Article : Vision d'Escaflowne

Publié le 18 mai 2008 par Julien Peltier

Vision d'Escaflowne
Atlantide, le mythe

Vision d'Escaflowne est une création nippone déclinée sur plusieurs supports distincts : un manga shônen, un manga shôjo, une série animée et un film. Le titre du projet original est « Tenkuu no Escaflowne » (天空のエスカフローネ), qu’on peut traduire littéralement par « Escaflowne des Cieux ».



VISION D’ESCAFLOWNE , l’anime
Vision d'Escaflowne, en japonais « Tenkuu no Escaflowne », est une série d'animation que nous découvrons dans l’hexagone fin des années 1990. On y découvre un monde irréel, des personnages pleins de surprise et surtout une musique hors pair, orchestrée de main de maître par Yoko Kanno.
La série est composée de 26 épisodes d’une vingtaine de minutes correspondant chacun à un arcane du jeu de tarots de l'héroïne Hitomi. En France, la série a été distribuée par Dybex.
L'histoire commence sur terre, au Japon, où une jeune fille, Hitomi Kanzaki, va se retrouver malgré elle entrainée dans une aventure fantastique. En effet, elle a une vision qui devient réalité, en rencontrant un jeune homme, Le prince Van de FANELIA venu d'une planète imaginaire, Gaia.


VISION D’ESCAFLOWNE, le film
Comme bon nombre d’animes qui réalisent des scores d’audience conséquents au Japon, cette anime a eu droit à un film d’animation, sortie au cinéma côté Nippon, et commercialisé en France en DVD par Dybex. L’histoire de ce film est plus mature, voire plus violente par rapport à un anime qui reste enfantin dans sa logique.
Le chara-design, légèrement différent, est toujours signé Nobuteru Yūki. La trame a été revue, et le traitement général est plus sombre et plus adulte, la psychologie des personnages se faisant plus noire, comme Hitomi, qui est dépeinte comme une jeune fille suicidaire, ne trouvant pas de réel but à son existence ; ou encore Van, dépeint comme un roi viril, assumant ses responsabilités.


VISION D’ESCAFLOWNE, le manga
Distribué en France depuis 2003 par Pika Édition, il n’a pas « hérité » des points forts de la série et du film, notamment au niveau du design des personnages, sensiblement différent puisqu’il correspond à l’apparence que les personnages devaient avoir initialement. En effet, la série animée n’avait pas commencée à être diffusée lorsque le manga a été publié au Japon.
Le scénario et les dessins sont signés Aki Katsu. Ce manga rentre dans la catégorie « Shonen » et comptabilise 8 volumes.
On y voit une Hitomi plus féminine, avec des formes plus qu’affirmées, là où celle de l’anime fait garçon manqué. Dans le manga, elle pourrait être ainsi décrite comme une enfant dans un corps de femme.
A noter également l’existence d’une version Shôji qui n’est à ce jour pas sortie en France.



PERSONNAGES :

Hitomi KANZAKI
Hitomi, jeune lycéenne, se retrouve embarquée dans une folle histoire. Tout part de son don pour tirer les tarots, qu’elle tient de sa grand-mère voyante, et qu’elle considère jusque là comme un jeu. Tout bascule le jour où elle rencontre Van FANEL, « extra-terrestre » venant de Gaia. Tout au long de la série animée, le spectateur sera amené à grandir et mûrir avec elle. Très vite, son histoire, ses sentiments, nous entrainent plus loin dans la série. Le triangle amoureux qu’elle forme avec Allen SCHEZAR et Van FANEL constitue la trame de fond de cette histoire. Plus les épisodes passent et plus nous découvrons la relation de cause à effet de chaque action passée, présente et future.


Van FANEL
Van FANEL est l’héritier du trône de Fanelia. Garçon immature, un rien pacifiste, il ne comprend pas les enjeux de la guerre. Seul à assumer une royauté dont il se serait bien passé, il est tout d’abord sauvage, agressif, mais mûrit lui aussi au fil des épisodes. Certaines situations saugrenues sont dues au fait qu’il n’arrive pas à réaliser les sentiments qui le poussent vers Hitomi. De celui qui fait parler ses muscles avant sa cervelle, il devient vite un personnage attachant, qui nous fait vibrer tout au long de ses luttes internes.


Allen SCHEZAR
« Chevalier d’azur » du royaume d’Astria, ce personnage fait le « lien » entre la Terre, et Gaia. En effet, sa ressemblance plus que frappante avec le « sempai » d’Hitomi conduit celle-ci au sein du triangle amoureux de cette série. Chevalier ténébreux, tombeur de ces dames, il cache, comme tous les personnages de la série, un lourd passé, qui prendra son sens dans la deuxième partie de l’anime.


