Il me semble que cette modélisation repose sur une hypothèse. L'homme est fondamentalement différent de ses congénères.
Or, il existe une hypothèse 2 : l'homme est fondamentalement identique.
Quelles sont les conséquences de ces deux hypothèses ? Imaginons un crime.
- Dans le cas 1 on condamne le criminel. Normal, c'est le porteur du mal. Rien ne change. Bonne conscience assurée pour tous. Tout peut recommencer. Mais il y a pire. S'il y a beaucoup trop de criminels, comme dans tous les génocides, on est obligé de masquer un grand nombre de culpabilités. Ce qui est un formidable foyer de ressentiments. En particulier de ceux qui doivent cacher leur passé, sans pouvoir le renier. Puisqu'ils sont supposés être le mal.
- Dans le cas 2, tous les hommes se sentent concernés. Ils doivent se réformer. Ce qui ne peut que les amener à comprendre que c'est l'organisation de la société, pas l'homme, qui est en cause. Il faut changer le système. Même s'ils y parviennent. Ils ne peuvent que se souvenir qu'ils n'ont pas été des héros. Ils demeurent conscients de leur fragilité. Ce qui favorise un comportement responsable.