Eléonore

Publié le 18 avril 2014 par Adtraviata

Quatrième de couverture :

Bruxelles, ville provinciale, métropole européenne, est un noyau qui fermente. Ici, le noyau devient un nœud. Entre les fils mêlés de cette pelote mobile, Éléonore a joué sa vie. 

Comédienne, elle aura joué tout, mais elle l’aura joué à tour de rôle. Avant de quitter la scène, partagée entre tant de points cardinaux, tant de forces contraires, telle Bruxelles, Éléonore affronte le dernier acte avec ceux qu’elle aime, en organisant le théâtre d’une représentation finale. L’actrice désire voir, à son tour, le spectacle de la comédie que chacun joue naturellement, croit-il, elle qui sait que rien n’est naturel. 

Qui tire les ficelles et les fils de la pelote ? Chacun ? Personne ? Éléonore, la comédienne qui qui n’a pas même entendu le secret de son nom : Elle est au nord.

Née à Bruxelles en 1946, Colette Lambrichs habite Paris depuis 1972. Directrice littéraire des Éditions de la Différence depuis 1976, elle est l’auteur de quatre recueils de nouvelles et d’un roman : Tableaux noirs (1980, 3e éd. 1997) ; Histoires de la peinture (1988, 2e éd. 1997) ;Doux leurres(1997) ; La Guerre (2003) ; Logiques de l’ombre (2006).

Bon, j’ai tardé à rédiger ce billet, parce que j’ai terminé le bouquin aujourd’hui seulement, parce que j’ai tellement hésité à choisir après le recueil Quadrature que j’ai débord relu La petite dame en son jardin de Bruges (dont je vous parlerai peut-être plus tard) et puis j’ai feuilleté quelque pages de quelques romans féminins et puis plutôt que de piocher dans ma PAL, j’ai vraiment commencé ce livre-ci. Et puis… j’espérais faire encore une bonne pioche aux éditions de la Différence et puis… me voilà très dubitative.

Le personnage principal, Eléonore, qui donne son titre au roman, n’est pas très sympathique, mais finalement aucun des personnages de cette famille bourgeoise et de leurs relations (car ils jouent tous un rôle) n’est vraiment sympathique. Mais peut-être correspondent-ils à la réalité et après tout, à nous, avec no défauts bien visibles et bien blessants aux yeux de nos proches, et avec nos qualités et nos secrets bien cachés. Eléonore vieillit, Eléonore souffre du dos depuis plusieurs semaines et sentant que c’et grave, elle fait venir de Pari à Bruxelles son fils cadet, Pierre. Cette visite ne va pas se dérouler tout à fait comme elle le souhaitait et cela va entraîner une série de faits, de conséquences plus ou moins bouleversants. A l’échelle de ces gens bien rangés, s’entend (quoique la belle-soeur de Pierre va,s’envoyer en l’air d’une façon pas très catholique, si je puis me permettre). A la fin du roman, tout le monde est réuni par Eléonore et tout cela se termine ma foi un peu rapidement.

Dans ce court roman (176 pages), Colette Lambrichs suit tous ses personnages de jour en jour et de chapitre en chapitre, dont les titres sont constitués par les prénoms des personnages en scène. Car il s’agit bien d’une comédie de moeurs où chacun joue le rôle qu’il croit devoir jouer ou celui qu’on lui a assigné. Et le décor de cette comédie est bien présent lui aussi : Bruxelles, ses quartiers chic, ses lieux célèbres comme la place Poelaert et le Palais de justice, la clinique Edith Cavell, le bois de la Cambre, autant d’itinéraires que l’on pourrait suivre le roman en main, tant les noms de rues sont précis !

Le problème, c’est que c’est court et que les harmoniques proposées par le roman (voir la quatrième de couverture) ne sont peut-être pas très développés (notamment le jeu de mots sur le prénom d’Eléonore qui n’apparaît pas dans le texte), certains personnages mériteraient presque un roman à eux seuls et ne servent ici presque que de faire-valoir, enfin le tout m’a paru assez froid : le style qui privilégie les dialogues (comme au théâtre, évidemment) et le récit au présent retient les émotions… mais cela en reste là, cela n’en a pas vraiment provoqué chez moi.

Une rencontre un peu ratée, c’est vraiment dommage… Je place désormais tous mes espoirs dans la semaine Luce Wilquin !!

Colette LAMBRICHS, Eléonore, Editions de la Différence, 2013


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