BoE: Préparez-vous à la hausse des taux cette année !

Publié le 13 juin 2014 par Goldfisher
Encore hier Soir lors d’un gala dans la City, Mark Carney, le Gouverneur de la Bank Of England, a mis en garde les gens de se préparer à une prochaine hausse des taux. Ce n’est pas la première fois que la BoE émet ce genre d’avertissement depuis le début de l’année.

Bank of England. Credit: London-GB.com

Si 2013 s’est terminé sur l’assurance que les taux ne bougeraient pas d’ici à 2016, le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ont sérieusement retourné leur veste en 2014. Carney anticipe la hausse d’ici la fin de l’année en cours.

La raison est : ils avaient prévu de relâcher les taux à la hausse dès que le chômage au Royaume-Uni tombera sous les 7% et cela est arrivé plus tôt que prévu par leur analystes.

La Grande-Bretagne a l’avantage de ne pas avoir intégré la Monnaie Unique. En tous cas s’ils ont été vivement critiqué lors de son lancement, ils voient dans ce choix la meilleure décision qu’ils aient pu prendre depuis leur entrée dans le Marché Commun.

La zone Euro, c’est comme le mariage : ceux qui n’y sont pas veulent y entrer et ceux qui y sont aimeraient parfois en sortir.

Plaisanterie à part, en conservant la souveraineté sur sa monnaie, le Royaume-Uni a gardé la main sur la direction de sa politique économique.

Austérité Anglaise Contre Hélicoptère Ben

Je n’ai jamais été vraiment pro-Anglais jusqu’à la crise de 2007, suite à laquelle ils ont répondu par un programme d’austérité le plus drastique qu’ils n’aient jamais connu alors que les USA ont répondu à la crise avec une attitude totalement opposée en déversant des liquidités à n’en plus finir sur l’économie. On a vu alors plusieurs caricatures de Ben Bernanque dans un hélicoptère en train de déverser des milliers de dollar sur les Etats-Unis. Du coup j'ai changé d’avis et je suis maintenant convaincu que des quatre grandes devises monétaires mondiales, la Livre Sterling est celle qui risque de s’en sortir avec le moindre mal. 

Le dollar est trop dilué pour remonter la pente. Ils ont voulu soigner une crise due principalement à un excès de dettes par davantage de dette.

Le Yen est moribond et aucune issue autre qu’une dévaluation massive ne peut sortir le Japon de l’ornière.
L’Euro est captif de son système qui empêchent les États qui l’utilisent d’agir dessus comme ils le voudraient, du coup ils sont tributaires des maillons les plus faibles de la chaîne dans laquelle ils se sont incrusté.
Le Renminbi (Yuan pour les latins) se cherche encore mais a fait de beaux progrès récemment et le Rouble n’est pas encore assez au point pour sortir du bois. 
Que nous reste-t-il hormis quelques devises exotiques ?

Je vois déjà d’ici mes amis helvètes trépigner sur leur chaise en criant « le Franc Suisse ». En effet, s’il est la dernière devise mondiale quelque peu liée à l’or, sont intérêt n’en est pas moins atténué par l’attitude des dirigeants de sa banque centrale.

Lorsque le CHF s’est fortement réévalué suite à la fuite des capitaux vers cette devise qu plus profond de la cirse bancaire, la réaction de la Banque Centrale Suisse a été d’intervenir pour rectifier les cours. En d’autres mots : Ma monnaie est meilleure, vous vous en rendez compte donc vous l’achetez en masse, ce qui ne m’arrange pas vu que cela me rend moins compétitif donc je vais rendre ma monnaie aussi mauvaise que la vôtre comme ça vous irez voir ailleurs. Erreur, grande erreur. 

Une solution aurait été d’émettre plein de CHF contre la marée d’USD entrante et d’acheter de l’or avec, mais non.
Tant pis pour eux.

Le fait que je remarque et qu’aucun analyste économique médiatisé ne semble relever, c’est que de toutes les plus grandes zones monétaires du monde, la BoE est la seule qui évoque ouvertement une possible remontée des taux.

Toutes les autres grandes monnaies sont tributaires d'États qui croulent sous les dettes publiques et n’ont dès lors qu’une seule idée en tête : maintenir les taux encore plus bas afin de maintenir leur pyramide de Ponzi en place. 

Evidemment dans un premier temps, la hausse des taux anglais va faire plaisir aux investisseurs en obligations : ils vont acheter en masse de la Livre Sterling et ainsi les autres devises deviendront plus compétitives.

Mais l’effet pervers sera que ces mêmes investisseurs en quête de rendement vendront leurs obligations dans les autres monnaies, ce qui va automatiquement en faire augmenter les taux. Si les taux de la zone Euro montent, certains auront beaucoup de soucis à se faire. 

La question n’est pas si les taux vont monter mais quand ?

