Black Storm

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : Into the Storm
Note:
Origine : États-Unis
Réalisateur : Steven Quale
Distribution : Richard Armitage, Sarah Wayne Callies, Jeremy Sumpter, Nathan Kress, Max Deacon, Arlen Escarpeta, Alycia Debnam-Carey, Matt Walsh, Kyle Davis…
Genre : Catastrophe/Aventure/Found Footage
Date de sortie : 13 août 2014

Le Pitch : Dans la petite ville de Silverton, un professeur supervise une remise de diplômes tandis que ses deux fils s’occupent de filmer l’événement. En parallèle, à quelques kilomètres de là, des chasseurs de tornades pistent une super tempête. Tous s’apprêtent à subir les assauts d’une série de tornades à la puissance dévastatrice exceptionnelle…
La Critique :
18 ans qu’Hollywood ne s’était pas intéressé sérieusement aux tornades. On compte bien sûr de multiples séries Z fauchées aux noms aussi évocateurs que F6 Twister ou encore Super Tornado, sans oublier les deux Sharknado, mais rien de véritablement convainquant d’un point de vue strictement technique. Des navets destinés à la télévision et au marché vidéo, qui laissaient Twister de Jan De Bont, tranquille sur son trône, lui qui, en 1996, avait finalement posé les bases du pur film de tornade, grâce notamment à des effets visuels révolutionnaires, aujourd’hui encore impressionnants.

Black Storm déboule ainsi dans un paysage cinématographique déserté par les tornades. Du moins pour ce qui est des œuvres uniquement centrées sur ce phénomène climatique précis. En somme, de quoi devenir potentiellement la nouvelle référence du genre. Et d’ailleurs, c’est précisément ce que la bande-annonce suggérait… Le hic, et il n’est anodin, c’est que Black Storm semble prendre un malin plaisir à enfiler les clichés les plus énormes. Certes, dans ce genre de trip, c’est le spectacle qui prime, mais quand même. Quand Twister parvenait à installer des enjeux simples et efficaces et une solide empathie via des personnages attachants, campés par des acteurs talentueux et inspirés, Black Storm fait l’inverse. Son scénario est tout aussi simple, mais jamais on ne vibre vraiment pour ces protagonistes sans relief.

Tout y passe : le père célibataire qui profite du drame pour se rapprocher de ses deux enfants, la mère courage soucieuse d’avoir laissé sa petite fille trop longtemps, le chasseur de tornades arriviste prêt à tout pour boucler son documentaire, la jouvencelle en péril, etc… Rien n’échappe à la tempête de clichés qui dévaste littéralement un scénario cousu de fil blanc. Un script squelettique handicapant la progression d’une histoire rabattue mais pourtant potentiellement forte, car directement liée aux conséquences du passage des tornades.

Bien heureusement, les tornades assurent. Curieusement, Steven Quale (« célèbre » pour son fadasse Destination Finale 5) a opté pour le found footage afin de mettre en boite son film. Peut-être histoire de multiplier les angles de vues, quitte à s’y perdre. La bonne nouvelle, c’est que la majorité des caméras qui nous offrent les images, sont de bonnes qualités. Pas beaucoup de caméscopes tout nazes ou de téléphones portables ici ; la plupart des images provenant du matériel de l’équipe de chasseurs de tornades. Parfois, on perçoit l’action à travers l’objectif d’un hélicoptère de la télévision et parfois, ce sont des caméras de surveillance qui prennent le relais. Quelquefois, on ne sait pas du tout qui ou quoi filme, et on se dit que le réalisateur a décidé de laisser momentanément tomber le procédé. Une preuve de plus du caractère un poil bordélique de l’entreprise de destruction massive qu’est Black Storm. Du found footage donc, mais pas du genre gerbant. L’idée est même plutôt bonne, car assez immersive. Suffisamment en tout cas pour sublimer d’incroyables effets-spéciaux tout bonnement hallucinants. Et tant pis pour le réalisme. Dans Black Storm les tornades se multiplient et/ou sont de proportions bibliques. Quand il s’emballe, après une introduction assez molle et laborieuse, le film assure le principal, à savoir en mettre plein les yeux. Les maisons volent en éclats, les voitures sont propulsées dans les airs, le feu s’engouffre dans les vortex, et un aéroport est entièrement détruit. Du grand spectacle, bien filmé, et complètement jubilatoire pour quiconque aime ce genre de chose. C’est quand les tornades que l’on est venu voir, prennent possession de l’écran que Black Storm justifie son existence. En cela, rien à redire, si ce n’est un ou détail trahissant un goût pour le grand n’importe quoi un peu gênant. De quoi oublier momentanément le scénario bancal et la transparence des personnages, campés avec mérite, mais un peu en vain, par des acteurs malheureusement transparents (à noter la présence de Richard « Thorin Écu-de-Chêne »Armitage et de Sarah « Prison Break » The Walking Dead » Wayne Callies). Film estival par excellence, Black Storm s’oublie rapidement. Les tornades de Twister peuvent continuer à tourner tranquilles. Cela dit, sur grand écran, avec le son au taquet, le show est parfois grandiose et arrive à traduire la puissance de phénomènes aussi fascinants que destructeurs.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Warner Bros. France