Le coup de Valéry à François, sans doute le plus cruel de tous. La vengeance est un plat…

Publié le 03 septembre 2014 par Halleyjc

François Hollande a toujours pris un soin jaloux à maintenir à grande distance sa vie privée. Dans les dix dernières années, pourtant, celle-ci est systématiquement venue percuter, avec la régularité d'un métronome, sa trajectoire politique. Bien souvent à des moments particulièrement délicats, qui plus est avec fracas. C'est encore le cas avec la parution du livre surprise de Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment (Les Arènes, 330p., 20 euros), dont l'Elysée assure n'avoir pas eu connaissance avant mardi 2 septembre, deux jours avant sa sortie en librairie.

Une semaine après l'implosion inopinée du gouvernement, et alors que le climat au sein de la majorité n'a jamais été si tendu, le récit détaillé que livre l'ancienne compagne du président de sa relation avec ce dernier, c'est un euphémisme, tombe au plus mal. L'Elysée, sans surprise, ne consentait pas le moindre commentaire, mercredi 3 septembre au matin.

UNE TRAGI-COMÉDIE POLITICO-PERSONNELLE

Le témoignage de Mme Trierweiler, dont il faut souligner qu'elle défendait bec et ongles, dans le tailleur de première dame, son droit au respect de l'intimité, n'est au fond que le dernier chapitre, et non des moindres, d'une tragi-comédie politico-personnelle qui a vu, à épisodes réguliers, l'un des professionnels de la politique les plus dénués d'affect inexorablement rattrapé par l'intime.

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La première fois, ce fut au soir des législatives de 2007. L'annonce par Ségolène Royal de sa rupture avec M.Hollande avait bousculé tous leurs camarades, et dans la foulée les Français. Lesquels découvraient ce déchirement conjugal qui avait hanté la campagne présidentielle. Quand M. Hollande, assistant au printemps 2006 à l'envol politique de la mère de ses enfants, ne croyait guère à la pérennité de celle-ci, persuadé que la favorite des sondages d'alors exploserait en vol, et qu'il serait là pour empocher la candidature. Mauvais calcul.

Difficile, avec la révélation de la séparation, de ne pas revisiter la vie du PS de ces années-là à l'aune des relations entre M. Hollande et Mme Royal. Un « triangle des Bermudes », avait alors commenté Claude Bartolone, tandis que Manuel Valls s'affirmait, excédé à l'idée « que la vie politique tourne autour de la vie d'un couple ». Un comble pour M.Hollande, toujours embarrassé à l'excès au chapitre de sa vie privée.

UN TWEET ASSASSIN, PREMIER COUAC AU SEIN DE L'EXÉCUTIF

Le malentendu, de fait, pèsera longtemps. Ainsi, le conseil national ayant suivi le sinistre congrès de Reims, en novembre2008, verra le premier secrétaire sortant, pour des raisons d'opportunité et de calcul politique, donner sa voix à Martine Aubry, au grand désespoir de Mme Royal.

La primaire de 2011 avait semblé régler enfin ce malentendu. La confrontation électorale des ex-conjoints et le verdict des urnes avaient tranché la confusion des sentiments. Jusqu'au tweet assassin de Valérie Trierweiler, en juin2012, qui demeurera comme le premier couac, et non des moindres, au sein d'un exécutif qui en commettra un certain nombre.

Ce tweet avait symbolisé un premier dérèglement et posait, déjà, la question de l'autorité présidentielle. Il avait aussi esquissé le portrait d'un président pas si « normal », désemparé face à ce type de situation. La révélation du « Gayetgate » et la gestion de l'officialisation de la séparation d'avec Mme Trierweiler, début 2014, alors même que le chef de l'Etat engageait une séquence délicate avec le lancement du pacte de responsabilité, avaient totalement brouillé le message – et l'image – présidentiels.

Ces dernières semaines, M. Hollande, pour qui rien ne compte hormis la politique, avait évacué d'un air offusqué toute référence à la rumeur lui prêtant une prochaine officialisation de sa liaison avec Julie Gayet, défendant, toujours, le droit au respect de sa vie privée. « La fonction présidentielle doit être respectée », assurait-il encore au Monde voici deux semaines. Le livre de son ex-compagne vient de lui porter un nouveau coup, sans doute le plus cruel de tous.