Les taux bas ne sont pas viables à long terme. Ils provoquent l’inflation, désengagent l’épargne et atténue l’accès aux capitaux pour les entreprises et par là même suppriment le mouvement d’investissement et d’innovation. L’économie devient moribonde avec des taux bas : le Japon en est la preuve : une décennie de taux négatifs ne l’a pas sorti de l’ornière, bien au contraire : ils ont doublé leur endettement et ont quasiment détruit leur industrie technologique qui pourtant était à la pointe au niveau mondial.

Actuellement on vit dans une phase insensée de taux plus bas que les niveaux de risque inhérents. Lorsqu’on compare deux investissements possibles, on fait automatiquement un arbitrage sur deux paramètres : le niveau de risque (de perdre sa mise) et le rendement offert. Actuellement les rendements sont quasi nuls (négatifs même sur les dépôts auprès de la BCE) alors que les niveaux de risques sont revenus titiller les sommets de 2007. 

En toute bonne logique, on ne peut qu’en conclure que les taux vont finir par monter, ce n’est qu’une question de temps. Les investisseurs finissent toujours par ajuster le rendement attendu au niveau de risque qu’il perçoit. C’est lorsqu’il y a une énorme disparité entre le niveau de rendement attendu et le rendement offert que les probabilités de retournement violents sont les plus grandes.

Préparez-vous à la montée des taux !

Depuis le début de l’année, la BoE ne cesse de mettre en garde la population anglaise contre une remontée des taux. Comment cela se traduit-il pour un particulier ?


  • Si vous avez un bien immobilier, assurez-vous d’avoir un emprunt hypothécaire avec la durée de taux fixe la plus longue qu’il soit ;
  • Si vous avez d’autres emprunts, tels que cartes de crédit, prêts personnels, etc. soumis à des taux variables, essayez de les consolider dans des prêts à taux fixes, voire même de les inclure dans votre emprunt hypothécaire si vous comptez le renégocier ;
  • Si vous avez de l’épargne bloquée à taux fixe bas, songez à l’en sortir doucement, comme par exemple en ne reconduisant pas un bon de caisse (bond) ou un compte à terme ;
  • Réduisez votre exposition aux actions spéculatives ou dans des institutions fortement endettées ;
  • Si vous n’avez pas les moyen de payer une mensualité d’emprunt hypothécaire après une hausse d’1%, considérez vendre et racheter plus modeste tant qu’il est encore temps.

Pour les autres, hors zone Sterling : faites pareil. Comme Martin Prescott le recommandait dans sa vidéo ici : réduisez votre exposition aux banques ! L’achat d’or et de métaux précieux est un bon choix, conservateur et prudent.

La BoE Est la seule à mettre les gens en garde que cela va arriver. Lorsque cela se produira, les plus endettés d’entre nous auront du souci à se faire, tous comme ceux qui ont prêté aux plus insolvables. 

Des mises en faillites et des défauts de paiement seront à prévoir à tous les niveaux de l’économie, dans le chef de chaque acteur économique :


  1. Les États : à l’instar de la Grèce, d’autres pays surendettés n’auront pas d’autre choix que de suspendre leurs paiements. Quand les caisses sont vides, elles sont vides ;
  2. Les Entreprises et surtout les banques qui ont une exposition indécente aux dettes publiques risquent de tomber dans un jeu de domino de l’insolvabilité, sauf que cette fois-ci les banques ont obtenu l’autorisation de facto de se servir directement dans les dépôts de ses clients. Les entreprises qui n’affichent toujours pas de bons résultats depuis 2 trimestres vont toutes s’enfoncer dans le rouge suite à l’alourdissement imprévu de leurs charges financières. La valeur de leurs titres en bourse vont être réduites d’autant, entraînant le marché dans une baisse certaine ;
  3. Les particuliers qui ont acheté une maison trop grande avec 95% de la somme empruntée sur 20 ans à taux variables ne pourront plus se permettre de payer les mensualités et verront leur maison saisie, remake de la crise des sub-primes en vue avec cette fois-ci les banques plus agressives car elles auront faim de liquidités. Le marché de l’immobilier va se crasher en beauté ;
  4. Le reste du monde sera logé à la même enseigne. Tout comme les deux guerres du XXe siècle, la crise du XIXe sera Mondiale. Il n’y aura pas beaucoup d’endroit où se réfugier pour en être épargné

Le monde tien actuellement en équilibre sur une montagne de dettes et pour s’en sortir, on en émet davantage tous les jours.

Une dette, on peut l’effacer d’un coup de stylo (tout dépend de qui tient le stylo) mais une once d’or, on peut lui donner des coups de stylo tant qu’on veut, elle restera toujours une once d’or.

Bref, préparez-vous à la hausse des taux !

Vous êtes prévenus.