[Avis] Confessions d’un automate mangeur d’opium, de Fabrice Colin et Matthieu Gaborit

Publié le 21 janvier 2015 par Hirototo

Avec cette critique sortie de derrière les fagots, je crois que je bats à plate couture mon record personnel. Plus de huit mois de retard entre la lecture dudit bouquin et la rédaction de cette petite critique. Mais comment cela se fait-il ? Eh bien il se fait que j’étais sans aucun doute en manque d’inspiration et que d’autres lectures sont vite venues enterrer ce roman. Mais du coup, sait-il encore de quoi il parle ? Sans doute pas mes bon amis, mais vous n’y verrez que du feu, et c’est bien là l’essentiel. Et c’est bien cela qu’on appelle le talent.

 

Quatrième de couverture

Paris, 1899… L’industrie, portée par la force de l’Éther, a révolutionné le monde. Le ciel bourdonne de machines volantes, les automates sont partout qui agissent au service des hommes, hommes qui communiquent entre eux par téléchromos d’un continent à un autre. Dans cette ville moderne où s’ouvre une éblouissante Exposition Universelle, une jeune comédienne, Margo, aidée de son frère psychiatre, enquête sur la mort mystérieuse de son ex-maîtresse et d’un singulier personnage créateur de robots… Écrites à deux mains par deux jeunes auteurs incroyablement doués, ces Confessions d’un automate mangeur d’opium sont un bonheur d’imagination et de virtuosité littéraire, à découvrir au plus vite.

Des punks et de la vapeur (mais sans les punks)

Du steampunk pur jus donc, sans véritable originalité, mais dont la mise en scène est loin d’être désagréable, loin s’en faut. C’est même la principale qualité de ce roman qui nous offre une chouette version de la capitale franchouillarde. La ville est transfigurée, mais toujours reconnaissable et possède de fait un charme indéniable, même pour un indécrottable provincial dans mon genre. Quant au deux personnages principaux, ils s’intègrent à merveille dans ce joli tableau. Théo est aliéniste et s’intéresse tout particulièrement aux effets de l’Ether sur l’esprit humain, l’Ether étant bien entendu l’énergie mystérieuse à l’origine des fameuses prouesses technologiques mentionnées ci-dessus. Sa soeur, Margo, est quant à elle une actrice célèbre, forcément belle à en pleurer, forcément forte et fragile en même temps.

Leurs points de vue sur les événements vont d’ailleurs nous être livrés en alternance et faire progresser une histoire dont les ficelles apparaissent bien vite. Honnêtement, le procédé m’est rapidement apparu assez artificiel, puisqu’il n’est pas vraiment mis à profit pour ménager de vrais moments de tension ou créer un peu de suspense. En outre, en délayant de la sorte, les auteurs font littéralement passer leurs personnages pour des glands, puisque ces derniers mettent souvent trois chapitres pour aboutir à une conclusion que le lecteur, lui, a déjà formulé depuis un moment. Bref, vous avez compris, ces Confessions manquent un peu d’intérêt pour être tout à fait recommandables, même si elles livres occasionnellement quelques passages plus inspirés.