Syndicat, Passage Obligé?

Publié le 03 septembre 2014 par Hunterjones
Il y a des mots, des idées, qui d'une génération à l'autre se perdent.
Le mot "retraite" pour quelqu'un comme moi, refoulement professionnel oblige, est un mot auquel je n'accorde aucune signification, me considérant un bon 20 ans en arrière sur ma propre carrière.
Alors me retirer un jour? me retirer de quoi?
Le concept du mariage est tombé peu à peu pour les boomers, puis presque complètement pour nous.

La peur ou les complexes face à l'anglais est aussi quasi-inexistante pour nous et encore moins pour les plus jeunes.
Le concept de la syndicalisation n'est non plus pas évident pour notre génération (X, 1960-1981).
Personnellement, les syndicats m'ont coûté des jobs et non le contraire. Du salaire surtout. Et le reste est à venir. Jamais être syndiqué n'a été un avantage en ce qui me concerne. Travailleur autonome aujourd'hui, le syndicalisme est tout à fait impertinent pour quelqu'un comme moi.
Les travailleuses* dans les services de garde en milieu familial travaillent chez elles. Ce sont de braves gens qui gardent des enfants à leur propre domicile, elles paient tous les aménagements nécessaires, la nourriture, les jouets et accessoires, les fournitures. En échange de ses achats, elles exigent un montant de la part de parents et demandent une subvention au gouvernement. Les revenus moins les dépenses représentent ce qui leur reste comme salaire. Pas vraiment une fortune. Parfois même, on survole tout juste le niveau de la pauvreté. On ne fait pas un sou. On ne fait que du roulement.
Leur travail, tel que décrit dans le dernier paragraphe, confirme qu'il s'agit d'un travail de travailleuse autonome.

Toutefois, les syndicats se sont mis à baver au fil des années face au potentiel milliers de cotisants. Ils ont demandé un droit à la syndicalisation, ce que les tribunaux leur ont accordé. Mais encore faut-il convaincre les travailleuses des bienfaits d'un syndicat. Et là, ça bloque.
Avec un courage remarquable, les travailleuses en service de garde en milieu familial se sentent heureuses de leur situation et ne sentent pas le besoin de "renfort" de la part des syndicats. Elles veulent continuer à être traitées en travailleuses autonomes. Devant cette résistance de la part des travailleuses, les syndicats sont revenus devant les tribunaux afin de leur demander de l'aide.
Les tribunaux ont annoncé qu'ils plaçaient au sommet de leur liste de priorité le droit d'association syndicale pour les personnes qui ont les caractéristiques du travailleur autonome.
Peurdon?

Quelle partie du mot "non" ces gens ne comprennent pas?
Pourquoi mettre en haut d'une liste de priorités un modèle refusé?
Pour mieux le faire rentrer de force dans la gorge?
L'intérêt syndical est facile à comprendre mais il n'est pas qu'économique. Déjà que les services de gardes réguliers peuvent paralyser la province, vous imaginez le pouvoir des syndicats si en PLUS, ils réussissent à syndiquer l'ensemble de TOUTES les types de garderies au pays? (...qui n'est pas né, mais ça faisait une belle rime mélodique, calik...).
Le désintérêt des travailleuses est aussi facile à comprendre. Pourquoi tenir à être syndiqué si déjà, tout va bien, si on est satisfait de son statut de travailleuse autonome, pourquoi changer?

Ça me fait penser à la bataille d'Anne-Marie Goldwater inspirée du cas "Lola & Eric" voulant que les droits des gens non-mariés soient les mêmes que ceux des gens mariés.
Non, Non et renon.
Ne pas se marier EST un choix. C'est justement le choix de rejeter ce modèle de contrat amoureux.
Il en va de même pour les non-syndiquées. Elles rejettent ce modèle de "protection" au travail qui ne leur correspond pas.

Il faut respecter cette indépendance.
Présentement, des campagnes de "promotion" ressemblant beaucoup à du harcèlement et du chantage se tiennent à Montréal et ses environs.
Des oiseaux prédateurs chez les cardinaux.
Travailleuses, quand ils sonneront à votre porte, sortez le répulsif à oiseaux.

*L'utilisation du féminin est ici expliqué par la majorité sexuelle des gens qui occupent ce poste, mais bien entendu il existe aussi des travailleurs en service de garde en milieu familial.