Après les révélations de deux journalistes du Monde, François Fillon est dans de sales draps

Publié le 09 novembre 2014 par Gezale
Si l’on part du principe de réalité qui veut qu’en politique on n’ait pas d’amis mais seulement des relations — et au fil du temps cette prémisse devient toujours vérité — les journalistes du Monde ont certainement raison. En racontant dans un livre récent que François Fillon, adversaire de Copé et de Sarkozy, ancien premier ministre de ce dernier, avait sollicité l’Elysée de Hollande pour tenter d’accélérer les processus judiciaires contre Sarkozy, Fabrice L’homme et Gérard Davet ne font que rendre publiques des suppositions absolument crédibles. Les deux journalistes d’investigation racontent que Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Elysée, ancien membre du gouvernement Fillon, a rencontré ce dernier lors d’un déjeuner à Paris et que l’ex-collaborateur de Sarko lui a expressément demandé de faire «bouger» les magistrats dans l’affaire de l’amende pour compte de campagne dépassé, ce que Hollande, interrogé par son subordonné, a refusé de faire au nom de l’indépendance de la justice et de la séparation des pouvoirs.  C’est tout à l’honneur de l’actuel président de la République pourtant régulièrement accusé d’avoir monté un cabinet noir pour nuire à Sarko. Il est maintenant quasi officiel que les attaques contre François Hollande, accusé par Hortefeux et compagnie, de fomenter des mauvais coups judiciaires contre son prédécesseur sont infondées et mensongères. Cela étant précisé, Fillon est dans de beaux draps. Le candidat (actuel co-président de l’UMP) à la candidature à la présidentielle de 2017 a beau déclarer qu’il porte plainte en diffamation contre les deux journalistes et le journal lui-même, les deux hommes de presse, très expérimentés et possesseurs d’un enregistrement, semble-t-il, implacable, n’en ont cure.  Il va de soi que dans la course à l’Elysée, les coups bas vont devenir pléthoriques. Cette constitution fait du président un pivot institutionnel si essentiel à l’exécutif que le combat pour atteindre le sommet fait forcément des dégâts. Fillon apparaît comme le plus fragile aujourd’hui, suite à ces révélations, mais rien n’est gravé dans le marbre. Car le livre de Davet et L’homme « Sarko m'a tuer » (1) recense toutes les affaires, petites et grandes, concernant le revenant qui n’est jamais parti. Si d’ici 2017, aucun procès n’a permis de connaître une part de la vérité relative aux mises en cause de Sarkozy, celui-ci conservera toutes ses chances et bénéficiera, s’il est élu, d’une immunité pour cinq années. Il faut donc faire preuve de patience et faire confiance aux juges d’instruction. La justice est lente mais elle avance. A son rythme, qui n’est pas celui des chaînes info en continu. (1) Cette expression rappelle le célèbre « Omar m’a tuer ».