Le marquis - 0/10

Par Aelezig

Un film de Dominique Farrugia (2011 - France) avec Franck Dubosc, Richard Berry, Jean-Hughes Anglade

Minable.

L'histoire : Des gangsters. Le numéro 2, Quentin, vient d'échouer lamentablement dans le braquage d'une banque et est sommé par son patron de trouver autre chose dans les plus brefs délais. Quentin a justement repéré un gars, dans le parloir d'une prison, un type en jogging bleu (moins de deux, on le collait encore en slip de bain...) qu'il soupçonne (on se demande bien pourquoi) d'être Le Marquis, un spécialiste de coffre-forts, en cavale. Sauf que le brave garçon, Thomas, n'est qu'un pauvre petit chômeur, pris pour un cambriolage histoire de nourrir sa famille (c'est un monde où les indemnités chômage n'existent pas), et qui par un stratagème visant à se protéger des assiduités homosexuelles de ses co-détenus, a fait effectivement croire qu'il était ce très très génial Marquis. Bref, le numéro 1 croit une fois de plus son imbécile de numéro 2 et ils font évader Thomas, qui bien sûr n'en demandait pas tant, surtout qu'il n'avait plus que quinze jours de prison à faire... Et on lui demande maintenant de faire exploser un coffre-fort réputé inviolable...

Mon avis : Oui, je sais, j'aurais pas dû. Mais c'est comme ça, je suis cinéphage, et il faut que je regarde TOUT, je ne peux m'en empêcher. Et puis il est des dimanches soirs où l'on se sent un peu fatigué... pas envie de se prendre la tête avec un film genre David Lynch ou Richard Kelly. Ah bah c'est sûr qu'on se la prend pas, là !

Il y avait aussi le fait que Dominique Farrugia était aux commandes. Je suis encore sous influence. Je m'explique : tout le monde adore Dominique Farrugia. Co-fondateur des Nuls, créateur de la chaîne Comédie, etc... Il ne m'a pourtant quasiment JAMAIS fait rire, ni lui, ni ses jeunes talents. Pas mon genre d'humour. J'aime le burlesque ou l'intello-burlesque (Woody Allen). Ou le déjanté. Ou les dialogues percutants. Pas trop le comique de situations (sauf s'il est vraiment très réussi). Farrugia est cependant tellement encensé partout que je crois toujours que ça va être drôle... Et chaque fois je suis épouvantée. Cette fois, je crois que j'ai compris la leçon...

Scénario archi vu et revu, comédiens en roue libre (pauvre Richard Berry...), plein d'invraisemblables (le mec qui se fait virer et signe sans commentaire, jamais vu ça de ma vie !) quelques gags plats comme une photocopie. Pas de rôle féminin, à part une gourdasse et une fliquette noire qu'est là pour respecter les quotas ; on sent que Farrugia est vachement attaché à l'image de la femme et à l'opinion d'une partie de son public...

Pouah. J'ai tenu le coup jusqu'au bout parce que mon chéri, ça l'a un peu amusé (il est beaucoup plus indulgent que moi en comédies ; c'est vrai que c'est un genre qui ne m'inspire que fort rarement) et moi je me suis un peu... endormie.

Le problème, c'est que ce soir, il y a une autre comédie française qui me fait craindre le pire. Mais le loulou, je crois bien qu'il va avoir envie de la voir. Je vais essayer de ruser mais c'est pas gagné...

Les critiques sont presque sympathiques : on ne s'attaque pas au monument Farrugia, je vous le disais ! Au moins un qui ne mâche pas ses mots : "La réalisation de Dominique Farrugia est d'une platitude absolue, les personnages caricaturaux et les gags affligeants." (Métro).

Quand on lit que Richard Berry a déclaré "trouvé ce scénario particulièrement bien écrit, fourmillant de nombreux rebondissements et de situations qui, au fil de l’histoire, me paraissaient extrêmement drôles"... on se dit que, plus hypocrite, ça n'existe pas ! La promo, opération obligée désormais, ainsi que les bandes-annonces sont devenues de vrais pièges à gogos...