Critiques Séries : Detectorists. Saison 1. BILAN (UK).

Publié le 02 décembre 2014 par Delromainzika @cabreakingnews

Detectorists // Saison 1. 6 épisodes.
BILAN


Cela faisait un bout de temps que BBC ne nous avait pas offert de bonnes comédies. Je pense que leur problème c'est qu'ils semblent un peu trop attachés à l'idée de faire des comédies familiales accessibles à tous alors qu'en cherchant à être original, cela donne des choses bien plus intéressantes. C'est ce que j'ai ressenti avec Detectorists sans pour autant que cette comédie ne soit brillante non plus. Disons que c'est une série sur l'amitié avec pour sujet de base, deux chercheurs de métaux amateurs un peu excentriques sur les bords. C'est aussi ce qui fait l'originalité de cette relation et son intérêt, comment une passion comme celle-ci va transformer leurs vies respectives (que cela soit d'un point de vue amoureux mais aussi amical). Ce qu'il y a de probablement plus drôle dans cette série c'est le cliffangher qui nous donne un aperçu du trésor qui se cache sous un champ. Cela aurait été dommage qu'ils découvrent ce trésor, en tout cas dans une première saison, surtout après que la série ait fait en sorte de se concentrer sur leur amitié plus qu'il n'en faut. Andy et Lance sont deux hommes qui ne semblent pas avoir beaucoup de passions dans la vie et qui ont surtout une vie morose dans laquelle peu de choses nouvelles semblent arriver. On peut comprendre leur envie d'aventure.

L'aventure est construite de façon à garder le côté morose des personnages. La musique, la mise en scène terne, les décors, etc. tout est fait pour que l'on reste dans la petite vie rangée de Andy et Lance. Les seuls moments où les deux personnages semblent s'évader de leur vie et de leurs tourments c'est justement quand ils sont avec leur détecteur de métaux à chercher des trésors enfouis. Pourquoi pas après tout puisque comme base, ce n'est pas bête. Mackenzie Crook a donc trouvé ici une façon de parler d'amitié de façon différente, à des gens qui arrivent dans une sorte de crise de la quarantaine. Toby Jones, qui incarne le personnage de Lance, est certainement mon personnage préféré de Detectorists. C'est celui qui est le plus rêveur, le plus fou, et qui a donc le plus de potentiel. Même si la série n'exploite pas forcément tout de façon judicieuse (et c'est bien dommage) je pense que l'on a largement de quoi faire avec tout ce qui nous est présenté à l'écran. La force de cette série ce n'est pas vraiment la façon dont les personnages grandissent mais plutôt la façon dont les deux héros vont se rendre compte de tout un tas de choses sur leur vie et ce que cela va changer dans leur relation.

Car Detectorists n'a pas besoin de faire grandir ses personnages, ils sont déjà suffisamment mature. Le but est simplement de jouer de cette maturité et de ce besoin de frissons dans une vie qui au fond n'est pas forcément celle dont ils avaient rêvés. Je ne sais pas si je serais là pour une saison 2. Bien que je n'ai rien de mal à dire sur Detectorists, ce n'est pas non plus une série qui me passionne particulièrement. La base était originale et puis j'aimais bien l'idée que l'on ait une comédie sous la forme d'un film de Jean Becker, vous savez Dialogue avec mon Jardinier ou encore La Tête en Friche, ces films proches de la nature et racontant des histoires d'amitié assez touchantes et réalistes. Sauf que cela m'a rapidement laissé de marbre. Peut-être car je n'ai jamais réussi à apprécier Andy comme il se doit. Mackenzie Crook semble donc avoir réussi à rendre intéressant bien plus Lance que le personnage qu'il incarne. Certes, côté casting Toby Jones est aussi bien plus intéressant mais bon, ce n'est pas une raison. Finalement, la série nous prouve au travers de ses six épisodes qu'il manque peut-être quelque chose sans pour autant que cela ne soit une mauvaise série.

Note : 5/10. En bref, intéressante dans sa vision de l'amitié à la quarantaine mais manquant d'enjeux.