Les éoliennes volantes débarquent bientôt

Publié le 22 juillet 2014 par Bioaddict @bioaddict

Alors que l'énergie éolienne se développe en Europe et dans le monde, sur terre et dans les mers, les scientifiques imaginent maintenant des prototypes capables d'évoluer à plusieurs centaines de mètres d'altitude. ¤¤ Eolienne volante : l'Humanité pourrait se reposer entièrement sur cette technologie, puisque l'exploitation de 1% des vents de haute altitude du globe permettrait de satisfaire 100% de nos besoins. 

Les prototypes aujourd'hui à l'étude sur les différents continents sont de deux catégories : en forme de cerf-volant, et en forme de ballon rempli d'hélium intégrant une turbine. La raison de leur existence tient d'abord à la volonté de résoudre un problème majeur des éoliennes situées au ras du sol : leur production intermittente. En dépit des améliorations techniques opérées sur les dernières années, les éoliennes terrestres disposent d'un facteur de charge d'en moyenne 24% (ce qui signifie que les conditions de vent permettent de les exploiter à 24% de leur potentiel maximal), contre 34% pour les éoliennes offshore qui disposent de vents plus constants. Une éolienne volante, placée à une altitude de plus de 100 mètres, pourra capter en continu un vent d'environ 100 km/h, ce qui permet de maximiser son potentiel et donc sa rentabilité. La capacité de production totale d'une éolienne volante pourrait être le quintuple de celle d'une éolienne terrestre de grande taille, soit de quoi satisfaire la consommation annuelle de mille foyers.

Par ces prototypes, le plus abouti aujourd'hui est le BAT (Buoyant Airborne Turbine) de la société américaine Altereos Energies, une émanation du Massachussets Institute of Technology (MIT). Il s'agit d'un ballon géant gonflé d'hélium et équipé d'une turbine, déployé à 300 mètres d'altitude au-dessus de l'Alaska. C'est la première fois qu'un prototype est déployé à une telle altitude et dans un environnement aussi rude : c'est pourquoi le BAT a été conçu pour résister à des vents allant jusqu'à 160 km/h. En cas de vent trop fort, le système est arrimé au sol par trois câbles qui lui permettent de se rapprocher du sol. Ces câbles lui permettent aussi de s'orienter automatiquement pour faire face au vent, afin de toujours profiter des courants. Le coût de production de l'énergie, actuellement très élevé, pourrait être divisé par cinq pour faire de l'éolien volant une énergie rentable à moyen terme.

En plus de fournir une production continue, les éoliennes volantes permettent de résoudre les deux autres problèmes habituellement liés aux modèles terrestres et maritimes. Ces dernières coûtent cher à mettre en place et reposent sur de gigantesques mâts portés par d'imposantes fondations en béton, dont la production est très polluante. Les éoliennes volantes sont au contraire reliées par de simples câbles, ce qui constitue la structure la plus légère possible : elles sont donc plus "green". Ensuite, les éoliennes terrestres font parfois la polémique après que des riverains les aient accusés de défigurer le paysage, tandis que les parcs d'éoliennes offshore peuvent gêner la circulation des bateaux en mer. En comparaison, les éoliennes volantes sont particulièrement discrètes, puisqu'on ne les voit pratiquement pas du sol. Le seul danger serait qu'elles gênent la circulation des vols de ligne, c'est pourquoi les experts préconisent plutôt de les implanter dans les zones peu fréquentées et en haute mer.

Dans l'absolu, l'Humanité pourrait se reposer entièrement sur cette technologie, puisque l'exploitation de 1% des vents de haute altitude du globe permettrait de satisfaire 100% de nos besoins. En attendant cette époque, l'éolien volant devrait équiper en premier lieu les endroits difficiles d'accès ou n'étant pas raccordé au réseau par un point de livraison, à l'instar des îles en haute mer et des refuges de montagne. Rendez-vous en 2020 pour l'arrivée des premières offres commerciales !

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