La condition pavillonnaire

Publié le 28 août 2014 par Stéphanie @Sariahlit
" La solitude. Voilà l'ennemi."
Divry Sophie
272 pages
Éditions Noir sur Blanc (2014)
Collection roman notabilia
La condition pavillonnaire nous plonge dans la vie parfaite de M.-A., avec son mari et ses enfants, sa petite maison. Tout va bien et, cependant, il lui manque quelque chose. L’insatisfaction la ronge, la pousse à multiplier les exutoires : l’adultère, l’humanitaire, le yoga, ou quelques autres loisirs proposés par notre société, tous vite abandonnés. Le temps passe, rien ne change dans le ciel bleu du confort. L’héroïne est une velléitaire, une inassouvie, une Bovary… Mais pouvons-nous trouver jamais ce qui nous comble ? Un romand profond, moderne, sensible et ironique sur la condition féminine, la condition humaine.

Extrait :
« D’une histoire commencée avant nous, et qui se continuera tant qu’on pourra tenir des cadastres et des conversations, édifier des murs, creuser au bulldozer, cultiver un potager, élever des enfants, tant qu’on pourra payer du géomètre, de l’ingénieur, de l’ouvrier ; tant qu’il sera possible de se réunir chez un notaire pour imprimer un acte de vente en quatre exemplaires dans un bureau climatisé. D’une histoire qui se continuera après nous tant qu’il y aura du couple pour y résider, s’aimer, nettoyer, bricoler, recevoir, vivre en somme ; tant qu’ils seront assez fertiles pour se reproduire, engendrant une famille de plusieurs membres et dans cette famille toi, la femme, M.A. »
Mon avis :
C'est la vie de M.-A.. On la suit tout au long de son existence de sa jeunesse jusqu'au dernier jour de sa vie. Le récit est coupé en trois parties. La première nous présente M.-A. lorsqu'elle est adolescente, ses études et son départ du cocon familial pour devenir indépendante. Une seconde partie, plus touffue, nous raconte sa vie de famille : de son mariage à sa vie de mère et d'épouse. Et une dernière où on la découvre dans le rôle de grand-mère.Ce récit dresse le portrait d'une femme qui pourrait être n'importe qui : vous, moi, elle. On nous présente sa vie comme un album photo auquel on tourne les pages pour retrouver une à une les différents clichés et ainsi revivre les moments forts de son existence. On y voit également l'évolution de la société – arrivée de la télé par exemple ou la question de l'écart entre les générations – dans laquelle l'individualisme prime. Mais, M.-A., notre héroïne, s'ennuie. Elle se questionne tout au long de sa vie sur sa réussite personnelle, sur sa condition de femme, d'épouse et de mère, sur sa propre liberté. Des « et si j'avais... ? » qui remettent en question son existence. L'auteure utilise la second personne du singulier pour impliquer le lecteur dans la vie de l'héroïne. Mais le « tu » donne aussi une sensation de distance par rapport au récit. Le ton est donc froid et distant ;on a une impression de tristesse et de détachement tout au long de l'histoire. C'est un récit banal sur le cycle de la vie et sur les choix à faire pour avancer, dans un style qui rend la vie de l'héroïne morne, ennuyeuse et sans réelle surprise dans le court de l'intrigue. Dommage car, au premier abord, l'ensemble paraissait prometteur.
La condition pavillonnaire