Dilandau

Il est le « méchant » par excellence. Fou, voire psychopathe sur les bords, c’est le personnage qui est le plus constant dans l’histoire. On se prend à le haïr, ou à l’aimer, suivant les tendances que l’on a soi-même. C’est un personnage clé de l’histoire, car sous ce personnage apparent s’en cache finalement un autre, bien plus complexe…

Dornkirk
Hommage, ou pas, à Isaac NEWTON, c’est la tête pensante du « côté sombre ». Pas si sombre que ça, car son but est de manipuler le destin afin d’apporter un futur paisible et tranquille aux habitants de Gaia. Seulement, ce n’est qu’à la fin de l’histoire qu’il se rend compte que même si la fin justifie les moyens, sa fin à lui n’était peut-être pas si valable que ça.
Folken FANEL
C’est le frère aîné de Van, héritier déchu du trône de Fanélia du jour où il a échoué dans sa chasse aux dragons. Une aura de mystère s’en dégage, ce qui explique pourquoi tous les personnages le craignent autant. Il souhaite transformer Gaia en un monde de paix, mais pas de la façon dont le projette Dornkirk. Pris entre son allégeance à l’empire ZAIBACHER et son amour fraternel pour Van, c’est le personnage qui évolue le plus « en eaux troubles ». Il nous est impossible de déterminer avant la fin de la série si ces intentions seront bonnes ou pas.

Merle
Gamine de 12 ans, elle voue un culte à Van. C’est une « fille chat domestique », comme il n’en existe que dans les animes et dans les fantasmes des otakus. Ses espiègleries apportent beaucoup de fraicheur au contenu parfois sombre de certains épisodes. Elle se révèle être une conseillère hors pair pour ns deux héros, mature dans ces moments-là, ce qui déboussole un tant soit peu.

Mirana
Elle est la jeune fille à qui tout réussit par excellence : jeune, riche, belle, intelligente, et pourtant blonde me direz-vous. Elle est le personnage qui donne un peu de piquant dans le triangle amoureux de cette série. Tour à tour amie et ennemie, elle apprendra beaucoup du passé de sa famille durant l’évolution des épisodes.
OST
La bande son est signée Yoko KANNO, qui a composé les musiques d’autres animés, tels que Wolf’s rain, Chroniques de la guerre de Lodoss – La légende du chevalier héroïque ou Cowboy Bebop.
Il existe 4 CD de bande originale pour la série, et 1 pour l’OAV. La voix de la plupart des titres est celle qui interprète Hitomi en version Japonaise : Maaya SAKAMOTO.

AVIS
De premier abord, cet anime semble bien banal. Oeuvre de Nobuteru Yuki (designer des Chroniques de la Guerre de Lodoss, et du film X1999 d’après l’oeuvre de Clamp, entre autres), on pourrait initialement penser qu’hormis une bande originale plus que décente, les personnages vont être ternes, se remarquant simplement par des yeux immenses, visibles à travers leur chevelure, et des nez pointus qui sont depuis longtemps entrés dans l'Histoire de l'animation japonaise.
C’est là qu’est la force de cet anime : naviguant entre animation traditionnelle et innovation, que ce soit dans les ambitions, ou le fond de l’histoire, cet animé, situé entre le « mécha » et l’ « héroic fantasy », se caractérise par une trame sans fin, où tout s’imbrique parfaitement, tel un puzzle d’un millier de pièces.
La relation tissée entre le « guymelef » et son pilote est également peu commune, il faudra attendre l’apparition d’Evangelion pour retrouver ce type de lien. Néanmoins, ces liens requièrent du temps et de nombreux sacrifices pour le pilote qui lie son destin à celui de sa machine, ce qui rend ces êtres rares.
Le film sera moins typé quant au design des personnages, car quelques années séparent tout de même l’anime du film. Le designer ne s’est pas seulement plié à la volonté des fans, car les traits, bien que plus fins, n’en sont que moins travaillés. Le design des personnages sur le manga correspond lui aux ébauches initiales des personnages à l’époque où la série n’était pas encore diffusée. Ils sont donc plus travaillés, mais ne plairont pas aux purs fans de la série animée.

Dans les premiers épisodes, l’accroche ne se fait pas de façon bien originale, car il est vrai que ce n’est rien de plus qu’une relation amoureuse habituelle dans les shojos. Il faudra attendre la deuxième moitié de la série pour réaliser le chef d’œuvre qu’est véritablement Vision of Escaflowne. Chaque détail, chaque scène, a son rôle à jouer. C’est l’une des rares histoires à exploiter parfaitement tous les éléments disponibles. On se prend vite aux jeux des stratégies, les tactiques se laissant assez aisément deviner, l’attente du prochain épisode se fait de plus en plus pressante. Petit bémol toutefois sur le dernier épisode assez décevant, dont on n’arrive pas à déterminer s’il est une fin logique, ou si on espérait autre chose.
La bande originale, elle, est à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un maître en la matière : Yoko Kanno. Elle offre une profondeur et rend accrocheur ces combats de « guymelefs », pourtant ennuyant au possible.
Ces quelques défauts n’enlève rien à la grandeur de cette série, depuis classée parmi les classiques à regarder. Ceux-ci nous font apprécier encore plus le film qui, profitant de l’avancée technique le séparant de l’anime, prend une tournure beaucoup plus adulte, plus violent et plus noir. Le manga, lui, a dû trouver sa propre histoire, en parallèle de l’anime, histoire qui ,si elle est travaillée, reste décevante face aux autres versions de la même licence.

Vision d’Escaflowne
Titre original : Tenku no escaflowne (天空のエスカフローネ)
Création : Shoji Kawamori, Kazuki Akane, Hajime Yatate
Production : Yumi Murase (TV Tokyo), Masahiko Minami (Sunrise)
Musiques : Yōko Kanno et Hajime Mizoguchi
Dessin des personnages : Nobuteru Yūki
Dessin des mécha : Kimitoshi Yamane
Edité en France chez Dybex
Makoto08
Sources : Wikipédia - Aldraskaii - Krinein
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