Des objets de rencontre

Par Editioncompagnie

Lise Benincà

Préface de Charles-Édouard Vincent

Collection Littérature française/Joëlle Losfeld, Gallimard Parution : 21-08-2014

Lise Benincà a passé plusieurs mois au sein d’Emmaüs Défi, rue Riquet à Paris. Elle a eu l’envie de donner voix à ces objets patinés, dépareillés, parfois ébréchés mais toujours singuliers, qui sont passés de main en main avant d’arriver chez Emmaüs, cette association, créée par l’abbé Pierre, qui les revend à des prix modiques.
Puis la présence des hommes et des femmes, salariés en réinsertion professionnelle chez Emmaüs, aux parcours chaotiques, eux-mêmes en transit, eux-mêmes patinés par la vie, s’est imposée entre les lignes qu’elle écrivait autour des objets – fragiles échos d’existences passées et inconnues. Alors elle s’est mise à parler d’eux, aussi. De leurs trajectoires, de leurs espoirs, de leur détresse et de leur volonté. Ils sont ainsi devenus les personnages émouvants d’un récit qui retrace, à travers le prisme des choses, l’ambiance et la dynamique émanant de ce lieu étonnant, le métier de ceux que l’on appelle les «travailleurs sociaux», ainsi que la multitude des situations qui peuvent conduire à la rue.
C’est au pouvoir des mots et de la mémoire que l’auteur réfléchit, citant Perec et Giono, et plus généralement à celui des livres, «prêts à tout pour aider le monde à tenir debout».

Pourquoi parler de ce livre?

Tout créateur rêverait qu’un écrivain se penche sur son travail.

Pour parler de l’histoire de la matière et de sa transformation, de celui qui produit, des outils… Un objet est plein d’humanité.

Pour sortir un peu de la mode et des brèves shopping ou tendances des magazines de déco ou autres féminins.

Mais ce livre est aussi l’objet d’un fantasme. Dans 30, 50 ou 100 ans, notre carafe, notre meuble se retrouvera t-il apprécié et acheté par d’autres générations, dans une brocante, chez Emmaüs ou aux puces ?


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