Essai routier: Nissan Sentra 2014

Publié le 17 octobre 2014 par Christian Gagnon @autoopinion

Nissan Sentra SL 2014

La Nissan Sentra n’a jamais été une voiture-passion. Les acheteurs de Sentra recherchent la fiabilité et la versatilité bien avant la fantaisie. C’est pourquoi, en général, le design des générations précédentes ne faisait pas tourner les têtes et ce n’est pas différent cette fois-ci. Toutefois, avec la présente génération, on a l’impression de rouler dans une voiture plus grosse, plus près de l’Altima. Ça peut expliquer les ventes de la Sentra en hausse de 57 % en septembre, par rapport au même mois l’an dernier, alors que les ventes de l’Altima sont en baisse de 40 %.
J’ai testé l’an dernier le modèle SR, une version similaire aux autres au point de vue mécanique, mais plus inspiré au point de vue esthétique. Cette fois-ci, je monte d’un échelon en essayant la SL, toute équipée. Les autres déclinaisons sont la S et la SV, moins garnies et aussi moins chères.
La Nissan Sentra SL 2014 est de style classique. Sa calandre plongeante est proéminente et elle est bordée de phares avec DEL intégrées sur toutes les versions. Petite anecdote à propos des phares : sur la commande des phares, il y a une position « Auto ». Habituellement, cette position est jumelée à une cellule photosensible qui fait allumer ou éteindre les phares selon la lumière du jour. Dans la Sentra, en plaçant le commutateur sur « Auto », les phares sont allumés en permanence et s’éteignent lorsque vous retirez la clé de contact. Ça fonctionne, mais je n’appelle pas ça des phares automatiques. La partie arrière montre des feux étirés vers les côtés et qui font paraître la voiture plus large. Un renflement des ailes part du coin du feu arrière jusqu’au coin du phare avant, ce qui allonge également la silhouette. Mais ce ne sont pas seulement des impressions.
C’est ce qui frappe lorsqu’on prend place dans la voiture : l’espace. Il est possible de reculer au maximum les sièges avant et les passagers arrière ont tout de même un espace confortable pour leurs jambes. Même chose pour le coffre qui est de très bonnes dimensions. Lorsque la banquette arrière est rabattue, le plancher n’est malheureusement pas plat et l’ouverture créée est plutôt étroite. Le seuil de chargement est un peu haut.
Pour en revenir à l’aménagement intérieur, le design du tableau de bord est bien et j’aime ces fausses appliques de bois sur la console centrale et sur les panneaux de portières. Elles ne sont pas trop tape-à-l’œil et ajoutent une touche de classicisme au tableau de bord. La seule ombre au tableau, selon moi, est le bloc radio mal intégré. Comme sur d’autres modèles Nissan, on dirait que Nissan a eu un prix de gros pour en installer dans tous ses modèles. Par contre, ça n’enlève rien à l’efficacité du système. Pour le modèle SL, NissanConnect est de série. Ce que j’ai le plus aimé, c’est que l’interface est simple. Radio, CD, SiriusXM, tout est facile à contrôler. Pour ce qui est des iPod, il suffit de le brancher dans la prise USB située dans le petit rangement central et le tour est joué. Vos chansons favorites, vos listes et vos artistes peuvent tous être choisis à partir de l’écran. Le système de navigation n’est pas vilain non plus. L’interface, encore là très simple, permet de choisir la destination à partir de l’écran ou par des commandes vocales. Note parfaite pour cette dernière fonction. Seul bémol pour le GPS, c’est que, pour profiter de l’info circulation, il faut un abonnement à Nav Traffic de SiriusXM, ce qui n’est pas gratuit. On parle d’un peu moins de cinq dollars par mois. C’est dommage, car aux États-Unis, l’info circulation est gratuite et financée par de la publicité. Encore un endroit où les Canadiens se font avoir !
