Jeeves/By Jeeves---1975

Publié le 09 juillet 2007 par Numfar

après "Jesus Christ Superstar", Tim Rice et Andrew Lloyd Webber ont plusieurs projets en tête.
Andrew Lloyd Webber, entre 1972 et 1975 ira même jusqu'à écrire deux bandes originales de films, "gumshoe" et "The Odessa File".

Tim Rice se passionne alors pour l'histoire d'Eva Peron, la femme du dictateur Argentin Juan Peron.
il se plonge dans les biographies d'Eva et va même en vacances en Argentine, afin de s'imprégner de l'atmosphère et visiter les endroits où Eva a vécu.
Andrew Lloyd Webber commence à travailler sur la musique, mais n'arrive pas à se passionner pour cette histoire.
il ne comprends pas la passion de son ami pour Eva Peron, et ne pense pas une seconde que le public pourraît s'intéresser à une fasciste, qui a utlisé ses charmes pour arriver au pouvoir, et qui, une fois au pouvoir a trompé son peuple tout en se faisant canoniser.

au bouts de quelques mois, Andrew abandonne.
il préfère son projet : les livres comiques de PG Wodehouse sur Bertie Wooster, un aristo stupide et son servant Jeeves qui le sort de toutes les situations.

Tim Rice commence à son tour à travailler sur "Jeeves" mais lui aussi finit par jeter l'éponge.
n'arrivant pas à s'entendre sur un sujet commun, les deux amis finissent par se fâcher et connaissent une première rupture.

Andrew est déterminé à réussir sans lui, et engage l'auteur Alan Ayckbourn qui écrira les textes et le livret de cette nouvelle oeuvre.

le 22 Avril 1975, au théatre Her Majesty de Londres, c'est la première de "Jeeves" avec David Hemmings (Blow Up) dans le rôle de Bertie Wooster et Michael Aldridge dans celui de Jeeves.
mais avant même la première, Andrew Lloyd Webber est conscient des problèmes qui parasitent la comédie musicale : trop de texte entre les chansons, un livret pas suffisamment drôle , des chansons peu inspirées, et surtout un spectacle trop long.

les critiques, le lendemain de la première, sont assassines.
on remanie, on coupe, on tente de réparer les dégats, mais c'est trop tard, au bout de 38 représentations devant un public parsemé, "Jeeves" ferme ses portes le 24 Mai 1975, à peine un mois plus tard.

l'album qui sort deux mois après l'arrêt du spectacle, ne se vend bien évidemment pas.

c'est un échec retentissant, qui va marquer durablement Andrew Lloyd Webber, même si ce sera le seul et unique flop de sa carrière.
l'album n'a jamais été réédité et reste une pièce rare.
seuls trois titres semblent avoir survécu : "limerick" fut réadapté en instrumental "variations 5" pour l'album "Variations", puis sur "Song And Dance" ou il porte le nom de "when you want to fall in love" qui deviendra "the unexpected song".
"half a moment" et "banjo boy" seront gardés pour la nouvelle version de Jeeves.
le "half a moment" original de 1975 à survécu puisqu'on le trouve sur quelques compilations.

Andrew Lloyd Webber, étant passé de jeune génie de la comédie musicale anglaise à one-hit wonder limite has-been, revient la queue entre les jambes vers Tim Rice, et va travailler dur afin de prouver à ses détracteurs qu'il est capable de se surpasser et de faire mieux que "Jesus Christ Superstar".
Tim Rice et Andrew Lloyd Webber créeront un autre chef d'oeuvre en 1976 : "Evita".


en 1996, Andrew Lloyd Webber et Alan Ayckbourn décident de tenter le diable et de recréer une nouvelle version de leur échec commun, qui portera le nom de "By Jeeves" et qui contre tout attente, recevra un certain succès.

BY JEEVES
album de 1996
musique : Andrew Lloyd Webber
textes : Alan Ayckbourn

CAST :
Jeeves : Malcom Sinclair
Bertie Wooster : Steven Pacey
Sir Watkyn Bassett : Robert Austin
Madeline Bassett : Diana Morrison
Gussie Fink-Nottle : Simon Day
Bingo Little : Nicholas Haverson
Honoria Glossop : Lucy Tregear
Stiffy Byng : Cathy Sara
Cyrus Budge III : Nicolas Colicos
Stinker Pinker : Richard Long

LISTE DES MORCEAUX (sans les transitions parlées) :
the code of the Woosters (Bertie Wooster)
travel hopefully-1 (Jeeves & Bertie Wooster)
travel hopefully-2 (Bertie Wooster & Bingo Little)
that was nearly us (Bertie Wooster & Honoria Glossop)
love's maze (Bertie Wooster & Stiffy Byng)
the hallo song (Bertie Wooster, Cyrus Budge III & Gussie Fink-Nottle)
by Jeeves (Bertie Wooster, Bingo Little, Gussie Fink-Nottle)
when love arrives (Bertie Wooster, Madeline Bassett)
what have you got to say Jeeves? (Jeeves & Bertie Wooster)
half a moment (Stiffy Byng & Stinker Pinker)
it's a pig (Bertie Wooster, Honoria Glossop, Madeline Bassett, Sir Watkyn Bassett & Gussie Fink-Nottle)
banjo boy (Bertie Wooster)
wizard rainbow banjo mix

HISTOIRE :
Bertie Wooster, jeune aristocrate écervelé mais chevaleresque, passe son temps à se mettre dans des situations inconfortables et sans issues, heureusement sauvé par son fidèle serviteur Jeeves.

ANALYSE :
une comédie musicale charmante, drôle et attachante.
Andrew Lloyd Webber et Alan Ayckbourn ont entièrement réécrits le show pour en faire une réussite.
"travel hopefully" est une nouvelle version de "love is here" tiré de "The Likes Of Us".
de grands moments d'humour : "travel hopefully", "what have you got to say Jeeves" et surtout "it's a pig" hilarante chasse au porc (Bertie déguisé en cochon) et "banjo boy" avec solos de banjos silencieux, et de grands moments musicaux comme "love's maze" et "half a moment".

le spectacle ouvrit ses portes le 1er Mai 1996 au Stephen Joseph Theatre de Scarborough, puis démarrage dans le West-End de Londres au mois de Juillet au Duke Of York Theatre, puis au Lyric Theatre de Shaftesbury, pour un peu plus d'une année.

en Novembre 1996, le spectacle ouvre à Broadway avec Richard Kline (Three's Company) dans le rôle de Jeeves et John Scherer dans celui de Bertie Wooster.
une version quasiment identique du disque sort aux Etats-Unis (avec le cast original anglais) et dont le seul changement est le remplacement de "the code of the Woosters" par "Wooster will entertain you" qui semble depuis être le morceau qui ouvre le spectacle.

en 2001, "By Jeeves" redémarre à Broadway avec Martin Javis remplaçant Richard Kline, avec un nouveau CD, mais sans changement dans les titres, si ce n'est l'abandon des parties parlées.
la même année un DVD est tourné, avec le même cast (John Scherer et Martin Javis).
n'ayant pas pu encore me procurer ce DVD, je ne peux pas encore en parler, mais je ne désespère pas pouvoir l'acquérir un jour.

même si "By Jeeves" n'est pas une oeuvre majeure dans l'univers d'Andrew Lloyd Webber, elle reste pour moi particulièrement attachante.

HIGHLIGHTS :
"love's maze"
"half a moment"
"banjo boy"

et pour mon petit plaisir personnel : "it's a pig"