Aliens Infestation : De l’acide rétro dans les veines

Publié le 06 août 2014 par Be-Games @be_games
N3DS

Publié le 6 août 2014 par spacecowboy

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Aliens Infestation : De l’acide rétro dans les veines  

Entre jouer à Aliens Colonial Marines ou faire un voyage intergalactique à bord du Nostromo en compagnie de son huitième passager, certains auraient choisi la deuxième option à ce qu’il paraît. Mieux valait ignorer ce désastre ludique et attendre la prochaine adaptation, Alien Isolation, qui peaufine toujours son image de jeu horrifique parfait. Tout en comblant les longues journées qui nous séparent de la sortie en octobre avec une petite carte DS : Aliens Infestation.

Comme la première victime du Nostromo atteint de crampes au ventre, Aliens Infestation était-il au mauvais endroit au mauvais moment ? Aurait-il mal choisi son endroit en infestant tardivement la Nintendo DS alors que la 3DS était déjà sortie. Ou se serait-il trompé de moment en adoptant une représentation 2D à défilement horizontal qui le rendait potentiellement has been ? Ou bien est-ce nous qui sommes trop stupides pour ne pas voir plus loin que le bout de notre lance-flammes ?

Aliens Infestation, c’est l’histoire de quatre marines coloniaux qu’un commandant envoie là où ils pourront se dégourdir les gâchettes. Comme il se doit, ils ne savent pas à quoi s’attendre, comme nous d’ailleurs, puisque le scénario ne suit pas celui des films. Certaines scènes rappelleront néanmoins de grands moments de la série fondatrice, comme ce chat (un ami de Jones) qui s’amuse à nous faire sursauter - pour ne citer là qu’un clin d’œil mineur.

L’aventure commence sur l’USS Sulaco, un vaisseau spatial bourré de passages inaccessibles avant d’avoir trouvé une clé anglaise, des explosifs ou des selfies d’alien. On y progresse donc à la Metroidvania, avec les allers-retours d’usage et le bonheur de débloquer LA zone qu’on avait entrevue dès les premiers pas. Le système est connu et fonctionne toujours très bien pour peu que les promenades soient chahutées. Et c’est le cas, même un peu trop, le respawn étant une caractéristique de la vermine extraterrestre.

  • Ah, on fait moins le malin maintenant !

  • De bons oeufs frais

  • Coucou !

Alien, c’est soit un spécimen d’élite qui décime presque tout un équipage, soit un troupeau de fauves décérébrés qui se jettent devant les fusils. Aliens Infestation se situe entre ces deux modèles : la Reine a pondu une bonne centaine d’œufs, mais chaque rencontre avec un rejeton est stressante. Un seul xénomorphe est incapable de vider toute votre barre de vie, mais l’un après l’autre, ils peuvent vous en grignoter suffisamment pour vous terrasser avant la prochaine salle de sauvegarde. Vous, ou plutôt un membre de votre équipe de quatre marines maximum. Et mieux vaut ne pas sauvegarder quand votre quatuor s’est réduit à un solo, parce que les quelques boss sont des tueurs confirmés. L’unique slot de sauvegarde rend cette sanction définitive et vous oblige à recommencer la partie depuis le début. Ce qui apparaît comme une restriction technique ridicule au(x) premier(s) game over se justifie au fur et à mesure quand on comprend l’orientation du jeu.

Avancer prudemment et ménager ses marines, voilà la seule manière de venir à bout de ce jeu difficile. Puis, il y a l’objectif final et l’objectif personnel : ne pas abandonner un marine auquel on tient. Parce qu’on s’y attache à ses soldats, très typés et souvent déjantés (assez pour s’embarquer dans des missions de ce genre). Quand un soldat est perdu au combat, il laisse une place pour un allié qu’il s’agira de repérer dans le labyrinthe. Aliens Infestation compte au total une vingtaine de personnages bien loufoques, qui assurent un ton décalé grâce auquel l’atmosphère n’est jamais réellement lugubre, malgré le stress de la défaite omniprésent. Un bon stress de jeu en somme.

À l’époque de la 3DS et de la Vita, Aliens Infestation semble ne pas avoir lu le cahier des charges. Représentation 2D, passe encore, mais pas beaucoup de profondeur dans les décors, pas de cinématique ni de dessins au style « flash », ça sent le vieux. Ici, le sorteur n’a pas bloqué les pixels à l’entrée et les laisse se trémousser sur les sprites et les décors. Faut aimer donc. Mais si c’est votre cas, vous admirerez les superbes animations des marines ou des différents ennemis. Vous apprécierez aussi les combats, qui font intervenir une bonne palette de mouvements équilibrée par la gestion de la fatigue. Les armes, enfin, sont fun à manier, à voir en action et à écouter mitrailler ou fumer.

On pourrait disserter infiniment sur l’aspect moderne ou non du jeu sans pouvoir trancher la question. En revanche, il est absolument certain qu’Alien Infestation aurait fait un carton sur les générations 16 et 32 bits. Dans un style plus décontracté et moins grandiloquent, il aurait même pu devenir un classique comme l’ont été Super Metroid sur Super Nintendo et Castlevania Symphony of the Night sur Playstation. Alors, plutôt que de rejouer pour la dixième fois à ces monuments, autant découvrir un autre jeu « comme on les aime ». C’est WayForward qui régale, un développeur que Be-Games adore après ses Mighy Switch Force, Shantae, Contra IV et le remake de Duck Tales.

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Conclusion : Aliens Infestation possède les qualités d’un classique du genre Metroidvania. En fin de vie de la Nintendo DS et perdu dans sa logithèque colossale, il n’a pas eu la chance qu’il méritait. Mais il est toujours temps de la lui donner si vous possédez une DS ou une 3DS.

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