Rock en seine │ 12 questions pour la 12ème édition

Publié le 20 août 2014 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Comme avant chaque rentrée, un dernier rendez-vous musical est donné aux festivaliers de l’été, dans le beau parc du Domaine de St-Cloud, aux portes de Paris. Rock en Seine, pour sa douzième édition, se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 août. L’occasion de se poser douze questions, pour bien préparer son festival.

QUEL SERA LE MEILLEUR CONCERT ?

Après tout, c’est pour ça qu’on y va, à un festival. Pour voir un super concert, celui qui vous marque encore des années, celui dont on nargue tout le monde parce que « on y était », celui dont on a même tendance à enjoliver les quelques défauts pour que tout soit parfait. Nos paris : côté français, Petit Fantôme (lire notre interview) devrait finir de charmer ceux qui n’ont pas encore rencontré son chemin. Côté headliner, Portishead, Lana Del Rey et Queens Of The Stone Age vont certainement séduire leur public séduit d’avance – ceux des autres, c’est moins sûr. Gageons aussi qu’on aura du mal à échapper aux avis unanimes des groupies de Mac DeMarco, Die Antwoord et surtout Arctic Monkeys.

QUELLE SERA LA PIRE DÉCEPTION ?

Quand on voit plus de dix concerts en un week-end, il y a malheureusement toujours un concert qui déçoit un peu : que ce soit l’artiste qui soit fatigué ou les jambes, on trouve toujours une bonne raison pour dire que « c’est pas terrible, hein ? » à son voisin. Cette année, on craint que Blondie, Flume, La Roux ou Kavinsky ne reçoive le prix du « concert devant lequel on a pas tenu plus du quart d’heure réglementaire », mais on est jamais à l’abri d’une surprise.

QUI SERA LA MEILLEURE SURPRISE ?

Si on est parfois déçu, on se retrouve parfois devant un artiste qu’on connaît peu ou pas du tout, et qui attire notre attention sans qu’on s’y soit attendu, jusqu’à devenir le plus acharné des fans en moins d’une heure. C’est fou, et c’est le principal intérêt d’un festival. On a déjà parlé ici de Petit Fantôme, on peut donc supposer que Fat White Family, Thee Oh Sees ou Traams séduiront aisément un public venu par confiance envers la programmation du festival sans avoir épluché tous les artistes. Et puisqu’on parle de surprises, il y a souvent des petites surprises entre artistes, comme Stromae qui est monté sur scène avec Major Lazer l’année dernière, ou Zach Condon de Beirut avec Arcade Fire en 2010.

QUEL SERA LE PIRE DILEMME ?

En festival, dès qu’il y a plus de deux scènes, il y a toujours des artistes qui se chevauchent. Quand ça dure 3 jours, on y coupe pas, et il y a forcément un moment où il faut faire un choix. Le dilemme de Rock en Seine le plus mémorable, c’était en 2010 : hésitation (pour certains) entre Arcade Fire et Crystal Castles. Ceux qui ont fait le choix des auteurs de Neon Bible, ont pu assister au mémorable final sous la pluie battante, 30 000 festivaliers reprenant Wake Up d’une seule voix. Cette année, on prévoit quelques clash difficiles à résoudre dès lors qu’on possède des goûts un tant soit peu variés : Wild Beasts vs Traams, Arctic Monkeys vs Trentemøller le vendredi, Portishead ou Joey Bada$$ le samedi, Warpaint vs Fat White Family, QOTSA vs Cut/Copy le dimanche. On sera forcément un peu déçu d’avoir raté tel groupe, ou extrêmement heureux d’avoir fait tel choix, mais ça suppose qu’il aura fallu prendre un risque à un moment donné.

QUI VA ANNULER ?

Rock en Seine se coltine depuis quelques années une réputation de « festival maudit », dûe notamment à l’annulation au dernier moment d’Amy Winehouse en 2009 et à la séparation d’Oasis en backstage à quelques minutes de monter sur scène en 2010. Depuis, un sacré nombre de crasses sont arrivées au festival. Pour le coup, c’est une question rhétorique, puisqu’on sait déjà que Volbeat a annulé (le remplaçant devrait être annoncé sous peu) mais on est pas à l’abri d’une extinction de voix de Lana Del Rey ou d’une perte d’ordinateur de Kavinsky. En espérant tout de même que la programmation reste intacte.

QU’EST-CE QU’ON VA MANGER ?

