Les vieux fourneaux I. Ceux qui restent

Publié le 27 août 2014 par Adtraviata

Présentation de l’éditeur :

Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d’enfance, ont bien compris que vieillir est le seul moyen connu de ne pas mourir. Quitte à traîner encore un peu ici-bas, ils sont bien déterminés à le faire avec style : un oeil tourné vers un passé qui fout le camp, l’autre qui scrute un avenir de plus en plus incertain, un pied dans la tombe et la main sur le coeur. Une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations, qui commence sur les chapeaux de roues par un road-movie vers la Toscane, au cours duquel Antoine va tenter de montrer qu’il n’y a pas d’âge pour commettre un crime passionnel.

Je referme cette BD le sourire aux lèvres. Elle est réjouissante, cette histoire de trois papys partis sur les traces d’un quatrième complètement gâteux en Toscane. Accompagnés, conduits par Sophie, la petite-fille d’Antoine, le voyage se double d’une rencontre inter-générationnelle qui ne manque pas de sel. Les combats syndicaux, anti-système des uns se laissent électriser par la langue tout aussi verte de la jeune femme qui leur claque à la figure le monde que les vieux laissent aujourd’hui en partage aux jeunes. Ce fond social solide se laisse traverser par des bulles de tendresse, des surprises, des vacheries douces-amères qui permettent aux trois copains de tenir face au temps qui passe.

Si on ne s’ennuie pas une minute dans l’histoire, les dialogues, eux, sont croustillants. Qu’est-ce que j’ai ri parfois devant les réparties féroces de Pierrot !!

"- Ben ça y est, on a déjà une heure de retard. Tout ça pour te trouver des nippes d’après-guere.

- Oui, ben heureusement que M; Padoux m’a dépanné, hein…

- Une pelure en couille retournée et un pantalon trop court, j’appelle pas ça un dépannage. Si on croise la police du bon goût, on est bons." (p. 6)

"La vache, c’est vrai qu’il a rendu l’antenne, le vieux." (p. 48)

Le dessin de Cauuet est accordé au scénario, ça paraît bizarre mais c’est difficile pour moi de démêler histoire et dessin tant les deux se complètent bien (sûrement le signe d’une belle complicité entre auteur et dessinateur) : énergique, plein de personnalité, varié dans ses cadrages et ses ambiances de couleurs et plein d’humour rosse, comme dans les visages de ces personnages que j’aurai plaisir à retrouver dans le tome 2 de leurs aventures, qui paraîtra le 24 octobre.

Wilfrid LUPANO (Scénario) et Paul CAUUET (Dessin et couleurs), Les vieux fourneaux I. Ceux qui restent, Dargaud, avril 2014

Noukette en parle très bien et cite d’autres avis !


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