BURN OUT: Les médecins et les infirmiers sont en première ligne – SPF Belgique

Publié le 09 décembre 2014 par Santelog @santelog

Alors qu’en France, un groupe de députés vient de lancer un appel à la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, ce rapport du Service public belge, Emploi, Travail et Concertation sociale nous informe, en profondeur sur l’étendue du mal chez les personnels soignants, médecins et infirmières. Le rapport qui révèle des taux de prévalence de 6,6 % du burn-out et de 13,5 % d’un risque élevé, propose également un certain nombre de mesures concrètes pour prévenir et prendre en charge ce mal-être, aussi bien au niveau politique qu’au niveau du secteur hospitalier. Des enseignements importants, pour notre système de santé français.

Les chercheurs de l’Université de Louvain nous rappellent la définition du «  burn out  », soit : un état d’esprit négatif persistant lié au travail, chez des individus normaux, caractérisé par de l’épuisement, un sentiment d’inefficacité, une démotivation et des comportements dysfonctionnels au travail. Un état d’esprit qui peut passer longtemps inaperçu, ajoutent-ils. Il en résulte une différence entre les intentions et la réalité du travail. Le burn-out se caractérise ainsi principalement par trois symptômes: un épuisement émotionnel/mental, une dépersonnalisation et une diminution de l’accomplissement personnel entraînant le sentiment de ne plus être suffisamment compétent jusqu’à une perte totale d’énergie.

Une revue de la littérature : Les chercheurs de Louvain ont effectué une revue de la littérature scientifique portant sur le burnout chez les médecins et les infirmiers du secteur hospitalier. Cette première analyse révèle que l’environnement et le vécu du travail du personnel des établissements hospitaliers sont des facteurs déterminants pour l’attraction et la rétention du personnel et pour leur bien-être aussi. Elle rappelle que le burn-out, soit un vécu du travail extrêmement négatif, entraine des conséquences non seulement graves pour la santé et le bien-être de la personne concernée, mais aussi, dans le cas des personnels soignants des conséquences pour leur entourage, les autres soignants et les patients.

Leur étude quantitative auprès des médecins et des infirmiers du secteur hospitalier a porté sur 37 hôpitaux et 5.833 participants dont 79,5 % d’infirmiers (n=4635) et 20,5 % de médecins (n=1198), 73,8 % de femmes (n=4307) et 26,2 % d’hommes (n=1531), âgés en moyenne de 41 ans. Les principales conclusions sont frappantes :

·   6,6 % souffrent de burn-out, dont

-   6,9% chez les infirmiers,

-   5,4% chez les médecins

·   13,5 % sont à risque élevé de burn-out, dont

-   17,8 % chez les médecins,

-   12,4 % chez les infirmiers.

·   La prévalence de l’épuisement émotionnel, une composante du burn-out, atteint 31,1 %,

·   8,4% des participants rapportent de manière élevée les 3 facteurs épuisement émotionnel, dépersonnalisation et accomplissement personnel réduit.

Les principaux facteurs du burn-out:

-   Une charge de travail élevée,

-   un épuisement émotionnel élevé,

-   des conflits de rôles,

Les conséquences du burn-out

-   Une réduction du bien-être individuel, physique, psychique et psychosomatique

-   des comportements «  déviants  » : augmentation de la consommation de médicaments, absentéisme, présentéisme, incidents cliniques

-   des attitudes de renoncement : l’intention de quitter son poste, se sentir moins capable de travailler.

Exploiter les compétences et l’autonomie de chacun peut déjà permettre de favoriser l’enthousiasme et prévenir le burn-out, concluent les auteurs. Mais ce n’est pas tout. Il s’agit aussi de prévenir son risque, en particulier chez les personnels les plus à risque, comme ceux qui travaillent dans les unités de soins intensifs, par l’évaluation et le réajustement de la charge de travail, la résolution des conflits de rôles grâce à une meilleure organisation du travail et la révision le cas échéant des parcours de soin, la surveillance de la charge émotionnelle avec, si besoin, l’apport de soutien aux collègues les plus sollicités.

Source : Service public fédéral, Emploi, Travail et Concertation sociale Une étude sur le burn-out (Visuel Southwestern University)

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