Au coeur de la course à pied, la dernière conférence Xrun

Publié le 23 octobre 2014 par Emmanuel S. @auxangesetc

Jeudi dernier, grâce à la généreuse invitation d’Xrun, tout le club de triathlon était invité à assister à leur conférence dédiée au cœur dans le cadre de la pratique de la course à pied. J’ai donc pu assister gracieusement aux 2 heures de conférence sur le fonctionnement du cœur lors d’un effort et la manière d’essayer d’optimiser son fonctionnement à l’entraînement et en course.

Etaient invités un manager de la FFA, Jean-François Pontier, un cardiologue du sport, Laurent Uzan et un quadruple champion de France, l’inépuisable Dominique Chauvelier.

Les débats étaient franchement intéressants, entre un cardiologue qui présentait la face médicale des choses, un entraîneur qui donnait sa vision de l’entraînement notamment d’un point de vue cardiaque tout en le relativisant, et un ancien athlète de haut niveau qui, lui, ne faisait rien de ce que recommandaient les autres… Comme quoi, entre la médecine et les sportifs, il n’y a pas toujours de terrain d’entente. Ok, j’en rajoute, en réalité, les écarts entre la pratique et la théorie venaient plus de l’évolution des techniques d’entraînement.

Bref, sur le fond du sujet, j’ai surtout retenu que si j’étais aussi nul, c’est bien de la faute de mes parents. Notre capital génétique et donc nos prédispositions sont issues de nos parents à hauteur d’environ 30% de notre mère et de près de 20% de notre père.

Donc mon père n’étant pas sportif et ma mère pas vraiment, je n’étais pas aidé au départ. A l’arrivée non plus d’ailleurs… Je rajoute donc ces griefs à la (très) longue liste des tares héréditaires (absence quasi-totale d’intelligence, corps difforme, calvitie précoce, système auditif défectueux, caractère anti-social équivalent à celui d’un ours en hibernation, boulimie alimentaire chronique, mauvais esprit, esprit de contradiction / d’opposition, j’en passe et des meilleurs). Content de savoir ma femme aussi sportive. S’il m’est donné de voir mon (mes?) prochain(s) enfant(s) grandir, alors je serai heureux qu’ils héritent plus du patrimoine génétique de ma chère et tendre que du mien. Ils auront un meilleur départ dans la vie.

En termes de technique d’entraînement, ce point a au moins mis tout le monde d’accord : l’usage du cardiofréquencemètre est quasi-indispensable. Il permet bien entendu de pouvoir calibrer les entraînements sur un travail spécifique du cœur. Toutefois, c’est bien là toute la difficulté de ce type d’entraînement : encore faut-il connaître sa FCM. Ceci nécessite notamment des tests d’effort régulier (annuels) afin de pouvoir calibrer au mieux les entraînements. Car raisonner sur une FCM théorique revient finalement à mal calibrer l’entrainement… Du moins pas de manière optimale. Une précision utile sur ce qui a été dit : l’usage de la FCM dans l’organisation des entraînements est particulièrement adapté pour le travail en aérobie, mais n’est pas nécessairement pertinent pour le travail en anaérobie. Logique après tout vu que le premier est un travail cardiaque et le second plutôt musculaire. Cela paraît évident mais ça va mieux en le disant.

Donc, encore une fois, cela fait 3 ans que je m’entraîne n’importe comment. A force de suivre les entraînements de runners.fr ou de Dcoach au Racing, je faisais du fractionnés comme un bucheron sibérien : à donf’. J’ai néanmoins beaucoup progressé (pas dur, je partais de loin) : 2h20 au semi de Paris 2011, 1h51 au semi de Paris 2012, 1h43 au semi de Paris 2013 et 1h37 au semi de Prague 2013 (personnal best). Toutefois, en pleine remise en question personnelle et sportive, je me dis que maintenant je vais faire les choses bien (sportivement du moins). Je vais donc me mettre à travailler sur une base de fréquence cardiaque et voir ce que cela donne.

Un point qui a été abordé et qui me rassure: nous avons tous une marge de progression. Certes la nature et la génétique ne sont pas toujours tendres (j’en suis la preuve vivante) mais l’entraînement demeure la base de tout. Si l’atteinte d’un sommet est bien entendu différente selon les individus, l’entraînement laisse à chacun une possibilité d’améliorer son endurance.

Autre point qui me rassure : une personne performante sur un 5k ou 10k ne sera pas forcément plus endurante sur un semi ou un marathon. Pour complexifier un peu le débat, même si une personne reste toujours devant une autre (par exemple Mathieu que je ne pourrai jamais rattraper ni sur un 10k, ni sur un semi et encore moins sur un marathon), il se peut qu’elle soit pourtant moins endurante que la seconde personne. Tout dépend de la déperdition de temps lors de l’augmentation des distances, autrement dit, tout dépend si le temps perdu est linéaire lors de l’accroissement des distances de course ou si elle est exponentielle. Même pas sûr que cela m’aide à faire semblant d’être plus endurant que les bourrins bons coureurs de Sportez-vous bien. Etre plus endurant demeure toutefois une question de relativité et n’empêchera pas une personne considérée « moins endurante » selon ces critères de terminer devant. Lisez Einstein et vous comprendrez la relativité. Ou pas…

Enfin, un dernier point important à mes yeux : l’atteinte du pic de forme est difficile à maintenir. Cela est bien connu des runners, une fois arrivée au sommet de sa forme il est plus difficile de se maintenir que de voir sa courbe de progression freinée. L’utilisation de la fréquence cardiaque permet alors de travailler toujours en fonction de l’état de forme cardiaque. Mais reste le problème de l’état de forme musculaire… Comme quoi, rien n’est simple en course à pied!

Bref, il fut assez instructif d’avoir différents points de vue sur le fonctionnement du cœur en sport. L’entraîneur cale clairement ses entraînements en fonction de la capacité cardiaque de ses sujets, sans pour autant ne considérer que ce seul paramètre là où le cardiologue préconisait de centrer au maximum les entraînements en fonction du paramètre cardiaque. Quant au sportif, tant que ça marche et que les temps progressent, alors tout va bien !