Morceaux choisis - Sandro Penna

Par Claude_amstutz

I.
 
Le monde qui vous semble de chaînes
est tout tissé d’harmonies profondes.
II.
 
Petite pluie sans ennui,
petite pluie qui inspire.
Qui ne croit pas à ceci
dit mal ce qu’il a à dire.
III.
 
Flammes du cimetière, ne me dites pas
que le soir d’été n’est pas beau.
Et beaux sont les buveurs
au loin dans les auberges.
Ils vont comme des frises
antiques sous le ciel
renouvelés d’étoiles.
Flammes du cimetière, calmes doigts qui
comptent les lents soirs. Ne me dites pas
que la nuit d’été n’est pas belle.
IV.
 
Songe de l’employé romantique
Sonne le vent et la nuit sur la gloire
du Ministère oublié sur la montagne.
Vient l’heure d’amour. Et c’est l’histoire,
Julien, de ta main à l’horizon.
V.
 
Vivre je voudrais endormi
dans la douce rumeur de la vie.
 

Sandro Penna, Cinq poèmes, dans: Poésies (coll. Cahiers Rouges/Grasset, 1999)

traduit de l'italien par Dominique Fernandez