Le vesuve

Publié le 04 décembre 2014 par Aelezig

Je l'ai vu de près en 2007, puisque nous avons grimpé jusqu'en haut... C'est très impressionnant et moitié flippant lorsqu'on voit les petites fumées jaunes qui s'en échappent...

Le Vésuve (Vesuvio en italien) est un volcan d'une altitude de 1281 mètres, bordant la baie de Naples, à l'est de la ville. Il s'agit du seul volcan d'Europe continentale à être entré en éruption durant les cent dernières années, même s'il est actuellement en sommeil ; sa dernière éruption date de 1944.

Il est à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, ensevelies le 24 août 79 sous une pluie de cendres et de boue. Il est entré en éruption de nombreuses autres fois au cours des derniers millénaires et est l'un des volcans les plus dangereux du monde en raison de sa tendance explosive et surtout de la population importante qui vit à ses abords. La montagne est classée parc national depuis 1995.

Il est composé de deux éléments, deux monts reliés l'un à l'autre par une vallée ; le petit s'appelle Somma. Le cratère, sur le plus haut, cone tronqué de 300 mètres de profondeur pour 400 mètres de diamètre, est actuellement bouché : la lave se trouve à une dizaine de kilomètres en dessous. Il est toujours en activité : les secousses telluriques sont importantes (plus de 700 par an) et des fumerolles continuent à relâcher des gaz. Il est donc sous surveillance constante.

Les sols volcaniques très fertiles attirent une forte densité humaine malgré le danger des éruptions. Selon les scientifiques, Naples est construite sur une chambre magmatique d'environ 400 km2, dont l'explosion serait catastrophique. La ville et son agglomération comportent une population de 4 millions d'habitants, parmi lesquels 600 000 personnes vivent en zone rouge directement au pied du volcan.

Historique des éruptions

Le Vésuve aurait connu ses premières éruptions entre –400 000 ans et –300 000 ans, comme en témoignent des roches mises en évidence par forage. La base du volcan, le mont Somma primitif, est vieille de 20 000 ans environ.

La première éruption que l'on peut retracer s'est probablement produite en -217. Des tremblements de terre sont attestés en Italie durant cette année et le soleil a été signalé comme étant voilé par une brume ou un brouillard sec. Le volcan a ensuite été calme durant des centaines d'années et était décrit par les écrivains romains comme étant couvert de jardins et vignobles, excepté au sommet qui était rocailleux. La montagne semble n'avoir eu qu'un seul sommet à cette époque, à en juger par une peinture murale, Bacchus et le Vésuve, découverte dans une habitation pompéienne, la Maison du Centenaire.

En 79, la région est, comme aujourd’hui, densément peuplée avec des villages, des villes et de petites cités comme Pompéi, et les pentes du volcan sont couvertes de vignobles et de fermes.

L'éruption de 79 est précédée 17 ans auparavant par un puissant tremblement de terre, le 5 février 62 qui cause des ravages étendus autour de la baie de Naples et particulièrement à Pompéi. De nombreux dégâts n'ont pas encore été réparés au moment de l'éruption. Toutefois, il se peut qu'il s'agisse d'un simple événement tectonique plutôt qu'un signe du réveil du volcan. Un autre plus petit séisme a lieu en 64 ; il se déroule alors que l'Empereur est à Naples, pour une première représentation dans un théâtre public, qui s'effondre peu de temps après avoir été évacué. Les Romains sont habitués aux séismes mineurs dans la région.

De petits tremblements de terre commencent le 20 août 79, devenant plus fréquents au cours des quatre jours suivants. Mais ces avertissements ne troublent pas la population (les Romains de cette époque n'ont pas connu d'éruption et ne savent donc pas ce que c'est ; ils n'ont qu'une vague notion du phénomène, ayant entend parler de l'Etna, demeure de Vulcain...). L'après-midi du 24 août, une éruption catastrophique démarre. Elle dévaste la région, enfouissant Pompéi (beaucoup plus importante que Naples à l'époque) et ses alentours.

L'éruption de l'an 79 est documentée par les historiens contemporains et universellement acceptée comme ayant débuté le 24 août. Toutefois, les fouilles archéologiques de Pompéi suggèrent que la ville a été ensevelie quelques mois plus tard. En effet, les victimes retrouvées dans la cendre se révèlent porter des vêtements plus chauds que les claires tuniques d'été auxquelles on s'attendrait pour un mois d'août. Les fruits et légumes frais dans les boutiques sont typiques d'un mois d'octobre et inversement les fruits d'été typiques d'un mois d'août étaient déjà vendus séchés ou en conserves. Les jarres de vin fermenté étaient scellées alors que ça n'arrivait qu'aux alentours de fin octobre. La monnaie trouvée dans la bourse d'une femme ensevelie comporte une pièce commémorative censée avoir été frappée fin septembre. Mais jusqu'ici, aucune théorie définitive ne semble expliquer les raisons de telles contradictions.

