Le chardonneret

Publié le 29 décembre 2014 par Lecteur34000

« Le chardonneret »

TARTT Donna

(Plon)

Un chef d’œuvre ? Quelques critiques insinuèrent dans l’esprit du Lecteur qu’en effet ce roman-là atteignait aux plus hauts sommets de la littérature. Il amorça sa découverte en juillet dernier. Très vite rebuté, il s’en affranchit avant d’y revenir au tout début de l’hiver pour en finir avec ce qu’il avait cru être un long et douloureux chemin de croix. De fait, il ne s’agissait que d’une errance aux multiples détours. De New-York à Las Vegas, puis retour à New-York avant une incursion européenne, entre Amsterdam et Anvers puis le retour à New York, là où tout avait débuté. Un jour de pluie. La mère et le fils se réfugient dans un grand musée, là où entre autres est exposée « Le chardonneret », œuvre de Carel Fabritius, peintre hollandais du 17° siècle. Une violente explosion. Un attentat. Des tas de morts, dont la mère de Theo. Theo orphelin. Theo accueilli par la famille d’un de ses amis de collège. Theo récupéré par son pair qui vit à Las Vegas. L’amitié avec Boris, gamin paumé en compagnie duquel il entreprend un parcours initiatique « convenu » (drogues, alcools). Puis la mort du père (là aussi accidentelle), l’entrée dans l’âge adulte. Le travail dans l’atelier de Hobbie, antiquaire qui l’avait déjà hébergé au cours des semaines qui suivirent l’attentat. Alors que Theo recherchait Pippa, survivante comme lui du carnage, et dont l’oncle lui confia avant de mourir une drôle de bague. Theo adulte abuse de la confiance de Hobbie dont il est devenu l’associé. Boris, qu’il avait laissé à Las Vegas, retrouve sa trace….

Les multiples épisodes qui jalonnent la vie de Theo ne peuvent tous être résumés dans cette succincte présentation. Ils s’additionnent et interfèrent dans un roman typiquement américain, un produit habilement élaboré, qui concentre moult problématiques contemporaines, qui force le trait dès lors qu’il s’agit de dénoncer le Mal, qui se résigne à considérer qu’il n’est guère de rédemption envisageable dans un monde aussi cruel, aussi violent. Un roman « abordable », dont les rebondissements suscitent l’attention sans jamais éveiller l’enthousiasme, du moins celui d’un Lecteur rébarbatif devant l’accumulation de tant de poncifs.