Le parasol du pouvoir

Publié le 18 avril 2014 par Oliaiklod @Olia_i_Klod

Delacroix a immortalisé la posture altière du sultan marocain à cheval à travers plusieurs œuvres : dans ces représentations, le parasol incarne l’emblème par excellence de la dynastie alaouite et de la royauté marocaine dans son ensemble.

Brève histoire du parasol comme objet régalien dans le monde musulman…

Dans son livre La mémoire d’un roi, le roi du Maroc Hassan II avait écrit par boutade que si le parasol était le symbole de la royauté marocaine, beaucoup de gens s’y étaient mis à l’ombre alors que lui-même demeurait exposé au feu du soleil.

Lorsque l’on se reporte aux auteurs médiévaux ayant décrit et analysé les emblèmes des dynasties musulmanes, et notablement, parmi eux, à Ibn Khaldûn, on constate qu’ils placent volontiers au premier plan de ces appareils symboliques les étendards et les tambours, lesquels renvoient à la fois au registre militaire, guerrier.

Le parasol, midhalla ou mdhall, est quant à lui un emblème mentionné parmi d’autres, sans distinction particulière. Il n’est aucunement propre au Maroc, ni même à l’Islam. Au Maghreb, il émerge au Xème siècle, sous les Fatimides, c’est-à-dire dans une dynastie chiite.

Il est attesté, pour les périodes ultérieures, dans des régimes monarchiques aussi différents que ceux de la cour des Mamlouks, des Mongols ou des Ashantis, sans parler des royautés asiatiques.

Ibn Hammad le décrit comme un objet luxueux, orné de pierres précieuses, entorse notable à l’impératif d’austérité. Il l’assimile explicitement à la voûte céleste, mais également à un "bouclier monté au bout d’une lance". Le registre guerrier est donc bien avéré.