Enfants du Paradis

Publié le 18 juillet 2014 par Petistspavs

"Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour".


Photo de tournage des Enfants du Paradis

J'ai choisi un banc, Bd Richard Lenoir, au grand soleil, mes deux paires de lunettes, de vue, de soleil, m'aidant à lire. J'ai ouvert ma chemise pour accueillir la chaleur. C'était un très bon moment. Un moment de paix.

Pendant ce temps, un avion de ligne se faisait descendre, 300 morts, mais à l'heure qu'il est, on ne sait pas bien par qui, les pro-russes, les anti-russes. Au secours ! Fachos de droite, du centre ou de la gauche, laissez vivre les gens qui ne demandent rien, sinon de voyager. En Palestine, trois enfants morts. Je n'ai pas compris, ils s'ajoutent aux quatre enfant d'hier ou on doit les en retrancher. Ils sont retranchés, de toute façon, par un hasard imbécile de localisation, ils portent le signe moins au plus profond d'eux. Au secours, quand même, mais il ne faut pas déconner, chacun sa merde, il n'y aura pas de secours. La planète marchande est trop grande, la planète de la souffrance est sans fin.

Terrorisé je suis par tout ça, terrorisé, parce que je viens d'entendre ce mot dans une chanson. Même les chanteurs sont terrorisés, alors on attend le prochain exode vers... vers rien. Ce qui rassure, c'est la civilisation, on est en plein dedans. On prendra les voitures. On reproduira les embouteillages du weekend du 15 août, mais au bout, il n'y aura ni maison coquette, ni hôtel cher mais on s'en fout, on a les moyens et les autres peuvent crever. Changement de cap, c'est plus les autres, si, on se rappelle Sartre, une seconde avant de fermer les yeux, "l'enfer c'est les autres".

Et j'apprécie que Charlie Hebdo pose la vraie question à propos de la double nationalité : raciste ou antisémite, il faut choisir, selon Barbie Le Pen dans un dessin de Riss.

On oublie Sartre, on oublie tout, on court partout avec en tête "refuge, refuge", mais non mon gars, mais non ma fille, il n'y a pas de refuge, il y a juste le feu, tu ne sais pas d'où il vient, mais c'était ton destin de faire une jolie image en vidéo où ton corps se tord comiquement dans les flammes jusqu'à la fin du film et comme dans le temps, il est marque FIN sur l'écran.

J'ai écrit presque tout ça hier soir, après une journée tranquille, marquée par une vision de la grâce incarnée au réveil, une conversation fouillant les profondeurs, l'après-midi, puis l'acceptation de cette luminosité particulière que nous offre Paris, parfois, certains soirs d'été.

Il faut une vidéo pour terminer et j'ai découvert ces images étonnantes montrant Miles Davis improvisant la musique d'Ascenseur pour l'échafaud, suivi par une étrange interview de Louis Malle par François Chalais, le réalisateur un peu intimidé par l'interviewer institutionnel du Festival de Cannes, à l'époque.

Bonne fin de vie à ceux qui vont mourir ce soir ou cette nuit et bon courage aux autres.