[Critique] NOS ÉTOILES CONTRAIRES

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] NOS ÉTOILES CONTRAIRES

Titre original : The Fault In Our Stars

Note:
Origine : États-Unis
Réalisateur : Josh Boone
Distribution : Shailene Woodley, Ansel Elgort, Nat Wolff, Willem Dafoe, Laura Dern, Sam Trammell, Milica Govich, Lotte Verbeek…
Genre : Drame/Romance/Adaptation
Date de sortie : 20 août 2014

Le Pitch :
Gravement malade, Hazel Grace, 17 ans, partage son temps entre les hôpitaux, son canapé et son lit. Solitaire et déprimée, la jeune fille accepte néanmoins de se rendre à une réunion de soutien pour les malades du cancer, pour faire plaisir à ses parents. C’est là qu’elle rencontre Gus, un garçon séduisant, plein d’entrain et d’humour, en rémission depuis plusieurs mois. À son contact, Hazel Grace commence à s’ouvrir à la vie, oubliant un peu son quotidien morose. Tout naturellement, des sentiments amoureux commencent alors à naître…

La Critique :
Il y a certains sujets plus difficiles à aborder que d’autres. La maladie en fait irrémédiablement partie. Surtout si elle est incurable comme c’est le cas dans Nos Étoiles Contraires et son héroïne devant composer avec la menace constante d’une aggravation de son mal, tout en essayant de mener une existence aussi normale que possible.
Ce sujet, certains films l’abordent de la pire façon qui soit, avec un maximum de complaisance et un débordement de bons sentiments noyant au final la dramaturgie du propos.
Ce n’est pas le cas de la seconde livraison de Josh Boone…

Adaptation du roman d’un certain John Green, Nos Étoiles Contraires rentre d’emblée dans le vif du sujet. En voix off, Hazel, la jeune fille campée par Shailene Woodley, avertit le spectateur qu’il n’est pas devant une énième fable édulcorée et classique, nous promettant ainsi quelque chose d’un peu brutal et de réaliste. Bonne nouvelle, la promesse est largement tenue.
Si elle fait écho à Love Story, à Un Automne à New York et à bon nombre de romances dévastées par la maladie, l’histoire de Nos Étoiles Contraires adopte alors une tonalité plutôt sombre, sans pour autant tomber dans un désespoir trop plombant. Un peu comme avec le récent -et excellent- Now is Good, avec Dakota Johnson, pas grand chose ici n’est édulcoré ou passé sous silence.
En découle une trajectoire de vie à l’issue connue à l’avance, racontée avec une pudeur remarquable, y compris quand intervient un dénouement encore plus déchirant.

Si Nos Étoiles Contraires est une réussite, ce n’est pas particulièrement grâce au réalisateur. John Green fait le job, mais sans trop de flamboyance ni de style. Sa mise en scène est certes épurée, et en cela pertinente, mais jamais véritablement inspirée, voire carrément insipide, quand ce dernier se contente d’invoquer des gimmicks ultra classiques.
Rien de déshonorant en somme, mais il est dommage de déplorer ce manque d’inspiration, compte tenu du scénario, quant à lui à contrario très inspiré.
L’histoire est simple, mais elle n’oublie rien. Elle raconte une romance difficile, car devant lutter contre un mal incurable, modifiant sans cesse la donne. Tous les éléments s’imbriquent les uns aux autres avec un naturel confondant. Deux heures durant, le script n’en fait jamais trop. Il fait mouche, convoque une émotion pénétrante, authentique et bouleversante, et sait quel angle adopter pour ne pas tomber dans les pièges faciles de ce genre d’exercice.
On vibre devant la lutte finalement pleine d’optimisme, et pourtant cruellement lucide, de Hazel, mais aussi devant ses échanges amoureux avec ce jeune homme exalté. On est ému devant le désarroi de ses parents et devant le courage qu’il émane de l’ensemble. Nos Étoiles Contraires s’attache à une courte période. Courte mais déterminante, car caractérisée par une fulgurance inouïe de sentiments salvateurs.
Et si tout ceci fonctionne si bien, si le film est aussi bouleversant et beau, c’est aussi -et surtout- grâce à Shailene Woodley. Certes Ansel Elgort ne démérite pas et fait éclater une pertinence bienvenue après sa performance plutôt fade dans Divergente (où il jouait le frangin de Miss Woodley), mais c’est la jeune comédienne qui explose. 2014 restera comme une année déterminante pour Shailene Woodley qui a su enchaîner deux excellents films indépendants (celui-ci et The Spectacular Now) avant de donner à son tour dans le blockbuster adolescent à succès. Shailene profite de ce genre de long-métrage pour laisser s’exprimer une grâce incroyable, alliée à une maturité étonnante et à une capacité à donner corps à des émotions complexes, avec un naturel confondant.
À ses côtés, loin de faire tapisserie, le trio Willem Dafoe-Laura Dern-Sam Trammell offre de solides bases à l’actrice et finit de donner au film un prestige qui n’est en rien feint ou préfabriqué.

Entre d’autres mains, Nos Étoiles Contraires aurait pu être très grand. En l’état, il reste tout même grand. Succès fulgurant du box office américain, il y a fort à parier qu’il acquiert un statut de film culte très rapidement, pour tourner en boucle sur les platines à sa sortie en vidéo. La faute à ce petit quelque chose qui fait la différence. Qui offre ce supplément d’âme dont sont faites les œuvres générationelles.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : 20th Century Fox France

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