Le nerf de la guerre, pour tenir trois jours; et un des principaux avantages de Rock en Seine par rapport aux autres festivals français, c’est la diversité incroyable des stands de bouffe proposés. On est loin du stand de burger sec, du kebab avec plus d’oignon que de viande, du cornet de frites tellement noyé sous le ketchup qu’on renonce à y plonger les doigts, avec un vrai choix proposé parmi la trentaine de stands, du très classique au vraiment exotique. Comme tous les ans, un seul conseil : on sait que vous êtes pressés d’aller voir des concerts, mais s’il n’y a personne devant un stand, il vaudra mieux passer un petit quart d’heure à faire la queue au stand d’à côté (l’excellent restaurant argentin, par exemple) que de passer le reste de son festival aux toilettes.

QU’EST-CE QU’ON VA BOIRE ?

L’autre nerf de la guerre : l’an dernier, les gobelets à pinte étaient passés de 50cl à 40cl, soulevant une certaine hystérie sur les réseaux sociaux et aux comptoirs des bars. Quant à ce qu’on trouvera dedans… Côté bières, de la Kronenbourg, de la Skøll (servie en canette) et de la Guinness, si c’est comme l’année dernière. Mais n’oubliez pas de boire de l’eau, c’est important de s’hydrater, et il y a des points d’eau disponibles à peu près partout.

COMMENT ON VA S’HABILLER ?

Vous ne l’avouez pas en public, mais vous aimeriez bien vous faire shooter par les quelques photographes de mode qui cherchent à remplir les pages street style de leur magazines. Vu que ça nous est arrivé, nos trois conseils : arrêtez avec les t-shirts de Joy Division, arrêtez avec les couronnes à fleurs, arrêtez avec les shorts trop courts. Sur le reste, éclatez-vous, mais honnêtement : c’est pas l’endroit où vous pouvez porter vos plus belles pièces sans danger, un verre de vin rouge se renverse si facilement… Et n’oubliez pas de porter des chaussures adaptées, il y a environ dix minutes de marche (parfois plus quand le festival est complet) entre la Grande Scène et la Pression Live : croyez-nous, ça fait mal aux pieds au bout de trois jours.

QUAND EST-CE QU’ON ARRIVE SUR PLACE ?

Les débuts de journée à Rock en Seine font partie des moments qui rendent ce festival aussi agréable; on y a largement la place de circuler, les concerts sont souvent hyper bien, les gens présents sont de bonne humeur, et on peut se prélasser au soleil, assis dans l’herbe. Rien de mieux donc d’accélérer le mouvement dès qu’on a fini le déjeuner pour assister aux concerts dès 15h, et même 14h le dimanche.

ON FAIT QUOI ENTRE DEUX CONCERTS ?

Soit on va voir d’autres concerts (il y a toujours des concerts qui jouent), soit on mange, soit on se balade entre les différentes activités proposées : entre l’expo Rock’Art, les stands de jeux, le tout nouveau Village Du Disque : baladez-vous hors du chemin balisé des quatre grandes scènes, vous trouverez ce qui fait de Rock en Seine un des meilleurs festivals français. Cette année, on parle d’une…patinoire, située près de l’entrée du site.

OÙ EST-CE QU’ON SE RETROUVE ?

Le Domaine étant assez grand, il y a pas mal d’endroits où se donner rendez-vous assez facilement. Chaque endroit du site à ses petits points de rendez-vous facile, disons qu’il vous faut repérer l’herbe et la tranquillité. Sinon, la meilleure solution reste de trouver le stand partenaire le plus proche et le plus voyant et de se donner rendez-vous devant. Quant à la question « comment on se retrouve ? » : Par texto – fuyez les iMessages, DM, Snaps et autres inbox qui n’arrivent jamais. Coupez la data de votre téléphone pour économiser votre batterie, ça vous sera utile en fin de soirée. La petite astuce des vrais festivaliers, c’est de mettre l’heure à la fin de son texto pour ne pas se retrouver inutilement à l’autre bout du festival une heure après que celui qu’on essaie de rejoindre y soit (si c’est pas clair, c’est que vous n’avez jamais été jusqu’à la scène Pression Live parce que vous avez reçu un « Viens à la PL » à 20h10 alors qu’il avait été envoyé à 18h). Sinon, vous pouvez aussi tenir vos potes en laisse, mais pas sûr qu’ils acceptent.

ON Y VA ?

Mais oui on y va ! Venez faire la fête une dernière fois avant la rentrée, venez danser, venez juger, venez manger, venez vivre avec nous pendant trois jours. Aller à Rock en Seine c’est la meilleure chose à faire pour lutter contre le blues de fin d’été. Depuis l’année dernière, la programmation a pris un tournant plus indie, en faisant la part belle à des plus petits groupes, sans sacrifier les têtes d’affiches populaires. Pari gagné l’année dernière, après une belle édition quasi-complète, et un certain renouveau côté public.

Rock en Seine, du 22 au 24 août, Domaine de St-Cloud, la fête.