L'éruption s'est déroulée en deux phases, une éruption plinienne qui a duré 18 à 20 heures et généré une pluie de pierres ponces qui a recouvert Pompéi d'une épaisseur allant jusqu'à 2,8 mètres, suivie d'une éruption péléenne avec une nuée ardente, brûlant et asphyxiant ceux qui n'étaient pas encore partis.

Le seul témoin oculaire survivant fiable, Pline le Jeune, âgé de 17 ans à l'époque, observe l'événement depuis Misène, à l'opposé de la baie, soit à environ 35 kilomètres du volcan, et parle dans des lettres d'un nuage extraordinairement dense et croissant rapidement au sommet de la montagne. On estime aujourd'hui que cette colonne éruptive s'élevait à plus de 32 kilomètres de hauteur.

Pline a déclaré que plusieurs secousses telluriques ont été ressenties au moment de l'éruption et ont été suivies par un très violent tremblement de terre. Il a également noté que la cendre tombait en très épaisses particules à tel point que le village où il se trouvait, bien qu'éloigné, a dû être évacué et qu'ensuite il faisait sombre en plein jour. Enfin, la mer a été aspirée et résorbée par un séisme, phénomène appelé aujourd'hui « tsunami ».

Cette catastrophe a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.

Pompéi et Herculanum n'ont jamais été reconstruites. L'éruption a changé le cours du Sarno et rehaussé le niveau de la plage, si bien que Pompéi n'est plus désormais ni sur la rivière, ni au bord de la côte. La localisation des villes était finalement oubliée jusqu'à leur redécouverte accidentelle au XVIIIe siècle. Le Vésuve lui-même a subi des changements majeurs, ses versants étant dénudés et son sommet changeant considérablement à cause de la force de l'éruption. Naples, plus éloignée, grandit.

Le site antique de Pompéi est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, avec Herculanum et Torre Annunziata.

Le Vésuve s'est encore réveillé en 203 ; en 472, il éjecte un tel volume de cendre que des retombées sont rapportées aussi loin que Constantinople ; en 512, l'éruption est si rude que les personnes habitant sur ses flancs se voient accorder une exemption de taxes par Théodoric le Grand, roi ostrogoth d'Italie. Des éruptions successives se déroulent en 685, 787, 968, 991, 999, 1007 et 1036. Le volcan entre dans une phase d'inactivité à la fin du XIIIe siècle et les années suivantes il est à nouveau recouvert de jardins et de vignobles. L'intérieur du cratère est également rempli de broussailles.

Le Vésuve se réveille à nouveau le 16 décembre 1631. Après plusieurs signes précurseurs, il se met à émettre un haut nuage de cendre, suivi quelques heures plus tard par une première émission importante de lave, faisant ses premières victimes à Portici et obligeant la majeure partie de la population à se réfugier à Naples. À cause de pluies incessantes, les chutes de cendre dégénèrent en pluies de boue sur presque toute la région, des flancs de la montagne jusqu'à Naples qui est directement menacée. Alors que la ville est remplie par la foule, l'archevêque décide d'exposer la relique de San Gennaro en procession, et, selon de nombreux historiens et écrivains de l'époque, l'éruption commence à diminuer au moment où la statue du saint est soulevée vers le volcan...

Sur le littoral, Portici, Resina (l'antique Herculanum), Torre del Greco et Torre Annunziata sont en partie détruites ; Pietra Bianca (« Pierre Blanche »), hameau de Portici, a été rebaptisé Pietrarsa (« Pierre Brûlée »). En raison de pluies persistantes, des coulées boueuses dévalent le versant nord, produisant de terribles destructions jusqu'en janvier ; on compte entre 3000 et 4000 victimes.

À Portici, une stèle monumentale décrit en latin l’éruption et recommande aux générations futures de fuir sans tarder, dès les premières manifestations du réveil du volcan. À Naples, pour rappeler le danger, une statue en marbre de San Gennaro a été érigée en 1777 sur le pont de la Maddalena ; le saint tend sa main droite vers le Vésuve pour le calmer et protéger la ville.

1631 marque le début d'une nouvelle phase particulièrement destructive et pratiquement continue, avec de violentes éruptions en 1660, 1682, 1694, 1698, 1707, 1737, 1760, 1767, 1779, 1794, 1822, 1834, 1839, 1850, 1855, 1861, 1868, 1872, 1906, 1926, 1929, et 1944.

Le dernier événement majeur se déroule en 1944, détruisant les villages de San Sebastiano al Vesuvio, Massa di Somma, Ottaviano et une partie de San Giorgio a Cremano, ainsi que 88 avions bombardiers B-25 de l'US Air Force, alors que la Seconde Guerre mondiale continue à faire rage en Italie.

