant dix ans de capitale provisoire des États-Unis, pendant que Washington D.C. est en chantier. Celle-ci devient capitale fédérale en 1799. Philadelphie perd aussi, la même année, son statut de capitale de l'état de Pennsylvanie, au profit de Lancaster.

Pendant quatre décennies, la Bourse de Philadelphie, ouverte sur Chestnut Street en 1790, est le premier centre boursier de la fédération. C'est l'année de l'émission d'un grand emprunt obligataire public de 8 millions de dollars pour restructurer la dette des nouveaux États-Unis.

Au début du XIXe siècle, Philadelphie connaît un important essor économique grâce aux richesses agricoles et minières présentes dans son arrière-pays ; la construction de routes, de canaux et de voies ferrées permet à la ville de maintenir son rang dans la Révolution industrielle. Le textile, la confection, la métallurgie, la fabrication du papier et du matériel ferroviaire, la construction navale, l’agro-alimentaire étaient les principales industries du XIXe siècle.

En 1876, Philadelphie accueille la première exposition universelle organisée sur le sol américain. Parmi les innovations qui sont montrées au public, on peut citer le téléphone d'Alexander Graham Bell, la machine à écrire de Remington, ou le ketchup Heinz...

Des milliers d’immigrants venus d’Europe viennent travailler dans les industries de la ville au tournant du XXe siècle et se regroupent dans des quartiers distincts. Pendant la Première Guerre mondiale, l’arrivée des Afro-Américains fuyant la ségrégation raciale du Sud modifie la structure de la population. Avec le développement du transport ferroviaire puis du métro en 1907, et de l’automobile, les classes moyennes commencent à quitter le centre-ville pour résider en banlieue. Les premiers gratte-ciels font leur apparition et le pont Benjamin Franklin est construit. Après la Grande Dépression, Philadelphie est connue pour la vigueur de son syndicalisme et pour ses multiples grèves. Il faut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que la ville sorte de la crise, grâce aux industries de l'armement.

En 1950, Philadelphie atteint son apogée démographique, avec un peu plus de deux millions d’habitants ; les logements étaient alors souvent insuffisants et insalubres. Dans les années 1960, des émeutes raciales éclatent, au moment du mouvement pour les droits civiques. Les problèmes sociaux s’aggravent avec la montée du chômage, la drogue et la violence des gangs. Les classes moyennes blanches fuirent le centre vers les comtés environnants : ainsi la ville perd plus de 13 % de sa population dans les années 1970.

La municipalité adopte une nouvelle charte en 1951 donnant plus de pouvoirs au maire. Le maire Joseph Clark inaugure une politique de renouvellement urbain : amélioration des routes et du système des transports, réhabilitation urbaine, création de centres commerciaux et de parcs. Mais la ville était à la limite de la banqueroute au début des années 1990, à l'instar d'autres grandes villes de la côte Est. Depuis, la situation du logement et de l'emploi s'est améliorée dans plusieurs quartiers, mais la violence reste toujours à un niveau élevé.

Visitée en 2011

D'après Wikipédia