[notes sur la création] Agnès Rouzier

Par Florence Trocmé

C’est d’un je, vivant-lisant, qu’il faut parler. 
La lecture s’inscrit dans un temps voisin de l’écriture, avec ses failles, ses extases, ses silences, ses manques. Que la parole vienne, vienne, s’efface, et que l’autre en face de nous s’inscrive comme la marque même de l’absence, la possibilité de l’absence (d’inventer l’absence), de la limiter, de la circonvenir, de la transformer en présence. 
Témoigner de la progression, de la montée insupportable, ne pas démonter le sens, ne pas agir par substitution 
 
 
 
Non pas créer un monde par l’écrit. Créer un monde écrit. À cet instant précis où tout est donné, où tout fait défaut 
 
 
 
Recherche d’une lecture qui engage. Recherche de la définition d’une lecture qui engage. Pourquoi l’engagement de l’écriture et de la lecture ? Ou plus exactement recherche pour transmettre le rythme, l’intensité d’échange entre la lecture et l’écriture. Il n’est sans doute aussi de lecture que coupable. 
Lire est un mouvement de fond, une gesticulation intense, jouant sur l’imprudence bouleversante du « voyage » et de l’extase 
 
 
Agnès Rouzier*, « Kafka, dialogue », in Le fait même d’écrire, Change/Seghers, 1985, p.124 
 
 
*Poezibao
appelle de tous ses vœux à la réédition de l’œuvre d’Agnès Rouzier.