Climat : ce qui a été dit au sommet de New York

Publié le 24 septembre 2014 par Bioaddict @bioaddict

Le sommet sur le climat organisé par le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon s'est tenu ce mardi 23 septembre à New York et a rassemblé plus de 120 dirigeants (la plus forte concentration de dirigeants jamais réunis pour discuter du climat). Voici ce qu'il faut en retenir, les engagements et les belles paroles. ¤¤ Les dirigeants du monde entier ont été appelés à prendre leurs responsabilités face au réchauffement climatique qui menace la planète, lors du sommet historique du 23 septembre 2014 à l'ONU à New York

Lutte contre le dérèglement climatique : 30 ans d'échecs

1979 Première conférence mondiale sur le climat, à Genève (Suisse). Lancement d'un programme de recherche international.

1988 Création du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

1992 Tenue du Sommet de la Terre à Rio. Ouverture à signature de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

1997 Adoption du protocole de Kyoto, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre des pays riches de 5,2 % en moyenne en 2012 par rapport à leur niveau de 1990.

2005 Entrée en vigueur du protocole de Kyoto.

2007 Publication du quatrième rapport du GIEC, qui affirme l'action de l'homme sur le climat.

2009 Au sommet de Copenhague, l'absence de consensus conduit à l'échec des négociations.

Le sommet sur le climat de New York avait pour objectif de préparer la COP21, la 21e conférence climat qui aura lieu en France en 2015 (du 30 novembre au 11 décembre). La COP21 doit aboutir à un accord international pour lutter contre le réchauffement climatique, avec des mesures contraignantes applicables à tous les pays.

Ce sommet sur le climat intervient deux jours après une mobilisation sans précédent, la "Marche pour le climat", qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes dans des villes du monde entier. Les citoyens ont appelé les gouvernements à agir d'urgence pour lutter contre le réchauffement climatique. Ont-ils été entendus ?

Voici ce qu'il faut retenir de ce qui a été dit à l'ONU ce 23 septembre :

Les différents engagements qui ont été pris :

- Barack Obama a réaffirmé son engagement pour 2020 de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis de 17 % par rapport à leur niveau de 2005.

- Le Costa Rica a confirmé sa volonté d'être neutre en matière d'émission de carbone dès 2021, avec un moratoire sur le pétrole.

- François Hollande a annoncé que la France allait verser 1 milliard de dollars pour alimenter le Fonds vert des Nations unies dans les prochaines années. Ce Fonds (dont les caisses sont quasiment vides aujourd'hui) est destiné à aider à aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques.

- La Suisse "pourrait" verser au moins 100 millions de dollars au Fonds vert pour le climat. Elle devrait l'annoncer officiellement lors de la conférence des donateurs au fonds qui se tiendra en novembre.

- Ban Ki-moon a annoncé vouloir faire payer les pollueurs en fixant "un prix pour le carbone".

- Jose manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a affirmé que l'Union européenne participera à la solidarité internationale sur le climat à hauteur de 14 milliards d'euros au cours de sept prochaines années.

Les belles paroles qui ont été prononcées :

- "Je demande à tous les gouvernements de s'engager à conclure un accord universel et significatif sur le climat à Paris en 2015 et de faire tout ce qu'ils peuvent pour limiter la hausse de la température mondiale à moins de 2 degrés Celsius" (Ban Ki-moon)

-"Tout doit être fait pour que nous puissions contenir l'augmentation de la température moyenne de la planète en-dessous de 2° C" (François Hollande)

- "Je souhaite que Paris, en 2015, soit le symbole du changement pour le climat" (François Hollande)

- "Soyons capables de réenchanter le monde, de donner à la jeunesse du monde l'espoir qu'elle vivra mieux que nous." (François Hollande)

- "Nous ne sommes pas là pour parler, nous sommes là pour écrire l'Histoire." (Ban Ki-moon)

- "Le climat change plus rapidement que nos efforts pour y répondre. Nos citoyens manifestent. Nous ne pouvons faire semblant de ne pas les entendre. Nous devons répondre à l'appel." (Barack Obama)

- "Les Etats et les industries doivent enfin prendre les bonnes décisions à grande échelle. C'est le moment de l'action. Il faut taxer les émissions de carbone, supprimer les subventions aux compagnies gazières et pétrolières, éradiquer les libertés que les pollueurs se sont arrogées au nom de l'économie de marché. Ils ne méritent pas nos impôts, mais seulement notre vigilance, car l'économie se tuera d'elle-même si nôtre écosystème meurt." (Leonardo DiCaprio, messager de la paix pour l'ONU)

Le mauvais signe :

Les Chefs d'Etat de la Chine et de l'Inde, deux des plus gros pollueurs de la planète, n'étaient pas présents au sommet pour le climat. Ils se sont fait représenter par un vice-Premier ministre (Chine) et un ministre de l'Environnement (Inde). Un mauvais signe pour la réussite de ce sommet...

Sauver le climat... avec des contributions financières ?

Les engagements annoncés pour la planète ne sont finalement quasiment aujourd'hui que des contributions financières. Mettre des milliards dans un Fonds pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques c'est bien... mais ça ne sert à rien si en même temps on continue à l'amplifier.

Selon les scientifiques, si les émissions de gaz à effet de serre dont le gaz carbonique restent à leur niveau actuel, la planète se réchauffera de quatre ou cinq degrés à la fin du siècle. Cette hausse de température déclenchera des phénomènes météorologiques catastophiques.

Six ans après l'échec de la conférence sur le climat de Copenhague, et face à l'urgence climatique, les Chefs d'Etats vont-ils enfin réellement s'engager ? "Pour le climat, on n'a pas le choix de faire ou de ne rien faire. Il n'y a pas d'alternative. C'est la menace majeure qui pèse sur l'humanité" déclarait il y a quelques jours Nicolas Hulot dans une tribune pour lejdd.fr. Tout est dit.

Stella Giani