Et ta soeur?

Publié le 15 mai 2008 par Mawquise

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, qu’elle dit la chanson.

Ah bah putain, j’ai envie de te dire que le mec qui a pondu un texte aussi criant de vérité c’était pas la moitié d’un con.

Bon, si, en vrai c’était un con mais pour le coup, on passera sur ce détail qui sert pas des masses la narration.

Toujours est-il que lundi dernier, j’ai eu tout le loisir d’illustrer ledit adage national, qu’on est trop fier que ça ait été un mec de chez nous qui ait inventé ça, pour un peu c’était un balinais et on se serait sentis gravement démunis culturellement parlant.

Ma soeur cadette (je sais pas pourquoi je précise, puisque je n’ai pas de soeur aînée, sauf que toi, lecteur qui passe tes nuits à essayer de deviner quelle exceptionnelle personne se cache derrière ce blog affreusement guindé, tu le sais pas, ça). Donc ma soeur cadette, lundi, jouait son avenir.

Je vais te débroussailler le paysage vite fait, histoire que tu comprennes. Ceci dit si t’y panes rien, on ne saura t’en vouloir puisque moi, elle a beau me l’expliquer à peu près tous les 3 jours, j’ai toujours pas compris de quoi qu’il retourne.

Elle passait un concours pour entrer dans une école de picturologie.

Voui voui.

(Gros blanc)

Non, rien à voir avec l’étude des pictogrammes, parce que “qui s’en tape?” te demandé-je? Personne, on est d’accord.

Tout ce que je sais c’est que ça a un vague rapport avec la restauration d’oeuvres d’art. Ah oui, dans la famille on a le gène prédisposé à l’art, on a donc été conditionnés dès notre plus jeune âge à devoir pointer à l’ANPE toute notre vie.

Chacun sa croix.

Enfin bon, la gamine, toute stressée qu’elle était, m’appelle et me dit:

“Diiiiis, Elsaaaaaa (déjà ça commençait mal, la dernière fois qu’elle a fait ça c’était pour me taxer 300 euros), tu veux bien venir manger avec moi le midi, entre deux sessions d’exams?”

Oh bah si c’est que ça frangine, je peux! Qu’est ce qui te dit? Japonais? Thaïlandais? Ougandais? Je réserve où? On se fait un Teppan-Yaki, ça te dit?

“Nan mais j’ai qu’une heure pour manger, je pensais plutôt prendre un sandwich à la Brioche Dorée et manger dehors, tu vois?”

Euh.

Alors là ma chérie tu es consciente de ce que tu me demandes de faire? Oui? Ah et tu t’en tapes?

Bon bah d’accord.

On passera sur le mangeage de sandwich où t’as invariablement du thon mayonnaise indélogeable qui va se coincer entre deux dents, te condamnant à faire la gueule jusqu’à ton retour chez toi.

Nous voilà donc assises en pleine rue commerçante telles deux schoolgirls anglaises avec leur lunchbox corned-beefisées. Je lui demande vite fait de me raconter comment que c’était que ses épreuves et elle me sort:

“Oh putain le mec, pour l’épreuve d’art, il nous a demandé de choisir entre des cardons et des asperges!”

?????

Dis-donc fillette, me dis pas que tu vas faire raquer 3000 euros par an à nos géniteurs pour une école où il te font identifier du légume???

Ah non, on nous signale en régie qu’il s’agit uniquement du nom des récipients à eau. Putain à un moment on a cru que la soeur elle finirait présentatrice de La Cuisine du Terroir, et on commençait à s’interroger sur les démarches de changement de patronyme.

Elle sort sa 4ème clope en 20 minutes et me balance, tout bilinguisme dehors:

“La vache, je fume comme un pompier, like a pomper

Du haut de ma formation d’angliciste, je la dévisage, un bout de thon pendouillant lamentablement au coin de la bouche.

“Bah quoi, c’est pas comme ça qu’on dit pompier en anglais?”

Si si frangine, c’est trop comme ça qu’on dit pompier en anglais.

Heureusement, d’épreuve de langue il n’y avait point, pour son concours. Avouez qu’on a frôlé le drame.

[EDIT à 15H23: ce billet déchaîne les requêtes google. Là on en est à “ta soeur se mai des doig”. Je pleure tout de suite ou j’attends la fin de la journée?]