Andy Stott ‘ Faith In Strangers

Publié le 19 novembre 2014 par Heepro Music @heepro

À l’ouverture de ce quatrième album, je dois bien reconnaître que l’artiste Andy Stott me fait sans ambiguïté penser à Plastikman, à savoir le Plastikman de la période obscure, période ouverte avec Consumed et son pendant Artifakts [BC] (sorti après, mais composé et produit avant) et refermé avec Closer (j’oublie pour le moment EX qui possède un caractère particulier).
Ensuite, je crois également reconnaître Aphex Twin dans les nappes du morceau d’ouverture. L’Aphex Twin de Selected Ambient Works II bien entendu.
« Time away », qui ouvre donc ce nouvel album de l’Anglais, me fait penser à deux pointures de la musique électronique. Est-ce un hasard ? Ce sont deux artistes qui n’avaient rien publié de nouveau depuis longtemps (respectivement depuis 2003 et 2001) avant cette année 2014 et la sortie d’un nouvel album/album love pour le premier et d’un tout nouvel album pour le second.
Andy Stott n’avait pas besoin, du tout, que je le compare à de tels monolithes de la musique électronique. Lui-même est un nom déjà fort respecté et de plus en plus reconnu depuis 2011 et les EPs We Stay Together et Passed Me By. Il conforta ce statut grandissant avec le succès critique de son album Luxury Problems. Ainsi, avec Faith In Strangers, il n’écrit qu’une nouvelle ligne à ce qui est une discographie des plus conséquentes de la décennie.
« Violence » puis « On oath » permettent d’apporter un peu de lumière à l‘ensemble, la voix féminine nous rappelant à la vie.
« Science and industry » repart avec un rythme effréné mais l’ambiance demeure lourde et pesante. « No surrender » est parfaitement intitulé, et me rappelle les rythmes produits en 2011, l’obscurité en moins. La fin du morceau devient âpre, et le morceau suivant enfonce littéralement le clou alors que la première minute laissait présager le contraire. Pas de commentaire sur « Dammage », également explicitement intitulé.
L’éponyme « Faith in strangers » est, enfin, un morceau calme, apaisé. Les rythmes sont presque rock voire pop, ce sentiment pop étant appuyé par le chant féminin très 80’s. Un titre au potentiel de single tellement évident qu’il risque d’être vite adopté dans les mixes de DJs. Malheureusement, « Missing » vient assombrir l’album, Andy Stott ne voulant apparemment pas nous laisser entendre qu’il est un producteur populaire.
Bref, encore une énorme production qui, à l’instar des deux artistes cités en préambule, nécessitera beaucoup d’efforts pour en percer les mystères, et qui reste alors d’un accès restreint. Dommage pour ceux qui passeront à côté, mais moi, l’effort sera fait !

(in heepro.wordpress.com, le 19/11/2014)

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