Le volcan est inactif depuis 1944. Au cours des derniers siècles, les phases d'accalmie ont varié de 18 mois à 7 ans et demi, faisant de la phase actuelle la plus longue de ces 500 dernières années. Ce qui laisse augurer, étant donné la pression accumulée, un épisode très violent. Bien que le Vésuve ne semble pas devoir s'ébranler dans le futur immédiat, le danger posé est considéré comme très grave au vu de la tendance soudaine extrêmement violente du volcan et de la densité humaine très forte sur le volcan et ses environs.

La prévention

En raison des vents dominants, les villes au sud et à l'est du volcan sont plus exposées et il est admis qu'une accumulation d'éjectas pourrait survenir jusqu'à Avellino à l'est ou Salerno au sud-est. En direction de Naples, au nord-ouest, ce risque de chutes d'éjectas est supposé s'étendre à peine plus loin que les pentes du volcan. Les zones spécifiques affectées par le nuage de cendre dépendraient des circonstances particulières entourant l'éruption.

Le plan suppose entre deux semaines et vingt jours de préavis et prévoit l'évacuation d'urgence de 600 000 personnes, comprenant 18 communes sur 200 km2 vivant dans la zone rouge. La zone jaune correspond à une zone moins dangereuse que la rouge car on considère que la lave s’arrêtera avant mais la région subira néanmoins les retombées de pierres. L'évacuation par trains, ferries, cars et autobus est conçue pour durer environ sept jours et les réfugiés seraient principalement envoyés dans d'autres régions du pays où ils pourraient avoir à séjourner pour plusieurs mois. Toutefois, le dilemme pour l'exécution du plan est le moment où débuter cette évacuation massive, dès lors que si elle est décidée trop tard, beaucoup de personnes pourraient être tuées, alors que si elle est décidée trop tôt, les précurseurs de l'éruption pourraient se révéler être une fausse alarme. En 1984, 40 000 personnes ont été évacuées de la région des champs Phlégréens, mais aucune éruption ne s'est produite.

Les efforts actuels sont focalisés sur la réduction de la population vivant dans la zone rouge, en démolissant les bâtiments construits illégalement, en établissant un parc national autour des flancs supérieurs du volcan pour se prémunir de toute nouvelle construction et en offrant des compensations financières aux personnes déménageant. Le but sous-jacent est de réduire le temps nécessaire pour évacuer la zone d'ici les 20 ou 30 prochaines années à 2 ou 3 jours.

Pompéi

Le volcan est suivi de près par l'observatoire du Vésuve à Naples avec un vaste réseau de stations sismiques et gravimétriques, la combinaison d'une base géodésique GPS et d'un radar à synthèse d'ouverture par satellite pour mesurer les mouvements du sol, ainsi qu'une surveillance géophysique locale et des analyses chimiques des gaz émis par les fumerolles. Tout ceci vise à surveiller le magma progressant sous le volcan. Jusqu'à présent, aucune montée n'a été détectée dans la limite des 10 kilomètres sous la surface, donc le volcan est, au pire, seulement dans un stade éruptif très initial.

Aujourd'hui, le sommet du Vésuve est ouvert aux visiteurs et il existe un petit réseau de sentiers autour de la montagne qui est entretenu par les autorités du parc.

Il est possible d'accéder par une route goudronnée de 13 kilomètres, depuis Ercolano jusqu'à 200 mètres du sommet, mais la distance finale se fait à pied uniquement : il y a un chemin en spirale autour du cône, depuis la route jusqu'au cratère.

La zone autour du Vésuve a été officiellement déclarée parc national le 5 juin 1995. Il a été fondé dans le but de préserver la faune et la flore, les associations environnementales, les particularités géologiques, les formations paléontologiques et les biotopes en général. Il a également pour mission de gérer et restaurer le patrimoine anthropologique, archéologique, historique et architectural, ainsi que les traditions pastorales, l'éducation et la recherche.

Les autorités du parc font face à des difficultés particulières en raison du non-respect des lois interdisant la construction de bâtiments dans la zone protégée.

L'agriculture sur le Vésuve est fortement développée en raison de la richesse des sols en minerai, du bon drainage et du climat méditerranéen. Parmi les nombreux fruits cultivés figurent l'abricot et la cerise. Les autres produits typiques sont les pomodorini da serbo qui sont de petites tomates rondes au goût légèrement acidulé dû à la concentration de sucre et de sels minéraux. Elles peuvent être séchées ou servies en sauce. Depuis la Rome antique, le site est fameux pour ses vins rouge, rosé ou blanc : les raisins Falanghina du Vésuve, Coda di volpe (localement appelé Caprettone) ou encore Catalanesca sont cultivés ainsi que le Piedirosso du Vésuve servant à produire le vin Lachryma Christi (« larmes du Christ »). Parmi les légumes, on note le fenouil, le haricot et le brocoli, et parmi les fruits secs, la noix et la noisette. La production de miel est également importante.

D'après Wikipédia