Ought - Viet Cong - Ancienne Belgique ( Club) - Bruxelles, le 20 novembre 2014.

Publié le 20 novembre 2014 par Concerts-Review

Le 20 novembre: évitez le centre de Bruxelles, de la Bourse à Fontainas!

Les dockers? Les agriculteurs borains? La clique à D 'Orazio? Les Femens? Les curés manifestant contre le célibat? Les joueurs de pétanque de Vierves sur Viroin?

Jamais entendu parler de la Saint-V, béotien?

Guindaille, beuverie, dégueulis, un seul mot d'ordre: zuipen, zuipen, zuipen... la rue est à nous!

 L'Ancienne Belgique est située en plein centre névralgique, faut louvoyer pour ne pas être arrosé de houblon.

Tu dis, Henriette... faut que jeunesse se passe, au même moment un bleu la baptise de sa chope et lui fait un shampoing à la farine fermentante!

A l'AB, beneden: Bonnie Prince Billy - boven: Ought et Viet Cong!

JP et ses objectifs t'attendent à l'étage!


Viet Cong


Non, Sam, pas la peine de sortir la grosse artillerie, ne clame pas Victor Charlie, les mecs de Viet Cong ne sont pas bridés et n'ont jamais vus Hanoi...

Terre d'origine: Calgary ( Canada), Matt Flegel, le bassiste/chanteur et le blond Mike Wallace, le drummer, faisaient partie de Women, un band ayant splitté dans des circonstances pas catholiques, pour les accompagner dans les marécages, ils ont embrigadé Scott Munro ( guitare) un ex- Chad VanGaalen et Danny Christiansen ( guitare) s'amusant dans un Black Sabbath tribute band.

Disco: une cassette, leur premier album est prévu pour 2015.

Genre?

Un mix improbable  de postpunk, de garage, de noise, de shoegaze et de groove, porté par deux guitaristes incisifs, tripotant de temps en temps un synthé, pouvant se reposer sur une section rythmique baraquée et un chant accrocheur.

En trente minutes le quatuor a convaincu le Club de son savoir-faire, nombreux étaient les auditeurs déçus de ne pas trouver de stand de merchandising à l'issue du gig.

Le musclé 'Throw it away' ouvre le set, un fond The Jam, fameuse basse, et some frantic guitar lines.

Il n'en fallait pas plus pour que tes talons martèlent le plancher.

Ils continueront leur exercice pendant 'Unconscious Melody'.

Matt: Brussels, you're so quiet, this is like a radio show... avanti, voici ' Oxygen feed', toujours aussi mordant, malgré le drumming lourd.

Le batteur s'énerve, son monitor a rendu l'âme, il le repousse à 50 centimètres avant de frapper comme une bête pour introduire 'Silhouettes' aux vagues relents Gang of Four.

Puis vient 'Bunker Buster', un marteau-pilon impitoyable.

'Continental Shelf' et ses noisy guitars précède le morceau le plus incroyable du concert, ' March of progress'.

Une longue intro aux synthés puis des guitares métalliques calquant un son de carillon aussi efficace que les oies du Capitole donnant l'alerte aux Romains endormis.

Superbe première partie!


Ought.


On reste au Canada, à Montréal.

Signe de talent, le groupe a été signé chez Constellation qui a sorti un premier full CD  'More than Any Other Day' et le EP 'Once More With Feeling'.

Ils sont en tournée depuis juin, ça se voit, ils paraissent crevés.

Malgré la fatigue  Tim Beeler - guitars, vocals / Matt May - keyboards/ Ben Stidworthy - bass et Tim Keen - drums, violin ont séduit l'assistance, plus par la qualité de leurs compositions que par leur jeu scénique, une remarque qui ne vaut pas pour le frontman maniéré, Tim Beeler, le pôle d'attraction du groupe.

Quoi JP?

Ouais, j'ai remarqué, si Ava Gardner est la comtesse aux pieds nus, Tim est le chanteur aux chaussettes élimées!

Une intro solennelle, 'Today, more than any other day' est sur les rails.

Un chant nasal, proche du parlando, une plage démarrant dans la douceur, partant en crescendo pour éclater sur un mouvement colérique.

Excellente entrée en matière.

Un thank you so much, distant fait suite aux applaudissements.

' The weather song' est comme la météo belge, imprévisible, un brin de Strokes, une pincée de dance-art punk sautillant, quelques effluves Blur et un beat ensorcelant.

 Un voisin/ nain de jardin plus qu' éméché, secoue fébrilement  le crâne au risque de le cogner au monitor du chanteur, son copain, prudent, lui confisque sa Jupiler.

Une basse ronronnante amorce 'Clarity' qui insensiblement devient épileptique.

Après quelques considérations  à propos des débordements estudiantins, Ought attaque ' Habit'.

Ceux qui citent Talking Heads n'ont pas tort.

Visuellement, Tim Beeler, grand, dégingandé,  habité.. impressionne.

' Pleasant heart' sera chaotique, nerveux, déstructuré et noisy.

Tim Keen ramasse un violon, le torture pendant une longue amorce, la plage lancinante vire bruitisme avant d'éclater tel un shrapnel. ( titre? - pas de setlist).

Tim tente d'expliquer l'état de lassitude des musiciens, une voix émanant du bar s'élève: "des couilles.."

Encore un intellectuel de gauche.

Réaction: gars, c'est parce que j'ai utilisé le terme pénultième, que t'as pas compris, que tu t'énerves?

Le postpunk ' Around again' décoiffe sévère, il précède le frénétique ' Gemini' .

Finalement Ought aura le temps d'en balancer encore une,  l'obsédant 'Beautiful blue skies', en mode narratif, partira une nouvelle fois en rinforzando.

Un salut et exit.

Après 5' le frontman rapplique, there's a curfew, no?

Finalement le Club aura droit à un titre supplémentaire, la ballade mélancolique  'Pill' présentant assez curieusement un agréable parfum Beatles.

Ought, un futur incontournable!

photos: JP DANIELS