APPRENTISSAGE: Ces cellules qui verrouillent nos souvenirs – Current Biology

Publié le 26 juillet 2014 par Santelog @santelog

Pour que l’apprentissage laisse une trace mnésique, certaines connexions doivent se stabiliser. Sans l’intervention des astrocytes, des cellules non neuronales en forme d’étoile, les synapses ne pourraient pas persister dans le temps et consolider les connaissances liées aux apprentissages. Une équipe de l’Université de Genève (UNIGE) décrypte ce mécanisme cellulaire impliqué dans la stabilisation à long terme des connexions entre neurones. Ces nouvelles données, présentées dans la revue Current Biology permettent de faire avancer la connaissance sur certaines maladies neurodégénératives et neuro-développementales.

La plasticité cérébrale ou la capacité des neurones à faire évoluer leurs connexions pour rendre certains circuits nerveux plus efficace permet la mémoire et l’apprentissage. Tout au long de notre existence notre cerveau se modifie ainsi en réponse aux apprentissages que nous faisons ou à ce que nous mémorisons, expliquent les chercheurs de l’Unige. Les synapses qui permettent la connexion entre neurones ont aussi leur «  plasticité  », elles se forment et disparaissent en permanence. Elles sont enveloppées de cellules non neuronales, les cellules gliales, dont ces «  fameuses  » astrocytes, reconnaissables à leur forme étoilée et objet de l’étude cette étude de l’Unige.

Ici les chercheurs ont augmenté l’activité neuronale de souris en stimulant leurs moustaches et observent que cette stimulation augmente les mouvements des astrocytes autour des synapses ; enveloppées par les astrocytes, les synapses se réorganisent de manière à «  vivre  » plus longtemps. Enfin, ce phénomène est très spécifique aux connexions entre neurones impliqués dans l’apprentissage. « En résumé, plus les astrocytes enveloppent les synapses, plus ces dernières persistent dans le temps, permettant ainsi à l’apprentissage de laisser une trace mnésique« , précise Yann Bernardinelli, auteur principal de l’étude.

Plasticité des astrocytes, survie des synapses et traces mnésiques : La découverte de ce mécanisme suggère que les astrocytes contribuent de manière importante aux processus d’apprentissage et de mémoire, des processus déficients dans de nombreuses maladies neurodégénératives et neuro-développementales comme la maladie d’Alzheimer, l’autisme ou le syndrome de l’X fragile. Les astrocytes se révèlent ainsi une cible clés dans le rétablissement des mécanismes cérébraux permettant l’apprentissage et sa mémoire.

Source: Current Biology July 17, 2014 doi.org/10.1016/j.cub.2014.06.025 Activity-Dependent Structural Plasticity of Perisynaptic Astrocytic Domains Promotes Excitatory Synapse Stability et Communiqué de l’Unige Comment le cerveau stabilise ses connexions pour mieux apprendre