Valls, le raidissement, avant la décomposition ?

Publié le 31 mars 2014 par Despasperdus

Qui a dit ?

«Est-ce que, dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec la concurrence que nous connaissons, pouvons-nous nous permettre d'être sur des idées des années 1970, 1980, 1990 ? Non. Il faut dépasser la question des 35 heures. Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures.»

Il s'agit du nouveau Premier ministre.

Il a dit aussi ceci, je vous devine gourmands derrière vos écrans :

« La gauche gagnera si elle produit un effort intellectuel massif, comme l’ont fait les démocrates américains dans les années 80 ou les travaillistes britanniques dans les années 90.»

Bref, quand on connaît un peu ces deux pays qui ont été un temps - mais plus aujourd'hui - présentés comme des exemples et des modèles à suivre, chacun peut mesurer que ce type est encore plus fanatique du néolibéralisme que Hollande et Ayrault réunis.

M'est avis que les travailleurs, les fonctionnaires (pas les hauts) et les chômeurs, ainsi que toutes celles et tous ceux qui survivent avec des minimas sociaux si faibles qu'ils se situent en-deçà du seuil de pauvreté dans l'un des pays les plus riches de la planète, vont manger encore plus chaud...

Faut dire que pour choisir Valls, il faut être un peu c... après une telle défaite électorale.

Mais que voulez-vous, François Hollande est tellement prévisible. En plus d'être de droite. Comme bien d'autres, il s'est encarté au PS en sortant de l'ENA : un choix de carrière judicieux.

Prévisible parce qu'il mène exactement la politique que nous prédisions au FDG lors de la campagne présidentielle. Je vous assure même que je pensais exagérer un peu en avançant qu'il serait le Papandreou ou le Zapatero français. En moins de deux ans, sa politique en prend le chemin. Austérité à tous les étages, sauf ceux du patronat et de l'oligarchie. Quelques mesures sociétales importantes, que je salue, mais qui n'améliorent pas le quotidien des classes populaires qui se sentent délaissées, ignorées, et méprisées, et vous savez quoi ?

Elles ont raison.

Après la défaite, plutôt la branlée électorale avec des pertes plus que symboliques comme Limoges ou Roubaix, Hollande change seulement le gouvernement. Le bougre a du penser que puisque l'UMP a remporté les municipales, il fallait donc imprimer une politique encore plus néolibérale, encore plus injuste. Hollande a suicidé le PS où demeurent quelques fossiles, la gôche du PS en l'occurrence...

C'est à se tordre de rire, sauf que le peuple va encore plus souffrir avec Valls...

Nous allons probablement assister à une politique social-libérale carrément décomplexée. Du style, encore plus de coupes budgétaires pour payer les cadeaux au MEDEF. Du genre, mettre en oeuvre la lumineuse idée de Peillon de bloquer toute promotion et tout avancement à l'ancienneté dans la fonction publique. De l'acabit, de créer de nouvelles taxes et de nouvelles niches fiscales.

Bref, plus vite, plus fort, plus austéritaire avec en ligne de mire le grand marché transatlantique.

En choisissant Valls, Hollande a mortellement empoisonné le PS. La décomposition sera très lente grâce aux institutions de la Cinquième République, à moins qu'un processus à la grecque l'accélère en faisant basculer le rapport de forces au sein même de la gauche. Ce ne sera pas la première fois qu'un parti dominant perd considérablement son influence et son poids (cf. le parti radical ou le PCF, ou plus récemment le PASOK).

Vivement demain, le 12 avril pour commencer...