Istanbul

Par Nicolas Chappuis

La Reine des Villes, la Ville des Villes, la Porte de la Félicité,… Les qualificatifs les plus élogieux n’ont pas manqué, au cours des siècles, pour désigner Byzance, Constantinople ou Istanbul. Ville impériale s’il en est (successivement capitale des Empires Romain, Byzantin, Latin et Ottoman), métropole polymorphe et englobant, si elle a change de nom au cours de ses quelques 1700 années d’histoire mouvementée, la fascination qu’elle suscite, elle, est restée intacte.

A cheval sur deux continents, Istanbul demeure la pôle culturel et économique de la Turquie.

La ville est traversée en son coeur par le majestueux Bosphore, détroit de 32 km de long qui sépare l’Europe de l’Asie.

La partie européenne, où vivent près des deux tiers des stambouliotes, est coupée en deux par la Corne d’Or, une ria de 7 km formant un port naturel à l’abri des courants violents du Bosphore.

Istanbul ne cesse de charmer le visiteur.

En effet, comment rester insensible à ses ruines séculaires, à ses saveurs exotiques, à ses multiples contrastes ? Un seul coup d’oeil sur trésors d’architecture byzantine et ottomane comme les palais des sultans et les mosquées vieilles de 1 500 ans suffit pour comprendre combien Istanbul est particulière.

Istanbul est faite de métissages entre influences Européennes, Asiatiques, Arabes, Assyriennes, Arméniennes, Grecques, musulmanes et chrétiennes, qui lui confèrent à la fois une richesse singulière et un petit air de microcosme. De fait, il est difficile, pour la plupart des expatries, de s’y sentir véritablement dépayses, ou ne pas réussir à apprivoiser la ville, tant les facettes qu’elle offre a voir sont variées. Au fil du Bosphore, on balance entre Orient et Occident, entre tradition et modernité, cheminant tantôt dans des quartiers aux allures villageoises, tantôt dans une métropole du XXIème siècle, tentaculaire et insomniaque. Sa silhouette, reconnaissable entre toutes, faite de longs minarets qui se découpent au sommet des collines (le mythe veut que Byzance ait été fondée autour de sept collines, comme Rome), de coupoles de marbre et de plomb, de murailles, de tours et de gratte-ciels, vous semblera vite familière.

Aujourd’hui, la mégalopole du Bosphore s’est lancée dans une course folle à la modernité qui se traduit par une politique de grands travaux. Partout, des quartiers futuristes hérissés de grattes-ciel et truffés de "malls" géants sortent de terre : tournant résolument le dos aux clichés orientalistes qui ont forgé sa légende, l’ancienne Constantinople s’invente un nouveau destin.