Paddington vs Asterix : le vainqueur est ...un petit ours péruvien!!

Par Filou49 @blog_bazart
23 décembre 2014

 Horreur et damnation lorsque j'ai eu entre les mains le "Nouvel Obs "(dont la nouvelle formule est, reconnaissons le, vraiment séduisante) paru jeudi dernier: alors que j'avais prévu depuis longue date de comparer les deux derniers dessins animés que j'ai vu en salles en famille, à savoir Asterix & le domaine des dieux et Paddington, je me suis aperçu que l'excellent journaliste cinéma Nicolas Schaller ( avec qui j'ai eu l'occasion d'échanger quelques mots lors d'un récent  Festival Lumière) avait eu la même idée en comparant les deux cartons du film pour enfant de cette fin 2014.

Il faut dire que si mon fils trouve que cette idée de comparer ces deux dessins animés saugrenu, vu que, pour lui,  avec une évidence toute enfantine, les deux films n'ont rien à voir l'un avec l'autre (Asterix c'est de la potion magique, des bastons et de la course au sanglier, et Paddigton c'est que des bétises et des sandwiches à la marmelade), personnellement, l'idée de rapprocher ces deux héros de la littérature enfantine, stars dans leurs pays d'origine respectifs, la France et la Grande Bretagne, qui cartonnent sur nos écrans en cette fin d'année n'est pas si idiote que cela, et on est au moins deux à l'avoir eu..

Cela dit, si j'ai le même point de départ que le Nouvel Obs, ma conclusion n'est pas la même vu que contrairement à Nicolas Schaller, je n'ai pas eu le même plaisir de spectateur face à un film que face à l'autre...et aussi étrange que cela puisse paraitre vu qu'on me caricature souvent comme le grand défenseur du cinéma français, c'est le projet anglais qui m'a bien plus séduit à l'arrivée....

1. Asterix et le domaine des dieux :pas si près des Dieux que cela

Je l'avais dit lors de mon billet concours du film deux semaines avant sa sortie le 26 novembre dernier, ce dessin animé  était incontestablement une des plus attendues de cette année 2014, et déjà lors du Showeb de début d'année, le réalisateur Louis Clichy était venu nous présenter quelques images de ce dessin animé assez exceptionnel ne serait ce que pour l'arrivée d'Alexandre Astier, notre gloire locale lyonnaise, aux manettes et qui  signe le scénario et la coréalisation de la neuvième adaptation en dessin animé de l’œuvre de René Goscinny et Albert Uderzo.

Il faut dire que pour la première fois depuis plusieurs années, Asterix revient sur grand écran en étant totalement animé, donc loin de la saga un peu inégale amorcée en 1999 avec Christian Clavier et Gérard Depardieu dans les rôles d'Asterix et d'Obélix. A ce jour, la série BD compte 35 albums, traduits dans plus de 110 langues et dialectes, 355 millions d'albums ont été vendus à travers le monde, donc forcément un des très grand nombre de fans attendaient chaque adaptation cinéma avec un mélange d'excitation et d'appréhension.

Le problème à la vision du film est que je me suis aperçu ne pas faire partie de ces fans invértérés des aventures de ce petit gaulois (j'étais plus Tintin ou Mickey dans mon enfance) que j'aurais tendance effectivement à caricaturer un peu comme mon fils : des bastons, de la potion magique  et des sangliers qu'on arrive pas à attraper, et au milieu de cela des types pas très malins qui se foutent sur la gueule et qui se sortent de l'emprise de César plus par la violence que par la ruse.

 Alors que je pensais que  Alexandre Astier aux manettes de cet épisode allait totalement imprimer sa patte, et réussir à mixer son univers issu de Kaamelott ( dont je suis pas non plus un grand fan à la base, je le reconnais) et celui d'origine, non seulement l'histoire est très très fidèle à la BD, ( alors qu'on sentait par exemple bien plus l'univers d'un Chabat), on a un peu de mal à voir ce qu'apporte vraiment le créateur de Kamelott dans cette nouvelle adaptation. Il faut dire que l'humour n'est pas aussi présent qu'attendu, et que la salle, majoritairement composée d'enfants ( dont les miens) a eu beaucoup de mal à se lacher et s'éclater de rire.

Certes, on sent bien quelques anachronismes et réflexions pas mal vues sur la mondialisation ou le syndicalisme ici et là, mais elles sont dosées à dose trop  homéophatique, et certains ( "Travailler plus pour gagner plus") donnent l'impression d'arriver comme un cheveu dans la soupe.

Si le soin apporté à l'animation est réelle ( le réalisateur Louis Clichy, ancien de Pixar est loin d'être un manchot) , j'ai vu le film en 3D et une fois de plus , j'ai trouvé qu'elle n'apportait rien de particulier, donnant même aux personnages un côté un peu gonflé pas très agréable à regarder.

Bref, une déception  à mes yeux  que je conseillerai uniquement aux inconditionnels d'Astérix.

ASTERIX Le Domaine des Dieux 4 minutes d'EXTRAITS !

2 Paddington : le so lovely petit ourson

Si, depuis sa création par Michael Bond avec un tout premier album en 1958 puis presque une trentaine d’autres qui ont suivi, une traduction dans 40 langues et plus de 35 millions de livres vendus dans le monde, l'ours Paddington est une véritable star en Grande Bretagne, parfaitement intégrée dans la culture populaire, en France, avant  de voir ses aventures sur grand écran en cette année, peu de gens ne le connaissait réellement, contrairement à Asterix.

 Avec ce film qui revient aux origines du personnage et semble vraiment fidèle aux livres tout en créant des personnages complémentaires (comme cette taxidermiste déjantée jouée avec un plaisir évident par Nicole Kidman), Paddington fait une entrée remarquée au cinéma. Voilà en effet un vrai et bon film familial, autant à destination des  adultes que des enfants!

Cette aventure de ce petit ourson bien léché, bien attentioné mais terriblement gaffeur est une véritable démonstration  de savoir faire des british, pour le plus grand plaisir du spectacteur qui ne s'ennuie pas une seconde.La réalisation est précise, enlevée et rythmée.  On rit beaucoup, mais on a également la larme à l'oeil, tout cela avec beaucoup d'humour British et d'excellents acteurs entourant l'ourson.Tout est à savourer sans modération sur un rythme trépidant de fraîcheur et avec une bonne humeur contagieuse

Et on appréciera aussi la double lecture sur l'accueil fait aux " sans papiers" pas forcément bienvenu dans un pays  étranger et qui, malgré toutes ses bonnes attentions, sera toujours considéré comme différent. On appréciera aussi l'excellent doublage français de Guillaume Gallienne en VF, même si on imagine qu'en VO car le décor, l’esprit, les répliques « Oh Dear! » typiquement londoniennes, rajoutent encore au charme de l'entreprise.

Sans prétendre  jamais renouveller le genre de la comédie familiale, Paddington est vraiment un excellent divertissement que, pour le coup, je conseille à tout le monde.

PADDINGTON - Bande annonce officielle #2 VF (2014) - Guillaume Gallienne

Bref, contrairement au Nouvel Obs qui renvoyait les deux héros dos à dos, moi j'ai clairement fait mon choix, comme mes enfants d'ailleurs qui ont semblé sortir de Paddington avec bien plus d'entousiasme que lors de la projection d'Asterix!!

Et pour tous ceux qui après les Boxtrolls, pensent que vacances scolaires oblige je ne vais parler que dessins animés dans mes prochains billets ciné, je vous rasssure, c'est normalement le dernier de l'année!!