D’autres fonctions, que je qualifierai de moins utiles à la conduite, sont mises en avant par NissanConnect. La possibilité d’écouter de la musique par une application installée sur le système d’infodivertissement (TuneIn, par exemple), suivre votre fil Facebook ou rechercher un point d’intérêt sur Google sont autant d’actions possibles avec NissanConnect. Vous vous doutez bien qu’il vous faudra un excellent forfait de données sur votre cellulaire, car tout passe par là. Ce que je trouve inutile, c’est que c’est encore plus de distractions pour le conducteur alors que plusieurs d’entre vous ont de la difficulté à arrêter de simplement texter au volant. Il faudra qu’un jour, quelqu’un mette des règles claires à propos de ces systèmes d’infodivertissement.
Si je n’aime pas toutes ces fonctions supplémentaires, c’est que j’aime conduire. À ce chapitre, la Nissan Sentra offre une belle expérience au volant. Le petit quatre cylindres de 1,8 litre ne casse rien avec ses 130 chevaux, mais c’est la transmission CVT, à rapports continuellement variables, qui fait très bien son travail. En fait, elle vous permet de choisir de quelle façon vous désirez conduire. Trois modes vous sont offerts : Normal, enclenché la majorité du temps. Les accélérations sont adéquates et la conduite est agréable la majorité du temps. Le mode ECO, comme l’indique son nom, ajuste les réactions du moteur et de la boîte de vitesses, de même que la climatisation, afin de réduire la consommation de carburant. C’est bien beau l’économie d’essence, mais le mode ECO gomme les performances au point où je ne pourrais pas, personnellement, conduire chaque jour avec ce mode en action. Enfin, le mode Sport, celui que je préfère, offre le meilleur du groupe motopropulseur. La consommation d’essence est peut-être légèrement moins bonne, mais l’agrément de conduite est agréablement rehaussé.
Seuls les modèles SR et SL profitent de freins à disque aux quatre roues, les S et SV se contentent de tambours à l’arrière. Avec quatre disques, l’efficacité n’est pas mise en doute et on se sent en confiance. L’antiblocage est de série sur tous les modèles. La suspension procure un excellent compromis encore tenue de route et confort. Elle est indépendante à l’avant avec jambes de force et barre stabilisatrice alors qu’à l’arrière, c’est une barre de torsion avec barre stabilisatrice intégrée. La servodirection est électrique et sensible à la vitesse.
Si vous voulez une voiture sport, regardez ailleurs. La Nissan Sentra 2014 est la représentante idéale de la catégorie des compactes. Elle fait très bien ce qu’elle a à faire. Le moteur est doux et cette deuxième génération de transmission CVT gère beaucoup mieux la modeste puissance de ce quatre cylindres. Le confort des sièges est appréciable et apprécié lorsqu’on est pris dans la circulation. La bonne musique également.
Décidément, elle me plaît cette Sentra ! Et à regarder sur les routes, elle plaît à beaucoup de monde ! Avec autant d’espace intérieur, Nissan devra maintenant revoir la mission de l’Altima. Autrement, ses ventes sont condamnées à diminuer…
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Essais réalisés précédemment : Nissan Sentra 2008Nissan Sentra SE-R 2010Nissan Sentra SR 2013
Conditions de l’essai
Réalisé du 20 au 26 mai 2014.Météo : beaucoup de soleil, un peu pluie, entre 12 et 23 °C.Modèle essayé : Nissan Sentra SL 2014Assemblé à Aguascalientes, MexiquePrix selon www.nissan.ca (15 octobre 2014) :** S : 16 665 $** SV : 19 565 $** SR : 22 765 $** SL : 25 865 $Prix du modèle essayé : 25 900 $ + taxesDistance parcourue : 611,5 km (65 % autoroute)
Consommation selon
Ressources Naturelles Canada :** Ville : 6,6 L/100 km (7,8 selon les normes 2015)** Route : 5,0 L/100 km (6,0 selon les normes 2015)** Émissions : 136 grammes/km de CO²Consommation dans la vraie vie : 7,0 L/100 kmRégime-moteur à 100 km/h : 1 750 tours/minuteRégime-moteur à 115 km/h : 2 000 tours/minuteVéhicule fourni par Nissan CanadaPhotos prises à Ste-Élisabeth, Québec