Open House and crazy market

Publié le 25 novembre 2014 par Pomdepin @pom2pin

Je m’étais promis de ne plus vous parler des estate agents, des agents immobiliers, mais je suis en pleine crise de nerfs, il faut ça sorte! Pour ceux qui ne suivent pas, on a eu l’idée géniale de mettre notre maison en vente dans l’espoir saugrenu d’en acheter une autre. Ce fut une erreur de français. Comme quoi, on se croit parfaitement intégrer et on se fait encore avoir. On a d’abord découvert cette espèce à part que sont les estate agents. Il y a soit ceux qui s’accrochent comme des roquets teigneux à nos mollets jusqu’à que mort s’en suive on leur signe un contrat pour qu’ils essaient de vendre notre maison, soit ceux qui tentent de nous refiler des taudis infâmes au prix d’un palais. La dernière idée en date de ces gens dévoués, serviables et généreux (c’est bien simple, ils ne nous demandent une rançon commission que parce que c’est la loi, ils adoreraient vendre notre maison pour le plaisir bien sûr), c’est de nous organiser un open Day, un jour où la maison est ouverte à tous sans rendez vous.


(Telegraph.co.uk)

De prime abord, je n’ai pas vu l’intérêt de la chose, et je l’ai dit à notre sangsue boutonneuse agent. Personnellement, je n’attends pas un open Day pour aller voir une maison. Je suis une grande fille, je prend d’un seul coup mon téléphone et rendez vous. Je ne vois pas pourquoi un open Day attirerait plus d’acheteurs potentiels. Ce gargamel pestilentiel charmant agent, le cœur sur la main, m’a alors gentiment expliqué, sans me prendre pour une demeurée du tout, que pour un open Day, il allait faire la pub de notre maison, elle serait partout dans les journaux. Il allait contacter tous les gens sur son listing, se remuer, ça va faire des étincelles. Ah. Parce qu’il a fait quoi exactement depuis trois mois ? J’avais bêtement compris que faire la pub de notre maison, c’était son job, et que c’est pour ça qu’on devait lui donner un pourcentage démentiel et injustifié sa commission bien méritée. Suis-je sotte! Pas du tout. Il se contente de prendre une poignée de photos, de mettre ça plus ou moins proprement sur un site de vente et hop, on n’a plus qu’à attendre qu’un acheteur tombe du ciel. Après un échange de vue mouvementé, nous sommes chacun restés sur nos position, j’appelle ça se foutre du monde, lui soutient que c’est normal.

Mais les joies de la chose ne s’arrêtent pas là. La maison qui nous plaisait affiche un joli signe « sold », vendue…dommage! Ou pas. Notre solicitor qui est aussi une très bonne copine, (solicitor, c’est entre notaire et avocat), m’a dit : so what? (et alors?). Comment ça et alors, ben c’est râpé. Pas du tout! Rien ne nous empêche d’y aller aussi d’une offre, et le vendeur peut très bien envoyer balader son acheteur pour nous. J’ai eu une lueur d’espoir, vite éteinte…ça veut aussi dire que si quelqu’un, dans un moment d’égarement nous fait une offre, il peut se rétracter n’importe quand. Ben oui, mais comme ça, on peut accepter une offre même si elle ne nous plait pas et laisser la maison sur le marché au cas où un acheteur multimilliardaire se présenterait…

Ma copine solicitor est absolument adorable. C’est un des personnes les plus gentilles et généreuses que je connaisse ( vraiment cette fois). Elle trouve mon effarement tres drôle. Le marché de l’immobilier ici, c’est du grand n’importe quoi, on peut mettre sa maison en vente, juste pour le fun, accepter 10 offres et finalement refuser de vendre à qui que ce soit. On peut se présenter comme acheteur et faire des offres sur cinquante maisons à la fois, alors qu’on n’a pas les moyens de s’acheter un garage à vélo. Ma copine ne voit pas du tout pourquoi ça me stresse légèrement. Ni pourquoi on n’a pas déjà fait des offres sur plusieurs maisons, même en sachant pertinemment qu’on ne les achètera pas ( soyons clairs, on a certes une grande famille, mais une seule maison devrait suffire). C’est juste au cas où, si on reçoit une offre, qui sera d’un acheteur qui fait des offres sur plusieurs maisons, même en sachant pertinemment qu’il ne les achètera pas, juste au cas où….raaaah! Je deviens folle.

Il y a des fois comme ça, je ne comprends pas du tout les anglais. Je vais très bien, je suis très calme et sereine. De toute façon, je n’ai pas le choix. Je me suis renseignée, c’est mal vu de mordre un estate agent, et on ne sait pas où ils sont allés traîner.